ACTE V, SCÈNE T
CLARA
Je lii^ai, n'est-ce pas? nous lirons eu famille ! C'est beau, d'ailleurs. . .
' Le-f«con<lvisaDt à' son fauteuil et montrant le livre.
Yeux-tu que j'aille jusqu'au bout?
M. RODSSET.
Par exemple !
CLABA, d'un ton inisinuanl.
J*ai là Èette valse à ton goût. . .
M. ROUSSET
A la bonne lieure !
CLARA
Eh bien, c'est pour la bonne bouche.
M. ROUSSET, avec eflroi.
Après les vers?...
CLARA , à pari.
Je crois que la grâce le touche!
Haut.
Cettç valse à deux temps, tu sais, le Bengali?. . .'
Lui présentant le livre.
Lis, toi!
M. ROUSSET, refusant.
Non !
CLARA, insistant.
Lis un peu...
Lui niellant lo livre entre les mains.
Là. . . c'est le plus joli ! . . .
Elle l'embrasse.
M. ROUSSET, après une longue lutte, lisant d'un ton prétentieux.
« Il voit des vases ^ints et des urnes pieuses, « Des vierges, des martyrs dépouilles précieuses. . .
IS
loi I/ONCLE MILLION.
« Il saisit ce trésor. . . il veut |)oursuivre. . . hélas ! . . .
Clara s'assoupit.
« 11 a perdu le fil qui conduisait ses pas ! . . .
« Il cherche. . . mais en vain. . . il s'égare. . . il se trouble. .
La voix de M. Roussel s'affaisse par degrés.
a 11 s*éloigne... il revient... et... sa crainte redouble...
M. Roussel s'endort aussi. Tout à coup lui et Clara se réveilleDl
ensemble.
CLARA, très-vite.
« Il s'éloigne, il s'égare, il revient, il se trouble... (( 11 a perdu le fil...
M. ROnSSET.
Bon!... tu dormais aussi !.
CLARA
Moi?...
M. ROUSSET
Tu ronflais^ te dis-je, et sans aucun souci ! . . .
CLARA, avec force.
Moi, père!...
Au piano ! . . . ta parole est domiée !
CLARA, à part, tristement.
Je u échapp^ai pas !...
Se levant et montrant le piano.
C'est dans ma destinée ! . . .
Au moment où elle va s'asseoir au piano, on frappe au fond'.
Merci) mou Dieu ! » . .
Elle lève les yeux au ciel; M» Ilousset va ouvrir la porte.