ACTE Y, SCENE I
CLARA, Tarrélant avec instance.
Petit père, écoute une raison !
M. ROUSSET
Je ne serai donc pas maître dans ma maison?
CLARA, larmoyante.
Peux-tu parlei* ainsi?... Tiens... voilà que je pleure!... Quand tu n*as plus que moi qui te reste, à celte heure» Et quand Tautre...
M. AOUSSET, d'uu ton sec.
C'est bon!
CLARA) insistant.
L'autre...
M. ROUSSET
Assez!
CLARA
Mais pourtant. . .
M. ROUSSET
Cela n'explique en rien ce caprice irritant
Qui depuis un grand mois (j'en ai la courbature ! )
Te pousse à m*assommer sous la littérature !
CLARA, avec simplicité.
C'est \m plaisii' nouveau que Je l'ai préparé.
N. ROUSSET
Merci !
CLARA, à part.
Ce cher Léon, je le ramènerai ! . . .
M. ROUSSET, rcnlrninant vers la bibliothèque.
Voilà de quoi, morbleu! mauge, dévore, abuse^ Lis... seule!...
CLARA, di part, piteusement.
Avec cela que le métier m'amus e ! . . .
132 L'OKGLE MILLION.
M. BOUSSETy iaâi»Ual.
Chez toi !
CLARA) à part, (lésignant sou père.
Ce qiie j*en fais, c'est pour le convertir!
Je nlrai pas chez moi ...
H. ROnSSET.
Bref, je dois ^avertir Que si tu viens encore...
CLARA f viviTinenl.
On ne profite guère En lisant à voix basse.. . et tu me fais la guerre Quand je tâche d'apprendre à bien donner le ton ! . . .
Geste de surprise de H. Rousset.
Moi, je t'écouterais comme un petit mouton, Si tu voulais...
M. RODSSET.
Comment?...
CLARA, avec sentiment.
Guider ma voix novice. ..
Tu lis très-bien, pap!... Ce serait un service Énorme!... et je pourrais, par cette faculté, Briller mille fois plus dans la société !
Rien de gauche, en effet, comme une demoiselle Qui lit à contre-sens et dont la voix chancelle. . . Si cela m'arii vait, juge quel embarras ! . . . Dans une compagnie on en rirait tout bas !
M. ROUSSET, réfléchissaut.
C'est mdif^ absurde, au fond.
CLARA
Tu vois bien ! . .
M. ROUSSET, se reprenant.
Mais, malille...