EL1SA
Oh 1 tu n'as pas fait cela, n*est-ce 'pag?
V SEOBSBS.
Il Ta fait, lui, il a assommé le pauvre chien, et mon Carlo me regardait d'un air douloureux, comme pour me reprocher de ne pas le défendre.
ELISA
Pauvre Carlo !...
. GBORCBS.
Puis on m'a puni, parce que je n^avais pas voulu noyer Carlo moi-même.
Ûhl
GEORGES
Voici maintenant la dernière barbarie. Celle-là, oh ! celle-là, — je l'en faisjuç^e. — Hier, in.iîtro m'a dit qu'il me délenduit de venir ici, parce qu'il déteste M. Sbelby ; il m'a ordonne de prendre une de ses esclaves pour femme et de m'établir avec elle dans une cabane.
BLISA.
Une femme !... à toi 1 — mais nous avons été mariés par le ministre I
a L'ONCLE TOM.
GEORGES
Est-ce qu'un esclave peut se marier? Est-co qu'il s*appartient? Est-ce qu'il peut se donner à une femme ?
BLISA.
Toi ! toi n à une autre ! 1 !
Jamais.
ELISA
Que veux-tu faire?
GEORGES
Je vais partir pour le Canada, là Fliomme est libre, quelle que soit sa couleur. Dans ce pays les Africains ne sont pas foulés aux pieds comme dans cette partie de l'Amérique si fière de sa liberté, et où la liberté n'est qu'un vain mot. Je travaillerai, je deviendrai riche et je vous rachèterai. Tu as un bon maitre qui ne refusera pas de te vendre à ton mari.
Georges ! si tu étais pris I
GEORGES
Mon plan est arrêté : dans quelques minutes je serai loin d'ici) et demain J'aurai mis rohio entre moi et mes ennemis.
BtfSA.
Mon Dieu l le fleuve est parcouru par les chasseurs d'hommes, tu ne pourras leur échapper.
6B0R6BS.
Ils ne m'auront pas vivant, — sur ce grand fleuve & robio j'aurai pour moi les rapides.
BLISA.
Les rapides !
Quand une barque est entrée dans ces terribles courants, aucune force humaine ne pourrait Tarrêler, aucune embarcation ne pourrait l'atteindre.
ELISA
Oui, père Tom nous a souvent expliqué cela ; mais presque toujours ces rapides vous entraînent vers des rocliers où tout se brise, ou bien encore vers une de ces chutes terribles où tout s abîme et disparait.
GEORGES
Gagner à tout prix la terre libre, — voilà ce que je veux. — Ma chère bien-aimée, je ne pouvais partir sans t'avoir vue, sans ravoir embrassée; — ne laisse paraître ni trouble, ni inquiétude, on soupçonnerait quelque chose, et j'ai besoin de loul un jour d'avance sur mes persécuteurs.
ELTSA.
Oh I comme je vais trembler pour toi, mon Georges ! I {lU s*embra$senL) * ,
Oigitized by Coogle
. ACTE 1, TABLEAU I, SCÈiNE XllI. 15
6B0R6BS.
Adieu ! (Georges fait gmlques pM, puis il revient près d'Elisa,) Embrasse biea notre fus. — Pensez tous deux & Georges, qui loin de vous ne Yivra que pour tous. (H l'embras9$ 0f sort par le fond.)