SCÈNE VI
LBS MiiiBS, SAINT-CLAIR.
SAINT-CLAIE
Tu ne m'entends donc past...
GEORGES
Pardonnez-lui, Monsieur, c'est moi qui l'ai retenu.
SAINT-CLAIR
Je suis à vous, Monsieur. (A Adolphe,) Où est Évangeline ?
ADOLPHE
. Sortie avec Tom.
SAINT- CLAIR
Aussitôt qu'elle rentrera... dis-lui que je l'attends ici, chère enfant, je ne l'ai pas encore embrassée ce matin... Tiens, emporte cela. (Il lui remet son chapeau de paille.)
ADOLPHE^ regardant le chapeau.
Voilà un diapeau ipii m'ira très-bien... (Il sort par le fond.)
U VOmi£ TOM.
SAINT-CLAIR, à Georges,
Monsieur, vous èle^ étrAQgQi*» le voiâ.M Eo quoi pui$-je vous être utile ? , ,
GEORGES
Tout à fait inconnu de vous, Monsieur, je ne me serais pas permis de me présenter à votre hôtel, si je n'avais su y trouver UD esclave nouvellement acheté par vous.
Tom» peut-ôtre 2
Oui/ Monsieur^. Cet jssclave avait une fille.
SAlNT-GUklII,
Nommée ÉUsa, et un petit-fils nommé HeorL
6B0RGBS, avec émotiûn.
(Test bien cela.
SAINT-CLAIR
Vous vous intéressez à cette famille?
CeORGES.
Moi... je... Oui, je m'y intéresse à cause d'un malheureux... Pardon, Monsieur, ce serait toute une histoire à vousconter» et je craindrais d'abuser...
SAINT-CLAIR, lui montrant un siège.
Pariez, Monsieur^ pariez, je vous écoute.
GEORGES
. J'étais» le mois dernier, dans le Canada, le hasard me tit faire la connaissance d*un esclave échappé du Keuiucltietqui, à travers mille obstacles, mille dangers, était parvenu àtouoherle sol canadien. Si vous aviez vu la joie de Georges t
SànrTrciiAia.
Geoi^s...
GEORGES
Il s'appelle Georges, Monsieur. Pendant les premiers jours... il était fou... Ce n'était pas de la joie> c'était du délire... Il était libre.
SAINT-CLAIR
Et la liberté est le réve de tous les nègres.
GBORGES.
G*est que, pour Georges^ ce n'était pas un vain mot; ç*était lé droit de racbeter un jour, par son travail, sa femme et son enfant. Un jour, il était sur la grève... Le paquebot s'arrête à sa station habituelle... Une fouie inaccoutuddee entoure lé navire... Quelque chose d'extraordinaire vennit de se passer à bord... Georges se laisse entraîner par on flot de curieux... Il écoute, on parlait d'une scène violente pendant le long voyage... Un enfant avait élé enlevé à sa mère... et la pauvre femme, ne > pouvant survivre à celte séparation, s'était précipitée dans le tlettve,wv Ifoix venaît cetie foaune! Du Kentucki. (ik)mmeot