‹ L'oncle Tom drame en cinq actes et neuf tableauxChapitre 60 sur 93 · ACTE IT, TABLKAU VJ» SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IT, TABLKAU VJ» SCÈNE VI

s'appelait-elle? Élisa. Georges n'en entendit pas davantage, il tombe comme foudroyé... Le lendemain, une lièvre ardente s'empare de lui... Quand avec la raison, la force lui fui revenue... il voulut courir s'informer; mais, quinze jours s'étaient écoulés, Fincident du paquebot était déjà oublié et le navire était reparti. On avait la liste des voyageurs. Sur cette liste> Geoises chercha vainement le nom de la pauvre mère et de son fila, et mais il lut celui de Tom ayant appartenu à M. Sbelby, appartenant à M. Saint-Clair , et descendu à la Nouvelle- Orléans. Alors^ Georges, voulantà tout prix connaître la vérité* résolut de quitter la terre libre et de rentrer dans les États & esclaves.

SAlirr-CLAlA.

Le malheureux n*a pas fait cela?

OBOBSBS, avêo ealme.

Non, Monsieur, touché de sa douleur, je lui proposai de le remplacer, mes affaires m'appelaient précisément dans cette ville, où j'ai facilement trouvé votre adresse..» On m'fi dit. Monsieur, que vous étiez bon et charitable, i'ai donc cru pouvoir ne pas attendre le retour de Tom ; vous étiez avec lui sur le paquebot ; ce quMl sait^ vous le savez aussi, ce qu'il ip'aurait appris, vous aurez la bonté de me rapprendre. George^ compte les minutes. Monsieur, c'est un mari, c'est un péré qui attend la vi0 ou la n^rt... C'est en son nom que je vous stipplie.

SAINT-CLAïa.

Monsieur^ je puis en effet vous donner les renseignements que vous cherchez» et je suis heureux que mon pauvrç Tom n'ait point à vous raconter les déplorables scènes dont jl lut ainsi que moi le témoin.

cioafiBS.

Cette Élisa...

SAINT-CLAIR

C'était sa ûlie. Monsieur, c'était bien la femme de Georges.

GEOHGES.

£ll6 est morte... morte 1... {Et il cache sa Ute dam ses mnfv.)

sAiNT-CLAui, aueo siuffriss.

Vous pleurez. Monsieur*

SBonoBS, eomms remimi à M.

Moi... non^ Monsieur, je vous écoute.

BAWT-cuia, àfiort.

Je me trompais...

GEORGRS.

Par pitié, Mousieur...

SAINT-CLAIR

Eh bien^ Monsieur^ Élisa s'était enfuie comme son mari^ mais, moins heureuse que lui, elle fut reconnue et arrêtée sur le paquebot par l'homme qui la poursuivait... Il lui reprit d'd*

bord son fils qu'il avait déj& vendu, disait-il, et qu'il devait livrer à Tacquéreur.

«BORGBS.

L'inftme !

SàINT-CLAIB.

Inf&me... oui. Monsieur, bien InAme, mais il invoquait la loi et nul ne se révolte contre elle, égarée par la douleur, Élisa saisit son enfant et voulut avec lui se précipiter dans l'abîme; mais, épuisée par ce dernier effort^ elle s'évanouit et, toujours impitoyable, son bourreau/lui avait enlevé son fils avant qu'elle revint à la vie... Nous redoutions son désespoir, mais, quand elle rouvrit le^ yeux» et que, cherchant son fils elle ne le trouva plus à ses côtés, il semUa qu avec cet enfant son âme Tavaii quittée; nous étions autour d'elle, elle ne voyait personne... Son pèré l'appelait avec (ifs sanglots, elle n'entendait rien, réloignai le pauvre Tom que ce spectacle aurait tué, et je me tins silencieusement sur le pont. La nuit vint, tous les bruits s'éteignirent sur le paquebot... On n'entendait plus que les sanglots étouffés de la pauvre mère. Peu à peu ces sanglots eux-mêmes se turent... Jusque-là, je n'avais pris quitté Élisa des yeux. En la voyant si résignée, je cédai à la fatigue... mes paupières . s'appesantirent. Je voyais toujours Élisa; mais comme à travers un nuage, il me sembla que le ciel devenait tout à coup orageux et sombre, qn'Élisa se levait, regardait autour d'elle, gagnait (Jouce:nnnt le bord du navire, puis, montant sur le bastingage, elle s'élançait dans le fleuve. Je croyais être le jouet d'un horrible rêve. Un bruit semblable à celui que ferait un corps en tombant à l'eau, me réveilla. Je courus à la place où i*avais laissé Êlisa, la place était vide, ce n^était plus un rêve, Monsieur, c'était la vérité.

GEORGES

Ëlisa 1 Élisa i {Il faitjigne à Saint-CkUr qui s'est levé, de con^ tinuer.)

SAINT-CLAIR

A mes cris, on accourut. Deux canots furent mis à la recherche de l'infortunée, mais tout fut inutile. Le capitaine Kentucki, qui avait voulu lui-même commander un de ses canots ot qui ne nous rejoignit qu'après plusieurs heures de courageux efforts nous affirma que tout espoir était perdu. Tom a retrouvé, dans sa touchante piété, le courage de supporter le coup qui est venu frapper sa vieillesse. Puisse Georges imiter sa résignation !

GEORGES, se levant, A ràge de Georges, on ne se résigne pas. Monsieur, on se vengée. Puis Georges, encore son fils... on le lui a pris, mais il peut le retrouver... on Ta vendu, mais il peut le racbeter.

SAlRT-CbAni.

Sans doute...

AGT£ iV, TAfiLI^ÂU VI, SCÈNE VU. 57

GEORGES

Savez-vous à quelle suition on a séparé le ûls de la mèi:e?

SAlNT-CLAlR.

Parfaitement ; à la station de Louisviiie.

Haiotenant^ une dernière question^ Monsieur... Le nom... le nom de Tiiomme qui a vendu Tenfant et qui a tué la mère?

SAINT-CLAIR

Ce misérable se nomme Locker.

esoRGis.

Lookert

•AINT-GLAni.

Que pouvez-YOus av(»r à démêler un pareil bommet

Moi... rien... mais Georges lui demandera peut-être compte un jour d(^s lai mes de son iils et du buiig de bd iemme.

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