SCÈNE IX
ELISÂ, MADAME SHELBY.
MADAME SHBLBY, vsrtànt du fond, Elisa, où donc est M. Shelby ?
ÉLisA, tristement* Avec cet étranger. Madame.
MADAME SHELBY
Yoilà un entretien qui se prolonge, nous devions sortir ensemble.
ÉLiSA, plus tristement.
Monsieur m'a chargée de vous dire qu'il irait vous rejoindre.
MADAME SHELBY
Qu'avez-vou8 donc, Eiisa, vous paraissez d'une tristesse...
ACTE I, TABLEAU I, SCÈNE X. 9 Ob ! Hadame, Madame ! {Elle se laisse tomber sur une chaise.)
M ADAMK SHBLBT,
Qu'esl-ce qui vous tourmente ?
Oh î si maîtresse savait... {Elle pleure,)
MADAUfi SUELBÏ.
Pourquoi pleurez-vous?
ÉLiSA, pleurant.
On dit que cet étranger, qui cause avec mon maître, est un marchand d'esclaves... et tantôt maître a fait venir mon petit Henri... et ici même il le montrait au marchand... et le marchand examinait mon clier pietit... Oh! Madame !... croyezvous maitre capable de vendre mon enfant?
MADAME SHELBV.
Vendre Henri... plutôt vendre tout ce que je possède
ÉLISA, avec douceur,
Ohî pardon» bonne maîtresse, c'est que j'en mourrais, voyez-vous.
MADAME SHELBY
Vous êtes folle, d'avoir pu, un seul instant, penser que M. Shelby... Allons, apportcz-nioi ma mante, je veux faire ma visite sur-le-champ. {Âpart.) Et voir mon mari. {Elisa va prendre la mante dans la chambrede madame Shelby^ et revient,) Celte pauvre Elisa est vraiment étrange... Après tout, c'est une mère, et une mère esclave, cela se comprend.
Voici, Madame.
MADAME SHELBY, mettant sa mante.
Bien, ~ et ne pleurez plus. Si vous voyez Georges, votre mari, n'allez pas lui parler de tout cela, il vous croirait peutêtre et ferait quelque imprudence, et vous savez que Georges a un maitre dur et sévère.
ÉLISA
Oh I oui ^ bien sévère*
MADAMB 8HBLBT.
N'oubliez point Elisa, que touS;, au contrairet vous avez ici» non pas des maîtres mais des amis. {Elisa lui prend la main H la baise avec aUenirissemeni. Madame Shelby soH par le fond).