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Les artistes ne suivirent pas toujours scrupuleusement ces prescriptions, ainsi qu'en témoigne l’'Ordon< nance du 11 Octobre 1739 que voici:
Etant informée que quelques acteurs et actrices s'étaient absentés sans la permission ni congé du Sieur de Thuret, pour aller chanter dans les Académies et Concerts publics établis dans les différentes villes du Royaume, Sa Majesté fait très expresses inhibitions et défenses aux Directeurs des dites académies et concerts publics établis dans les différentes villes du Royaume de les y recevoir sans s'être fait représenter, lesdites permissions ou congés en bonne forme, à peine de suppression des dites Académies et Concerts dans lesquels on aurait reçu quelques acteurs et actrices de l'Opéra, sans représenter lesdites permissions. Ordonne aux Intendants et Commissaires départis dans les provinces et généralités de tenir la main à l’exécution de la présente Ordonnance.
D'ailleurs, pour compléter ces dispositions, intervenait le 6 Novembre 1769, un Règlement faisant défense aux sujets de s’absenter les jours de représentations ou de répétitions, pour aller jouer à des fêtes ou assemblées particulières, sans autorisation des Directeurs, à peine d’être privés d'un mois de leurs appointements la première fois et de la plus grande peine en cas de récidive, même d'être renvoyés de l'Académie.
Un arrêté du 30 Mars 1776 remanie complètement la situation. Il distingue entre les appointés et Îles surnuméraires, les surnuméraires n’avançant qu'au choix.
Aux appointements ordinaires viendront s’'aJouter les feux.
Les artistes se divisent en trois séries: premiers sujets, premiers remplaçants et premiers doubles.
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Pour la danse, les premiers sujets perçoivent un feu de 200 livres après chaque série de 10 représentations. Les premiers remplaçants un feu de 120; les premiers doubles, un feu de 60 livres.
Quant aux artistes du chant leurs feux seront de 200, 400 et 200 livres.
Nouvelle modification en 1784.
Les feux sont supprimés.
De plus, les premiers sujets dont le traitement est de 3.000 livres subiront chaque année une retenue de 1.500 livres, ce qui, en 15 années formera une somme totale de 22.500.
A cette époque, si ledit sujet se trouve hors d'état de continuer ses services, il lui sera payé annuellement 75 livres d'intérêt pour chacune des retenues de 1.500 livres subies et ainsi d'année en année jusqu’à extinction du fonds de réserve. Si, au contraire, il est jugé en état de demeurer à l'Académie, le fonds de 22.500 livres lui sera intégralement remboursé. Au bout d'un nouveau stage de cinq années, il aura droit en outre à une pension de 2.000 livres, plus 500 livres encore pour les cinq années suivantes.
Les remplaçants ayant droit à 7.000 livres d'appointements subiront aussi annuellement une retenue de 1.000 livres pour former un fonds de 15.000 livres remboursables après quinze ans de service dans les mêmes conditions.
Les appointements des doubles sont fixés à 3.000 livres sans retenue.
Les appointements du maitre des ballets, des premiers danseurs et danseuses élevés à 7.000 livres, subiront une retenue de 1.000 livres et ceux des danseurs et danseuses en remplacement, élevés à 5.000 livres, une retenue de 1.000 livres (1)
(1) Bureau. Le théâtre et sa législation.
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Les feux devaient d'ailleurs renaîlre avec un arrêt du Conseil du 28 Mars 1785. Cet arrêt fixait « à 5.000 « livres les appointements des premiers sujets du « chant, avec une allocation de 50 livres de feux par « représentation »; il fixait également à 4.400 francs le traitement des prem:ers sujets de la danse avec des feux de 32 livres 10 sols; les autres dispositions de l'arrêt de 1784 n'étaient pas supprimées.
Nous avons vu comment la Convention avait rendu la tâche difficile aux artistes en exigeant qu'ils garanhissent une recette de GS8.000.
S'il existait un déficit à ce sujet, il serait pris au marc la livre sur leurs traitements
Un décret du 20 Ventôse an III ordonne l'inscription au registre des pensions à la charge du Trésor Public d'un fonds de 83.500 francs.
Le Premier Empire essaya de reconstituer l'Opéra sous sa forme ancienne.
Un décret du 20 Janvier 1811 retablit le système des pensions basées sur les retenues faites sur les appointements des artistes bénéficiaires.
Nous avons vu qu'après des tentatives de différents genres, on avait enfin fait retour en 1866 au régime du Directeur-entrepreneur.
Nous examinerons plus loin quelles furent, au point de vue des artistes, les conséquences du retour à ce régime.