‹ L'Opéra devant la loi et la jurisprudenceChapitre 26 sur 36 · LA DANSE · texte numérisé non relu

LA DANSE

La fondation de l'Académie de Danse est bien antérieure à la fondation de l'Opéra, ainsi que le prouvent des Lettres Patentes du 30 Mars 1661.

Bien que l’art de la danse ait toujours été reconnu l’un des plus honnêtes et des plus nécessaires à former le corps et lui donner les premières et les plus naturelles dispositions à toutes sortes: d'exercices, et entre autres, à celui des armes et, par conséquent, l'un des plus utiles à notre noblesse et autres qui ont l'honneur de nous approcher, non seulement en temps de guerre, dans nos armées, mais encore en temps de paix dans les divertissements de nos ballets, néanmoins il s’est

pendant le désordre et la confusion des dernières guerres, introduit dans le dit art comme dans tous les autres un grand nombre d'abus capables de les porter à une ruine irréparable. Beaucoup d'ignorants ont tâché de la défigurer et de la corrompre en la personne de la plus grande partie des gens de qualité ; ce qui fait que nous en voyons peu dans notre Cour et suite capables et en état d'entrer dans nos balleits, quelque dessein que nous eussions de les y appeler.

À quoi étant nécessaire de pourvoir et désirant rétablir le dit art dans sa perfection et l'augmenter autant que faire se pourra, nous avons jugé à propos d'établir en notre bonne ville de Paris une Académie royale de Danse composée des treize plus expérimentés du dit art.

Nous savons que le 3 Août 1662, il v eut un Arrêt du Parlement de Paris « démettant les maitres violons de l'opposition par eux formée à l'enregistre- « ment des lettres d'établissement de l’Académie de

Danse ».

Lulli fonde une école de danse à l'Opéra en 1672.

Et c'est en 1681 que pour la première fois on voit apparaître des danseurs sur la scène de l'Opéra.

Ce dernier devient le spectacle à la mode, et son importance croît de plus en plus ; sous la Régence, il deviendra un foyer d'intrigues et de scandales. Un Directeur, nommé Gruer, fut congédié à cause de ses orgies ; un autre, Monnet, voulut faire payer une redevance à celles qui voulaient être figurantes, si nombreuses étaient les postulantes. C'est à cette époque qu'il suffisait de faire inscrire une fille sur les registres de l'Opéra pour la soustraire à la puissance paternelle.

Parmi les nombreux arrêtés, ordonnances et règlements qui se succédèrent au sujet de la danse, citons

l'arrêt du 29 Déc. 1817

Page 1