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féconde lui inspire un de ces effets que seul il a pu se permettre. [ ose arriver à une complète anarchie de rythmes pour exprimer avec force l’état de trouble, l'anxiété morale et intellectuelle que peuvent produire la passion ou la douleur, deux sentiments qui chez lui ont de grandes affinités, La confusion et le désordre sont dans ce cas volontaires. Le motif du majeur estune suave inspiration aux contours italiens : l'anxiété s’apaise et, malgré quelques notes plaintives, disparaît tout à fait devant un sentiment plus doux !
Seizième quatuor (si: bémol), op. 133.
« Le seizième quatuor, dit M. de Lenz, for- « maÿ dans l’origine le final du quatuor en « Si bémol (op. 130) et y figure comme tel « dans le manuscrit envoyé par Beethoven « au prince Galitzin, que nous avons pu eéxa- « miner. Ce fut Artaria (l'éditeur) qui per- « suada à Beethoven de remplacer la fugué « par un autre morceau à cause de son éten- « due. Cet autre morceau, c’est le final « qui appartient aujourd'hui au quatuor (op. 130). »
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L’allégro Fuga est considéré comme un chef-d'œuvre scolastique, mais à laudition il paraît diffus ; Beethoven, entrainé par son génie dramatique, a voulu introduire dans cette fugue un sentiment que les règles de fer de ce genre ne comportent pas, une spontanéité qu’un rythme strictement réglé ne peut permettre. Malgré cette innovation, on ne doit pas chercher dans cet allégro autre chose qu'une fugue.
Le caractère du Meno mosso est tout à fait neuf. La fin du quatuor est d'une énergie sauvage : on dirait un combat de géants; pour interpréter ce morceau, il faudrait une vigueur pour ainsi dire surhumaine : l’idée déborde les moyens d'exécution.
Dix-septième quatuor (fa majeur), op. 135.
Dans ce quatuor, le dernier de Beethoven, il semble que son génie va subir une nouvelle transformation, qu'il ébauche une quatrième manière. Il trouve des sons d’une lucidité extrême et pour ainsi dire immatériels pour l’expression des sentiments les plus élevés. La douleur n’est plus qu'un souvenir pour Bee-
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thoven; elle lui produit l'effet que produit un tableau couvert d’une gaze transparente : il n'est plus de ce monde ; il acquiert une simplicité idéale, une sérénité céleste.
Le Lento est un chef-d'œuvre exceptionnel parmi tous ses chefs-d’œuvre. C'est la douleur, la compassion sans bornes, la résignation inspirées par un amour universel, le calme dans la souffrance, un sentiment analogue à celui que dut éprouver le Christ sur la croix. Le Pià lento est un chant d'accords tellement grandiose qu on ne pourrait le supporter longtemps. Sa fin n’est plus que le prolongement de cette impression qui s’affaiblit peu à peu et s'éteint lentement.
Tout l’art antique palit auprès de ces sublimités ; elles le dépassent de toute la supériorité de l'esprit sur la matière. La beauté dans la forme ne peut plus désormais rivaliser avec la beauté dans les sentiments, beauté dont la dernière expression ne peut être que la justice, sentiment et idée tout à la fois ou resplendissement du Vrai, selon le mot de Platon.
Pour bien comprendre cette musique, il suffit de l’aimer, de l'entendre souvent. Elle est à la portée sinon de tout le monde, au
MNT: DR moins de tous ceux qui ont le goût de l’art et de la poésie.
Lorsque MM. Maurin, Chevillard, Mas et moi nous entreprimes de faire connaître les derniers quatuors de Beethoven si calomniés et si peu connus, nous eüûmes le bonheur de rencontrer un public d'élite qui s’intéressa vivement à nos études et nous prouva qu'elles n'étaient pas inutiles, puisqu'elles faisaient aimer ces incomparables chefs-d'œuvre.
Les dernières sonates de Beethoven pour piano seul (op. 410 et 111) étaient encore, il y a peu de temps, à peu près inconnues :
Théodore Ritter, pianiste remarquable entre tous, après une étude approfondie, les a rendues accessibles à tous ceux que le grand art passionne.
Neuvième symph. (ré majeur), op. 195.
La neuvième et dernière symphonie se compose de quatre parties, dont trois pour l'orchestre seul, et la quatrième, qui est le final, pour les voix et l'orchestre. Beethoven a pris pour sujet l’Ode à la Joie de Schiller.
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