‹ L'opéra et la symphonieChapitre 29 sur 45 · QUATUOR ET CHŒUR · texte numérisé non relu

QUATUOR ET CHŒUR

Nous voulons aimer la vie, La nature est une amie; Chaque printemps l'a rajeunie, Belle d’un rayon divin.

Quand la nature

Chante et murmure,

Dieu sourit à l'âme pure

Et devant lui chante le blond chérubin.

Bien qu’un cantique immense S’élance vers l'Éternel, En créant l’homme immortel, Dieu lui donna l'espérance.

Gloire à sa puissance!

L'Ode à la Joie serait mieux nommée Ode à la Fraternité. Ce mot, au dire des Allemands, rendrait plus exactement, sans les compléter toutefois, le sens du texte et la pensée de Schiller. L’Ode à la Joie nécessi-

ER) tait un style et des idées autres, sinon supérieures au style et aux idées des symphonies précédentes. Nous ne dirons rien des deux premiers morceaux ; nous n’essaierons pas de définir l’indéfinissable, L’adagio, une merveille, montre le sens intime s’élevant jusqu'aux généralités. La marche — six-huit — exprime un sentiment tout nouveau en musique, le sentiment populaire. Ce sentiment, composé de la réunion multiple des sentiments individuels, par conséquent d'un caractère particulier et d’un ordre plus élevé, devait logiquement se rencontrer dans la troisième manière qui élimine de plus en plus la virtuosité. Les chœurs chantant avec l'orchestre ajoutent un éclat indescriptible à ces élans sublimes de Fraternité universelle.

On reproche souvent à Beethoven de ne pas savoir écrire pour les voix. On peut se convaincre du contraire en entendant Frdelio qui fut primitivement Joué sous le titre de Léonore ou l'Amour conjugal. Ge vieux mélodrame français, dans lequel, selon la coutume, la vertu trouve sa récompense, lui a inspiré des accents aussi chastes que passionnés. Cet opéra, correctement écrit pour les voix, n’of-

nt re quune difficulté, difficulté inhérente à toute œuvre fortement conçue : la vérité dans l'interprétation.

La neuvième symphonie laisse néanmoins quelque chose à désirer. Certaines parties sont écrites trop haut, ce qui rend l'exécution difficile et par conséquent l'audition pénible. Le quatuor pour voix solo ne satisfait pas non plus complètement; mais ces imperfections ne sont pas assez sensibles pour détruire l'effet de cette œuvre immense.

Beethoven et ses critiques

M. Oulibischeff a beaucoup écrit sur la vie et les œuvres de Mozart son auteur de prédilection. Il ne comprend de Beethoven que les premiers ouvrages. C'est toujours Mozart qu 1l aime sous un autre aspect.

M. Fétis donne la préférence à la seconde manière. Il signale, toutefois, dans les quatuors, « des inharmonies malheureuses, des longueurs qui tombent dans la diffusion. »

L'occasion était belle, pour M. Fétis, d'émonder ces développements parasites, de polir ces

“me aspérités, comme il l’a fait dans son Traité d'harmonie, à propos d’une sonate du même auteur. Nous aurions ainsi tout Beethoven revu et corrigé, un chef-d œuvre capable d’immortaliser le plus académique des académiciens. Dans la troisième manière, M. Fétis découvre à peine quelques éclairs. C’est évidemment, pour lui, l’œuvre d’un sourd. Un compositeur devrait pourtant savoir qu'une longue expérience permet à un musicien d’élite de se rendre compte de l'effet qu'il veut produire sans recourir pour cela à une exécution quelconque ; Beethoven et bien d’autres n'ont pas toujours eu besoin d'employer ce moyen. Il a pu, comme le divin Homère, sommeiller quelquefois, mais sa surdité n’a nullement été la cause de ses erreurs.

M. de Lenz résume ainsi son opinion :

« La troisième manière présente d’incomparables beautés à côté de choses bizarres, d’intentions obscures, inexplicables peut-être, dont le plus àpre travail peut seul faire triompher. Les quatuors de sa seconde, de sa grande manière sont, à notre avis, l'apogée de son style dans la musique de chambre. Les cinq dernicrs quatuors sont moins des qua-

: & à CRE PR S RE Le 1 + NE À % À pa : y

E Es que és” conversations. afin quatre ie Raix 3% struments à cordes : de omni re scibili tre | quibusdan aliis. On a qualifié ces fre de | Do » ARS Avant d'écrire et surtout de juger, il faut rai- 5 . sonner. Si M. de Lenz avait suivi cette mé- . be. thode, il aurait certainement compris que le “a # quatuor — son nom même l'indique — n'est:

« et ne doit être qu'une conversation entre qua Hs tre instruments; et que la grande difficulté, k. celle qui demande le plus d'invention, d'art 402 - et, par conséquent de génie, c’est deréussir # à mettre les quatre parties en action. Le vrai, : le grand quatuor n'existe qu'à cettecondition.

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bien ‘tas de + rats "à La CR — MS ‘ “

Nous croyons l'avoir surabondamment dé-

| montré. Un peu de réflexion aurait aussifait

voir à M. de Lenz que le plus âpre travail

n’empêchera jamais une chose d’être bizarre L et ne fera jamais comprendre une chose is

compréhensible. Passons sur le mysticisme

de Beethoven : rien n’est moins mystique que E sa musique. ne:

Il faudrait en finir avec ces accusations

d'obscurités, de bizarreries, etc. De même qu'un livre ou un discours peut se résumer en quelques lignes, le caractère d'un morceau

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