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Beethoven est un « phénomène M. de Lenz; etcommesile génie du grandcom- positeur ne lui appartenait pas, comme s'il n’était que le dépositaire de ce génie concédé par la grâce divine, il demande qui le conti 5: nuera. Il faut être aveuglé par la logique ; autocratico-religieuse pour ne voir que «lar-
gesses divines » dans des ouvrages éma-
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nant de la plus pure spiritualité humaine.
Beethoven ne peut être continué. On continue
une œuvre inachevée; la sienne est bien réel-. lement finie. Il ne pouvait être que ce qu'a été, un amant passionné de la nature, le poëte
des grandes et chastes pensées, des douleurs
intimes et des douleurs publiques, de l’agitation profonde qui caractérise notre époque. … Quelques années plus tôt il eût été baroque; il
l’est encore pour quelques trainards.
La musique est aujourd’hui un objetde con- sommation générale. La science de la compo- on sition s'estrépandue avec une grande rapidité. Jamais on n'a tant fait de musique; jamais les |
compositeurs n'ont été si nombreux. Letalent,
la réputation, les encouragements de toute sorte, rien ne leur a manqué; plusieurs ont pu se croire à la hauteur des maîtres. Vaines
| sions 2 Les plus. éminents. pu ‘dt: leur ne: À ns … célébrité qu'au plus ou moins de rapport qu’ FES FA avaient avec leurs devanciers. Il est. resté | quelques individualités, mais l’art ne s’est pas enrichi d'œuvres véritablement originales. Cependant on dit que le plus mauvais livre renferme toujours quelque chose de bon; on. 1 peuten dire autant des plus médiocres com- " positions musicales : c'est le propre de … l'homme de ne pouvoir rien produire de ses mains ou de son cerveau sans y laisser l'em … | preinte de sa personnalité. SEE Une grande impression peut, à défaut de. :
génie, faire éclore une œuvre originale. Un " soldat citoyen, musicien médiocre, mais en-. ; . . | flamméde patriotisme, composa jadis un chant ; | de guerre qui fitplus pour l’affranchissement du sol français que toutes les harangues des : tribuns. si Félicien David, frappé des splendeurs, FR . |beautés mystérieuses de l'Orient, écrit Le DEL | à sert : une miniature, si l’on veut, mais une | ï miniature ressemblante. 4 Meyerbeer a fait des prodiges de volante # Ho satisfait de ses premiers essais, il s est. c. | étudié, pendant de longues années, à a650UpAX
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Te jeu “a son er en imitant, Fos de = Weber et en dernier lieu Beethoven. Il s est | ë ainsi rendu maître de tous les styles; il s est |
approprié toutes les formes. Le quatrième acte des Huguenots est un chef-d'œuvre dans lequel À “4 ila saisi au vif le fanatisme religieux, d’abord ; contenu, puis violent, sanguinaire, hurlant oi sans enthousiasme : les idées généreuses a ; provoquent seules l'enthousiasme. C’est une page extrêmement dramatique où bouillonnent
la haine et la fureur. Chaque note est une goutte de sang. Malgré tout, nous doutons qu'un seul de ses opéras passe en entier à
une postérité bien reculée. Si le sentiment dramatique, le goût et le savoir suffisaient pour pp
être un grand musicien, Meyerbeer eùt été.
légal des grands poëtes lyriques; mais il faut RE encore une puissance d’idéalisation qui luia manqué. Aussi n'est-il supérieur que dans
l’expression des sentiments violents, dans la couleur locale, et l'on a dit de lui avec raison
qu'il peignait des tempéraments plutôt que des sentiments, ce qui explique sa grande …
popularité.
Quand un peuple s’est donné des institu- + tions correspondant à son géme, à son tem- ri
- péramént, à ses | aptitudes sÉén rase l'histoire 4
: nous | ‘apprend, il disparaît ou il S’étiole dans |
Jl’immobilisme, à moins qu'un idéal plus hu-
main, plus justicier ne vienne rajeunir ses vieilles idées, rafraichir son vieux sang. C’est
| la loi du progrès. Les arts, efflorescence de la civilisation, suivent la destinée des peuples.
L’architecture, la peinture, la statuaire, la.
: littérature ont eu des décadences. Y a-t-il eu.
réellement décadence ? Le mot n'est pas juste
bien qu'il serve à désigner la chose. C’est un. temps d'arrêt fatal, nécessaire, que l’expé-
rience et l'éducation abrègent chaque jour;
c’est une nouvelle évolution qui se prépare, un nouvel ordre d'idées, par conséquent un … nouvel idéal qui s’élabore dans le cerveau des .
peuples.
La musique subit en ce moment la logique :
* universelle. Les sentiments de l'homme mo-. derne ont trouvé dans une forme parfaite leur no. complète idéalisation dans les œuvres des grands maitres. Elles les expriment si bien .
que les nouveaux compositeurs ne pouvant ni
les égaler, ni les imiter servilement, ce qui
serait impossible autant qu’inutile, tombent
dans la recherche, les puérilités, le mélodrame,
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qui font un instant illusion, mais qui ne
laissent d’autre impression que celle d’un
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vérité,
bruit plus où moins agréable, plus ou moins étrange. Il en est qui s’inspirent tantôt du gothique Schuman,
tantôt du mystique et violent Wagner. Les plus jeunes imitent les imitateurs dans ce qu'ils ont de personnel.
Le sentiment personnel qu'on exalte actuellement se réduit à peu de chose dans une
œuvre de génie. Il n'a de valeur que lorsqu'il
est l'interprète des sentiments de tous.
« L'homme, dit un grand critique, ne crée pas ses idées, il les reçoit; il ne fait pas la il la découvre;
sée:
Homère nous fait connaître les Grecs et la 4
Grèce toute entière.
Virgile laisse bien loin les naïvetés des + dieux et des héros d'Homère. Quelque chose de plus grand que l'Iliade vient de naître,
il n'invente pas la beauté, la justice, elles se révèlent spontanément à son âme dans la perception des phénomènes, dans les rapports des choses. »
Donnons quelques exemples parmi les plus " so fameux dans l'histoire de l’art et de la pen-
à disait Catulle, après : avoir ‘entendu quelques # vers des Géorgiques. SE VERTE Après la statuaire grecque qui avirie se tte, Michel-Ange fait penser, fait pleurer le. marbre : progrès immense, trop peu remarqué.
Citons Shakespeare terrifiant ses conté ; an porains par le spectacle des grandes passions, mais surtout des grands vices ; n
Rabelais donnant à la bourgeoisie libidineuse de son époque des leçons de baute 4 : morale: critiquant les rois, se moquant de la! "1 Réforme et des réformés, du pape et des ‘pes … pistes.
Presque à la même époque où | Raphaël rer ee. présentait le catholicisme aimable et triome 4 ; . phant, Rembrandt plus chrétien fait sortir de Ja tombe ses Christs pleins de douleur. à 4 = Corneille, Racine, Molière, Boileau et Vol- M taire, dans un langage merveilieux de conci= 1 sion et de lucidité, montrent l'influence que # or avoir dans les sociétés la grandeur fe Lies caractères ou les vices des individus et
ni ces grands esprits il en est qui fai A saïent connaître aux civilisations futures des civilisations éteintes: d’ autres révélaient de-
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