‹ L'Opération d'Alexander (Raccourcissement des ligaments ronds)Chapitre 15 sur 39 · ROUES · texte numérisé non relu

ROUES

Le point capital est celui-ci : Peut-on toujours trouver les ligaments ronds dans les trajets inquinaux ?

Avant qu’on eût proposé l'opération que nous étudions dans ce travail, la réponse à cette question était absolument affirmative. Les anatomistes et les accoucheurs étaient parfaitement d'accord pour signaler l'existence constante dela portion inguinale du ligament rond. Mais depuis que, sur cette donnée, on est arrivé à établir une méthode thérapeutique, la question a paru se compliquer. Je n'entends pas dire qu'on a voulu la compliquer.

Quelques jeunes savants anatomistes et chirurgiens ont dit que les ligaments ronds pouvaient faire défaut ou être tellement grèles qu’il était impossible de les isoler. (1)

D'après les recherches d’Adams et d'Alexander qui ont chacun cherché les ligaments ronds sur plus de cent cadavres, ces organes existent toujours dans le trajet inguinal, présentant, il est vrai, quelques particularités qui varient d’un sujet à l’autre. j

Sur trente cas, dans lesquels nous avons cherché les ligaments ronds suivant le procédé d’Alexander, nous les avons toujours trouvés; quelquefois plus gros, quelquefois plus grèles ou plus dissociés, mais #s existaient toujours.

Nous sommes les premiers à douter de notre compétence pour formuler une assertion aussi catégorique, mais nous ne sommes pas seul à le faire. M. Beurnier, après un nombre de recherches beaucoup plus considérable que les nôtres, est arrivé aux mêmes conclusions que nous. «. Le ligament rond existe constamment sur tous les sujets. Il existe toujours en tant que ligament véritable ou cordon plein dans le trajet inguinal. »

(x) Tissier et Hache. Communication à la Société clinique.

Mais la dénudation du ligament rond « est une découverte difficile » pour employer un langage courant à l’amphithéâtre.

Le docteur Alexander a reconnu le premier cette difficulté, ainsi qu’il le dit à la page 431 des Annals of Surgery, 1885.

€ Il y a deux obstacles capitaux à la réalisation de l’opéra- «tion : d’abord, l'opération est d’une exécution difficile (de/i- « cate anatomical one) : trouver, isoler, et faire sortir facile- « ment les ligaments, constituent des actes dont l'issue heu- « reuse dépend largement de la connaissance pratique de la « partie sur laquelle on opère. »

On voit d’après cela, que, bien à tort, l'on a reproché au docteur Alexander d’avoir exagéré la simplicité de son procédé. (1).

Du reste, il ne faut pas « être trop avisé » comme on suppose que l’est le docteur Adams, pour s’insurger contre l'idée de livrer l'exécution de cette opération à des chirurgiens novices; » Le noviciat devant se faire à l’amphithéâtre sur les cadavres et jamais sur le vivant, qu'il s’agisse de n'importe quelle opération. |

Certaines recherches cadavériques sur les ligaments ronds, publiées récemment, pourront nous donner la clef de quelques cas malheureux qu'on trouve dans l’histoire du raccourcissement des ligaments ronds. (2) |

Le ligament rond ne perfore pas la paroi abdominale lorsqu'il pénètre dans le trajet inguinal, mais il s’enveloppe des

(x) Doléris et Ricard, Union méd., p, 162, 1885.

(2) Dans une communication à la Société Gynécologique, M. Doléris est revenu sur ses conclusions, en atténuant un peu le sens de sa note publiée dans l’Union méd. avec la collaboration de M. Ricard. Voy. Ann. de (Gynécologie. T. XXV, p. 62 et suivantes, 1886.

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différentes couches de tissus qu'il y rencontre : Le -fascia transversalis, les muscles petit oblique et transverse et les couches celluleuses inter-musculaires envoyant des prolongements sur le cordon sus-pubien, nous font le comparer à une plume d'oiseau dont le canon est représenté par le. ligament lui-même et les barbes par les prolongements que nous venons d'énumérer.

Il n'est done pas étonnant que, lorsqu'on ouvre le tiers inférieur du trajet inguinal, on puisse avec un peu de bonne volonté, réduire le cordon sus pubien à quelques « vestiges insignifiants » ne présentant « pas même une fausse apparence de ligament ». Cela est vrai, d’après nos recherches et d’après celles de tous ceux qui se sont occupés de cette question, le contenu du trajet inguinai chez la femme esé dissociable. L'on peut avec les doigts ou avec la sonde cannelée, rendre à chacune des couches de la région ilio-inguinale, son prolongement sur le ligament rond, et ce faisant, affaiblir ce ligament jusqu’à le rendre incapable de subir une faible traction exercée sur lui. Mais on n’agit pas de cette façon en pratiquant l'opération d'Alexander. Bien au contraire, en coupant avec les ciseaux les prolongements des couches musculaires et celluleuses au moment où ils se réfléchissent sur le ligament, on renforce ce ligament de toute la partie réfléchie de ces différents tissus. Si à l'extrémité d’un câble nous attachons un faisceau de fils déliés, formant un ensemble d’un diamètre à peu près égal au diamètre du cable, nous pourrons attirer ce câble en tirant sur le faisceau de fils. Mais si nous tirons sur un de ces fils, pris isolément, le fil s'arrachera et le cable res= tera immobile. -

Un fait analogue se passe pour le contenu du trajet ingui-

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