OBSERVATION II
Docteur Narp (Libourne).
M"° D... (Marie), cinquante-sept ans. Hôpital Sabatié.
Cancer postérieur de l’ampoule rectale, à 7 centimètres de Fanus.
Le 6 décembre 1946, opération de BABCOCK-BACON.
Il s’agit d’une femme forte, à tendance de cyanose, à passé éthylique.
Pendant l'intervention, on s'aperçoit que, par faute dans le Service, pour la préparation, l'intestin n’est nullement vidé et est rempli de grosses matières fécales. On fait quand même l'opération. à
Le cancer est plus avancé qu’on ne le pensait. Il est littéralement fixé sur la concavité sacrée, et sa libération est assez difficile.
Chez cette femme, qui a eu des enfants, le périnée est très mince et, à la libération périnéale, le vagin est ouvert, on le suture.
L'intervention se termine quand même correctement. A signaler le lâchage d’une ligature de l’artère colique, par le fait que cette ligature englobait le péritoine. Il ne faut pas, en effet, prendre les feuillets péritonéaux. Après lâchage de cette ligature, il s’est fait rapidement un hématome, rendant la ligature un peu aveugle et risquant de faire lier des artères qu’on n'aurait pas voulu toucher.
Malgré cela, suites’ immédiates simples; mais, dès le troisième jour, évacuation de gros paquets fécaux par le bout intestinal qui dépasse l’anus.
La compression due à la grosseur des bols fécaux, combinée avec les ennuis d’hémostase, entraîne un sphacèle du bout inférieur. On redoute des complications graves et, par prudence, six jours après, on fait, à l’anesthésie locale, un anus angulocolique droit. Après cet anus, les suites sont particulièrement simples, mais il s’est fait une fistule recto-vaginale, due au sphacèle, au niveau de la déchirure du vagin survenue pendant le temps périnéal.
Le 28 janvier 1947, on profite de l’existence de l’anus pour