‹ L'Opération de Kronlein dans les Affections de l'OrbiteChapitre 7 sur 30 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Le traitement des tumeurs du nerf optique.

M. Jocqs, dans sa thèse, M. Lagrange, dans sa communication au Congrès français de chirurgie (1892), ont montré combien les tumeurs du nerf optique restaient localisées dans leur siège primitif. Il serait facile de citer des observations identiques aux faits suivants : En 1887, M. Tillaux publiait dans le Recueil d'ophtalmologie un cas de tumeur primitive du nerf optique. L’énucléation faite, on s’aperçut que le globe de l'œil était intact et les parois orbitaires indemnes ; « le nerf optique, à son entrée dans le globe de l'œil, offrait un volume un peu plus considérable qu’à l’état normal ; un centimètre plus loin, il était chargé et l’on remarquait sur son trajet une tumeur molle un peu noirâtre qui avait détruit les éléments nerveux. En 1894, à la Société d'ophtalmologie de Paris, M. Darier communiquait l’observation d’un malade atteint d’exophtalmie, chez lequel le D' Prengrueber avait pratiqué l’énucléation du globe et l'évidement de l'orbite. Dans le cours de l'opération, les parois osseuses furent reconnues saines ; le nerf optique ne présentait aucune altération jusqu’à 1 centimètre en arrière du globe.

Les tumeurs du nerf optique n’envahissent, en général, ni l'orbite, ni la coque scléroticale, elles ont tendance à

gagner la cavité crânienne tandis qu'elles laissent intacte la cavité orbitaire et son contenu. Parfois, le globe oculire, repoussé, chassé de sa loge, exposé aux traumatismes, n'échappe pas à l'infection ; mais la tumeur du nerf optique ne peut être mise en cause. La capsule qui enserre si souvent le néoplasme sépare celui-ci du tissu cellulaire ainsi protégé.

De ces faits résulte la conclusion très nette qu'il faut enlever la tumeur seule.

«Cependant, nous dit Lagrange, sur 59 observations, 38 fois le globe oculaire et la tumeur ont été enlevés en même temps sans que le chirurgien se soit préoccupé de conserver l'œil; dans 5 autres faits, on a essayé de conserver l'organe, mais, devant la difficulté de l'opération,

on a dû le sacrifier pour avoir un jour suflisant. Dans

3 autres faits, le chirurgien n'a pu conserver l'œil que pendant quelques jours ; enfin, # fois seulement l'œil a été conservé d'une façon définitive ».

C'est alors que Lagrange fit pour un cas de tumeur du nerf optique une opération trans-conjonctivale différant peu du procédé de Knapp. Celui-ci sectionnant le droit interne, Lagrange le droit externe.

Un peu auparavant, Rohmer, de Nancy, avait enlevé par le même procédé, chez une fillette de 3 ans 1/2, une tumeur fibreuse lymphangiectasique du nerf optique. Rohmer eût l’idée heureuse de faire, après l'ablation de la tumeur, la suture du droit externe qu'il avait sectionné pour luxer le globe en dedans. On ne nous dit pas les résultats de cette suture. |

Quels qu'ils soient, les procédés trans-conjonctivaux ne permettent pas de voir le néoplasme et d’aller jusqu’à

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