TRANSPLANTATION DE FRAGMENTS OSSEUX
a employé l’omoplate d'un lapin ; Ricard l’os iliaque d’un chien1. Dans tous les cas, la consolidationacté complète; Ricard nous a môme dit que la malade dont il avait ainsi raccommodé le crâne pour une tumeur sarcomateuse du frontal, présentait encore au bout de six mois une soudure osseuse très solide; mais, depuis cette époque, il a perdu de vue cette opérée.
A l’encontre de Scnn, qui conseille d’employer de préférence, pour oblitérer les solutions de continuité du crâne, la substance compacte des tibias de bœuf, W. Malenjuk2 est d’avis que la substance spongieuse des épaississements épipbysaires des os longs et plats se prête particulièrement à cette destination; les meilleurs résultats ont été obtenus avec la substance spongieuse des parties les plus épaisses des os du bassin. Il faut employer de préférence des os provenant d’animaux qui sont parvenus à l’âge moyen ; les os des vieux bœufs sont trop durs ; ceux des veaux sont trop riches en tissu cartilagineux et en moelle rouge, qui se résorbent difficilement. L’emploi des os de mouton, de chien, de porc a également donné de bons résultats.
Le mode de préparation des os est le suivant :
Les os sont tout d’abord débarrassés des parties molles qui y sont adhérentes; pour rendre
1. Académie de médecine de Paris (La Semaine médicale, Paris, 1891, p. 292b
2. Ch irwr/ iCsch es le i Westni/c, avril-septembre 1893 (Analysé in Cenlralhlalt für Chirurgie, Leipzig, 1893, n° 46; p. 1001, et Revue internai, de thérapeut. et de pharmacologie , 2e année, 13 janvier 1891, n» 1, p. 14).
celle tache plus facile, on peut préalablement les laisser séjourner dans l’eau, ou dans une solution contenant 1 ou 2 p. 100 de lessive. On les coupe ensuite en lamelles de 2 à 4 centimètres de large, de G à 8 centimètres de long et de 5 millimètres au plus d’épaisseur. Pour débarrasser ces lamelles de la graisse qu’elles retiennent, on les fait bouillir pendant vingt à trente minutes, et on les dépose ensuite dans un mélange ainsi composé :
Benzol )
Ether sulfurique )
Liqueur ammoniacale caustique
àà 100 parties.
Le liquide doit surnager aux lamelles. Au bout de vingt-quatre heures, on retire les lamelles, on les lave avec de l’alcool faible et on procède à leur décalcification. L’acide qui se prête le mieux à celte opération est, d’après les recherches comparatives de l’auteur, l’acide chlorhydrique en solution à 2-3 p. 100. Un séjour de quinze à vingt heures dans celte solution peut suffire ; mais quand il s’agit d’os très compacts avec moelle sclérosée, il faut deux et trois jours de contact avec le liquide acide; en ce cas, il est nécessaire de renouveler l’acide le second jour. On reconnaît que la décalcification est achevée, une fois qu’on ne voit plus remonter de bulles d’acide carbonique ;t la surface du liquide; en agitant la masse, on réussit d’ailleurs à activer la décalcification.