TRANSPLANTATION DE FRAGMENTS OSSEUX
Une fois les lamelles décalcifiées, on les conserve dans une solution ainsi composée :
Eau distillée 1000 parties.
Chlorure de sodium . . . ) gg
Acide chlorhydrique concentré S —
Thymol 1 —
Immédiatement avantde s’en servir, onlave les lamelles dans une solution contenant -10 parties de soude caustique pour 100 parties d’alcool devin dilué. On les découpe en fragments aussi petits que possible, et jusqu’au moment de l’implantation, on les dépose dans une solution ayant pour formule :
Glycérine 30 parties.
Eau distillée 100 —
Acide phénique 3 —
Au moment de les implanter, on les rince à l’eau salée, on les met sécher un peu sur des compresses aseptiques, et on les introduit dans la solution de continuité osseuse, en évitant le plus possible les hémorragies.
La solution de continuité aura été préalablement avivée et débarrassée des caillots de sang; si une hémorragie abondante vient à se produire, on enlèvera les lamelles osseuses, on tamponnera, et on attendra au lendemain
pour achever l’opération. Se produit-il une hémorragie insignifiante, on irriguera la surface qui donne du sang avec la solution physiologique de chlorure de sodium, pour éviter la
formation de petits caillots entre les lamelles osseuses. Une fois l’hémorragie arrêtée, on met les lamelles bien en place, et on en introduit d’autres, là où le jet liquide a pu occasionnerdcs solutions de continuité.
Pour le reste, on agira dans le but d'obtenir la réunion par première intention. Si cependant la suppuration vient à s’établir d'emblée, on enlèvera les lamelles osseuses avec la cuiller, et on' tentera à nouveau de réaliser des conditions de parfaite asepsie.
Quoi qu’il en soit, lorsqu’on a recours aux fragments osseux décalcifiés, qu’il s'agisse d’os de bœuf, d’os de veau, d’os de porc ou tout autre animal, il est incontestable que ces os décalcifiés ne sont que des excitants en quelque sorte de l’ossification : ils ne reproduisent pas de l’os.
,3° Autoplastic.
L’autoplaslie est un procédé opératoire d’origine absolument française.
C’est L. Ollier qui, le premier, en 1858, démontra qu’un lambeau osléo-périostiquc ou cutanéo-osseux, tenant par un pédicule, pouvait servir à la réfection ou à la réparation des pertes de substance osseuse voisines.
WoKT, en 1 863. appliqua ce procédé et F. Konig le suivit dans cette voie1; il en lut de môme de
t. F. Konig, Dec KnÔcherne ersatz y r oser Schüdeldefekte [Centralblutl filr Chirurgie, Leipzig, 5 juli 1890, n® 27, p. 497- 502).
RÉSECTION TEMPORAIRE DU CRANE
Schônborn1 et de Julius Woliï : ces chirurgiens n’eurent que des succès à enregistrer lorsqu’ils appliquèrent ce procédé à la réparation de larges brèches de la voûte crânienne.
La figure schématique 216, empruntée à Jvonig, montrera mieux que toute description l’application de cette méthode, et la façon de faire glisser les lambeaux tenant par leur pédicule.
4° Résection temporaire du crâne.
C’est un vrai procédé nouveau remplaçant le trépan pour pénétrer dans le crâne, et mettant le malade à l’abri des dangers résultant d’une large cicatrice, en même temps qu’elle le dispense du port d’un appareil protecteur.
Un a attribué à tort la résection temporaire aux Allemands; c'est encore à L. Ollier que revient l’honneur de cette méthode, et c’est à Chalot que revient aussi le mérite de l’avoir exposée en J8862. Le but est d’enlever un morceau du crâne, sans le détacher des parties molles, qui assurent sa nutrition, et permettent de le remettre en place après l’opération.
1. Vingtième Congrès de la Société allemande de Chirurgie, Berlin, avril 1891 ( Berlin . Klin.Woch., Berlin, 11 mai 1891, s. 476).
.2. Nouveaux éléments de chirurgie opératoire, Paris, 1880, p. 239.
Fig. *216. — Figure schématique, destinée à montrer le tracé d’un lambeau cutanéo - osseux b pour réparer une perte do substance osseuse.
a , c, pédicule du lambeau; b,d, pédicule du lambeau cicatriciel d (d’après Konig).
Chalot conseillait de tracer un lambeau trapézoïdal, en laissant au sommet du trapèze un pont tégumcntaire de 1 centimètre environ ; puis, avec le ciseau ostéotome et le maillet, d'inciser l’os jusqu’à la lame vitrée ou à peu près; d'insinuer à la base du trapèze, après avoir perforé la lame vitrée, entre l’os et la dure-mère, un élévatoiro dont on se servait comme d’un levier pour sou-
1 centuii.
Fig. 217. — Taille du lambeau d’après le procédé do Chalot»
A, encoche pour le passage du drain.
lever le lambeau ostéo-cutané en fracturant la table interne le long des incisions et toute l’épaisseur de l’os au pédicule ; enfin de pratiquer à la gouge dans le lambeau osléoplastique à sa partie inférieure une encoche pour le passage d’un drain et de rabattre le lambeau ostéocutané (fig. 217). Ce lambeau formait ainsi une sorte de volet facile à faire basculer1.
1. Nouveaux éléments de chirurgie opératoire, Paris, 18S6. p. 239.
RÉSECTION TEMPORAIRE DU CRANE
En 1889, Wagner de Konigshütte1 décrivit le même procédé et s’appropria la méthode; depuis il a pratiqué cette opération un grand nombre de fois et l’a spécialement recommandée.
Seulement Wagner donnait à son incision la forme d’un oméga (O). Il incisait d’abord la peau, puis la laissait se rétracter et sectionnait ensuite le périoste (fig. 218) à l’aide de ciseaux étroits auras de son bord; puis il terminait de la même façon que Chalot. Wagner supprima plus tard
Fig. 218. — Taille du lambeau par le procédé do Wagner.
Los pointillés indiquent les lieux do section de chaque lambeau périostique.
les encoches latérales de l’oméga et donna alors à son incision la forme semi-ampullaire.
P. Poirier a modifié ce procédé* : son incision est circulaire, ménageant un pédicule cutané d'une largeur de 3 à 4 centimètres. Le rayon de ce cercle incomplet, comprenant les téguments et le périoste doit être d’un centimètre plus grand que celui du cercle osseux que l’on se propose de détacher. L’os doit être coupé eu biseau avec le ciseau et le marteau, en allant obliquement de la périphérie vers le cenlre.
1. Die lempoiüre Resektion des Schœdeldaches an stelle der Trépanation ( CenlralblaU filr Chirurgie, Leipzig 1889 n° 47 p. 833).