P. Broca, loc. cit., p
2. Souché, Le vieillard des Lizières (,-ls.soc. française pour l’av. des sciences, La Rochelle, 1882, p. 588).
3. Robert Muoro, L'rom Ihe Proceedinys of llie Society of antiquaires of Scolland, vol. XXVI, pp. 1-11.
Lien voulu mettre son mémoire à notre disposition.
Ces instruments en bronze présentaient des formes variables se rapprochant un peu des silex taillés et polis; il en existe au musée Orlila une série tout à fait remarquable que nous avons dessinés (fig. 31 et 32).
Ces instruments se trouvent sous verre dans
Fig. 31. — Instruments do l’âge do bronzo : couteau lancéolaire; couteau on rondacho ; couteau allongé; bistouri étroit à doux tranchants et boutonné.
un tableau donné en 1850, à la Faculté de médecine de Paris, par le professeur Jules Cloquet; ils ont été trouvés dans les ruines de l’antique Egypte par Clot-Bey.
S’il est probable que l’étude de la médecine opératoire des sauvages peut nous donner la clef des coutumes chirurgicales préhistoriques, il est bon d’y jeter un rapide coup d’œil.
« Ainsi il paraîtrait que dans quelques îles de la mer du Sud, les sauvages pratiquent la trépa-
PROCÉDÉS DE TRÉPANATION NÉOLITHIQUE
nation du crâne par usure avec un morceau de verre pour les maux de Lôte , névralgies, vertiges, après une incision du cuir chevelu en forme de T. ils appliquent même un appareil protecteur après l’opération *. »
L’orifice résultant de ce mode opératoire aurait le diamètre d’une'pièce de deux francs; il serait
Fig. 32. — Instruments de chirurgie de l'ilgo de bronze : rugine ; pince à disséquer; rasoir avec son manche articulé et mobile ; aiguille.
de suite obturé avec une rondelle taillée dans une noix de coco très mince et polie, que l’on emboîte sous le cuir chevelu. IJn remède analogue est employé contre les rhumatismes ; l’os qu’on suppose affecté est mis à nu et gratté jusqu’à ce qu’une portion de l’enveloppe extérieure soit enlevée.
1. J. Lucas-Champioanière, loc. cit., p. G, et Gaz. hebdom., 1874, n° 16, p. 249.
Des pratiques de ce genre s’exercent encore dans les îles Pomotou.
Les montagnards du Daghestan (Caucase) trépanent pour les maux de tète et aussi dans les cas de traumatismes du crâne. Comme chez les Kabyles dont nous allons parler, ils trépanent souvent sans autre motif que celui de gagner de l'argent. D’après le docteur Krivyakin, qui a décrit leur manuel opératoire dans un journal de médecine militaire russe, ils se servent, pour racler l’os, d’une gouge dont les angles sont arrondis; notons que les patients restent fort tranquilles et ne semblent pas souffrir pendant toute la durée de l’opération1.
On peut èroire aussi que les opérateurs de l’âge de pierre se servaient, dans leurs trépanations chirurgicales et surtout dans leurs trépanations posthumes, d’une scie formée par un fragment de silex aminci, aplati et ébréché, fragment de silex auquel ils imprimaient un mouvement de va-et-vient.
Ce qui le prouve, ce sont les petites rayures divergentes, véritables échappées que l’on remarque autour de certains orifices de trépanation (fig. 9 et 13). Ce qui le prouve encore, c’est la découverte d’un crâne néolithique faite aux environs de Lisbonne et signalée parM. Delgado s.
1. Krivyakin, in Trephining lo Daghestan [The Lancet , t. 1, p. 138, London, 21 janvier 1888).
2. Ce crâue, à moitié trépané, provient du dépôt supérieur de Casa di Moura à Cesareda, où il a été trouvé dans les touilles faites en 1880 sous la direction de M. Delgado, les premières datant de 18G6.