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J. de Baye, La trépanation préhistorique, Paris

3. P. Broca, Sur la trépanation du crâne et les amulettes crâniennes de l’époque néolithique, Paris, 1877.

TRÉPANATIONS PR HISTORIQUES

pour constater que ces crânes portent nettement des oritices de trépanation.

Tels, les crânes extraits des dolmens de Rocknia (province de Cons tan line) par le général Faidherbe, ceux rencontrés dans les dolmens de la Lozère par le Dr Prunières de Marjevols (fig. 1), ceux trouvés par J. de Baye dans les grottes de Baye (Marne), ceux découverts autour de Paris dans les dolmens de l’Etang-la-Yille, de Nogent-les-Yierges (fig. 2), de Meudon'. Nous citerons aussi ceux de Delgado en Portugal, d’ Antonio Mussey au Pérou, et enfin ceux rencontrés en Belgique, en Suisse, dans la Prusse rhénane, en Bohème, en Saxe, en Russie, en Danemark (fig. 3), dans l’Amérique du Nord, etc.

« Ces ouvertures crâniennes occupent des régions très variables; la plupart correspondent au pariétal ; quelques-unes à l’écaille occipitale ou à la partie la plus élevée de l’écaille frontale; d’autres, assez nombreuses, sont en quelque sorte à cheval sur une suture, de manière à empiéter à peu près par moitié sur les deux os voisins. Toutefois, il semble qu’on ait toujours respecté la partie du crâne qui n’est pas recouverte de cheveux, celle qui constitue le front et qui appartient à la face. Sans doute on ne voulait pas mutiler le visage 1 2. »

1. Le premier exemplaire de crâne trépané fut découvert dans la tombe de Cocherel (Eure) en 1685. Dom Bernard de Montfaucon ( Vantiquilé expliquée, t. V, 2e partie, p. 194-195 Paris, MDCCXIX) dit « qu'une des tâtes avait le crâne percé en deux endroits, et il paraissait que les plaies avaient guéri ».

2. Emile Cartailhac, La France préhistorique d'après les sépultures et les monuments, Paris, 1889, p. 279.

« Ces ouvertures diffèrent essentiellement de celles qui sont congénilalcs, pathologiques ou traumatiques.

« Il est, en particulier, de toute impossibilité qu’elles soient dues à l’action d’une arme tranchante qui aurait enlevé d’un seul coup un grand copeau de crâne. Cet effet, bien rare, ne peut s’obtenir que sur les régions crâniennes qui offrent un certain degré de courbure, une saillie, telle que le vertex, le front, l’occiput, les bosses pariétales. Or, ce n’est pas sur ces parties que sont placées les ouvertures qui nous occupent, bien au contraire. D’autre part,, les pertes de substance produites par un coup tranchant laissent une trace toute spéciale qui n’existe pas ici. Enfin, aucun instrument de l’âge de la pierre n aurait pu accomplir d’un seul coup cette large et régulière section.

Fig. 3. — Crâne trouvé dans un tumulus danois de l’ilo do Moèn, d'ap. J. Lubbock ( L'Homme préhistorique).

TRÉPANATIONS PRÉHISTORIQUES

« 11 y a donc eu trépanation »

Mais ces orifices de trépanation sont: les uns de peu d’étendue (fig. 4), les autres au contraire constitués par de vastes perles de substance (fig. S). On s’est donc demandé d’où venait cette différence dans l’aspect macroscopique de ces ouvertures.

C’est Paul Broca qui paraît avoir donné la clef de ce mystère : il a pensé que les premières ouvertures avaient été pratiquées pendant la vie de l’individu, et les deuxièmes après sa mort.

Dans un cas, en effet, l’état lisse des bords de ces ouvertures, la régularité de leur contour, dénotent un travail de réparation cicatricielle et sont la marque évidente qu’elles ont été faites' pendant l’existence de l’individu

Fig. 4. — Crâne n» 5 do la caverne de l'homme mort (Lozère) ; trépanation chirurgicale sur la suture sagittale (M. Prunières).

Fig. 5. — Crâne provenant de l'un des dolmens appelés linournios ou tombeaux des Poulacres (coll. Prunières) :

AB, bord cicatrisé (trép. chirurg.) ; BC, AD, bords sciés ou coupés après la mort (trép. posthume).

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