Ibidem, p
(fig. 6). Leurs dimensions assez peu variables, leur forme ovalaire, i’obliquilé de leurs bords, et leur disposition à peu près semblable sur tous les crânes, le grand axe toujours dirigé dans le môme sens, semblent démontrer qu’il devait y
Fig- 6. Fig. 7.
Fig. 6. — Trépanation chirurgicale sur le pariétal gauche, à 26 millimètres en arrière de la suture coronale (coll. de Baye).
Fig. 7. — Crâne perforé d’un dolmen dit Libournios, donné par M. Prunières au Musée de l’Institut anthropologique :
AB, ligne médiane du crâno marquée par un cordon passant on A sur la racine du nez, en C sur le bregma, en Dsurle lamba, en B sur l'inion. E, apophyso orbitaire externe gauche; F, la droite, brisée â sa base. (L’érosion posthume a détruit une grande partie delà lace latérale droite) : ab, bord falciforme, cicatrisé de la trépanation chirurgicale pratiquée dans l’entance sur le bord sagittal du pariétal gauche; ac, bd, grandes échancrures do la trépanation posthume, pratiquée en avant et en arrière do l’ouverture cicatrisée. La suture sagittale, au lieu de suivre la ligno médiane CD, a subi une forte déviation vers la gauche.
avoir des chirurgiens spécialement habitués à pratiquer ces trépanations d une façon méthodique. Le nombre des crânes ainsi trépanés
TRÉPANATIONS PRÉHISTORIQUES 9
dans des stations situées à de grandes distances les unes des autres, est assez important pour ne laisser aucun doute sur la généralité de la coutume et offre un trait de ressemblance de plus entre chaque peuple.
D’autres ouvertures montrent que les trépanations ont été pratiquées pendant l’enfance, le crâne ne s’étant définitivement développé que
longtemps apres que la trépanation avait été faite. Tel est le crâne de la figure 7 ; l'examen de ce crâne asymétrique, ainsi que l’a fait remarquer P. Broca, montre que le sujet a été trépané à une époque où le travail de croissance des os du crâne était encore très loin de son terme. On sait que ces os s’accroissent presque exclusivement par leurs bords ; le bord du pariétal gauche, atteint par la trépanation, a donc cessé de faire les frais du travail d’accroissement, et le bord du pariétal droit, n’étant plus arrêté par la résistance de l’os voisin, a pu se prolonger sur la région gauche du crâne.
D’autres orifices simplement ébauchés et consistant en un sillon circulaire ou demi-circulaire démontrent que la trépanation a dû être interrompue (fig. 8). Divers orifices de la trépanation non cicatrisés font voir que l’individu a dû suc-
Fig. 9. — Cràno trépané de Feigneux (Oise).
L’opéré est mort très peu après l'opération, d'après le Dr Topinard (Muséo Broca, i la Société d'anthropologie).
comber très peu de temps après l’intervention opératoire : tel est le crâne de la figure 9.
Ces trépanations sont donc chirurgicales, elles se distinguent parfaitement des perles de substance produites soit par des accidents, soit par des blessures, car il n’y a pas de traces d’ancienne fracture, pas d’enfoncement osseux, pas de fissures dans leur voisinage.
TRÉPANATIONS CHIRURGICALES
a. — Trépanations chirurgicales.'
Ceci bien établi, on s’est demandé pourquoi on trépanait à l’âge de pierre.
D’après l’examen des crânes découverts, il ressort que les chirurgiens de l’époque néoli-
Fig. 10. — Trépanation crânienne.
Ouverture oliiptique en biseau aux dépens du pariétal droit dans sa partie la plus rapprocbéo do l'occipital. L'individu n'u pas survécu à l'opération (J. do Baye).
thique avaient recours à cette opération dans les cas d’hydrocéphalie, tels les crânes des ligures 10 et 11, empruntées au travail de J. de Baye1; ou bien encore dans les cas de lésions osseuses du tissu crânien^ telle la pièce représentée figure 12