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ie crus à dévenir essentiellement apte à à l'inocula- * tion d’ une maladie foncièrement contagieuse.
Milieu atmosphérique. — L'étude de la région méridionale au pou de vue des causes géographiques qui peuvent avoir une influence sur 1 apparition des granulations dans la région de Montpellier doit envisager plusieurs points. Cette région comprend le département de l'Hérault et les départements limitrophes (Gard, Ardèche, Aveyron, Tarn, Aude, Pyrénées-Orientales). Bien qu'artificielle cette division nous permet de nous faire une idée exacte des causes du trachome dans la région de Montpellier.
Nous envisagerons les causes géographiques au point de vue du climat, de l’hygrométrie, de l’altitude, des vents et de la poussière.
I. Le climat et l’hygrométrie ont une influence certaine sur le développement du trachome. Notre région peut être divisée en trois zones : une zone littorale à climat maritime, une zone médiane à climat tempéré, une zone montagneuse à climat très froid en hiver et frais en été. Le climat du département de l'Hérault est plutôt chaud que tempéré; la quantité d’eau qui tombe sur la zone littorale est faible, moyenne dans la zone médiane, assez importante dans la région montagneuse. Le climat du Gard est chaud, variable, brusque; celui de l’Ardèche est chaud dans la vallée du Rhône où souffle à différentes époques de l’année, le vent impétueux et brûlant du mistral, et très âpre dans la montagne où l’hiver dure plus de six mois; la pluie est assez abondante, maïs devient très rare aux mois chauds.
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à 86 = Le climat de la Lozère est très âpre: hiver rigoureux, sauf sur le versant occidental des Cévennes; l’automne et le printemps sont pluvieux et la chaleur rarement forte en été. L’Aveyron et le Tarn jouissent d’un climat fort sain et tempéré; de même l’Aude et les Pyrénées-Orientales,. a
II. Au point de vue topographique le département de l'Hérault peut se diviser en trois zones: partie basse, peu accidentée, longeant le littoral; partie médiane, à altitude moyenne de 120 à 130 mètres; partie montagneuse, chaînes de montagnes se ramifiant aux Cévennes et au plateau du Larzac, à altitude moyenne de 900 à 1.000 mètres. Le département du Gard est maritime au sud et très élevé à l’ouest; l’Ardèche est très montagneuse (Vivarais), la Lozère aussi, de même le Tarn et l'Aveyron. L’Aude et les Pyrénées-Orientales sont des départements maritimes.
IL. Les vents qui règnent en général dans notre région, sont les vents du nord, nord-ouest, et le vent du sud-est ; ce dernier est chargé d'humidité et souffle souvent en tempête dans les régions montagneuses. Le vent du nord’ouest est extrêmement violent à l’époque des équinoxes, c’est le mistral de la vallée du Rhône; il soulève dans la région méditerranéenne, entre le delta du Rhône et Cerbère, no- ‘amment sur les routes, des tourbillons de poussière si vioients que les chaussées d’empierrement en sont effectivement dégradées. Cette poussière, presque constante, est certainement la cause de beaucoup d’affections oculaires et en particulier du trachome. Ces grands tents ne règnent pas dans l’Aveyron et le Tarn, ils sont, au contraire, extrêmement impétueux dans l’Ardèche.
En somme: co D en ds
a la zone littorale, partie. comprise Des hu côte, d' un développement de 220 kilomètres, et une ligne passant parallèlement dans les terres à 6 ou 7 kilomètres, zone cou- !: pée de lagunes et d° étangs, très venteuse, à climat sec et chaud, à pluies rares et tombant par trombes, d’une superficie de 1.430 kilomètres carrés, une population de 103.500 habitants composée de sauniers, pêcheurs, tonneliers, ouvriers de ports, rouliers, cultivateurs.
Dans ia zone médiane, partie comprise entre la zone littorale et une ligne passant par le cap Cerbère, Carcassonne, Castelnaudary, Saint-Pons, Bédarieux, Alaïs, Privas, T'arascon, d’une superficie de 12.500 kilomètres carrés d'une altitude moyenne de 100 à 150 mètres, à climat tempéré, venteux et moyennement humide, une population de
951.500 habitants composée de viticulteurs, ouvriers des champs, ouvriers d'usine, éleveurs de bétail, carriers, rou- Kers.
Dans la zone montagneuse, presque en entier sur le ver-
sant de l’Océan, d’une superficie de 33.745 kilomètres car-
rés, d’une altitude moyenne de 350 à 400 mêtres, à climat froid et pluvieux, une population de 1.570.000 habitants, composée d'ouvriers des champs, éleveurs de bétail, ouvriers d’usine, carriers et mineurs.
Des recherches auxquelles nous mous sommes livré il résulte finalement que : l’altitude paraît exercer une action bienfaisante sur l’évolution de Fophtalmie granuleuse; les pays élevés et montagneux sont relativement peu touchés par les granulations, les pays chauds et le bord de la mer sont plus exposés. Les vents, chargés de poussières atmosphériques, agissent également sur le développement du trachome. Les pluies, qui lavent en quelque sorte l’atmosphère, entraînent une grande quantité de micro-organis-
M RR UE mes dans leurs eaux et prennent ainsi une valeur partiou. lière comme agents Sn dure de cette maladie.
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Prophylaxie. — Nous avons montré suivant quelles proportions sévissait l’ophtalmie granuleuse parmi la population de la région de Montpellier ; nous venons d'indiquer dans les pages qui précèdent les secours éloignés, mais réels, que venaient lui apporter certaines influences; examinons maintenant les moyens que l’on peut employer pour diminuer et supprimer les funestes ravages du trachome. us.
Le traitement prophylactique repose entièrement sur les données suivantes: cette maladie est contagieuse; les conditions fâcheuses d’hygiène, le séjour dans un air vicié, l’ahimentation insuffisante, le manque de soins de propreté, l’encombrement, la misère, l’insalubrité des maisons de certains quartiers de la ville, sont les causes qui favorisent, engendrent et font progresser la maladie trachomateuse à Montpellier et dans la région.
Faut-il pratiquer l'isolement des granuleux? Tout le monde s’aecorde à considérer l'isolement des granuleux comme la meilleure mesure prophylactique du trachome ; mais à son exécution deux obstacles s’opposent: la longue durée de l’affection et le grand nombre de malades. En général il faut tenir compte de la forme du trachome (formes fluentes et formes sèches), de l’âge, du tempérament et des conditions sociales des malades. Il faut isoler les granuleux aigus ou subaigus avec écoulement purulent, muco-purulent, muqueux ou lacrymal; mais la contagion se faisant seulement par contact l'isolement ne sera pas
| | eo. A tout prendre, ilest hien préférable de pécher par se excès que par défaut de prudence; toutefois les mesures à
prendre seront différentes suivant les circonstances et sui-
‘vant les cas. RAA
À l’hôpital, l'isolement, relatif s'impose; il est facile et
nécessaire. | |
Dans l’armée, les granuleux doivent être hospitalisés et soignés jusqu’à guérison satisfaisante. * |
Dans les écoles, les pensions, les orphelinats on isolera les granuleux fluents et on surveillera les granuleux SeCS ; si les sujets sont assez nombreux on pourra les grouper et. constituer pour eux des classes spéciales.
Dans les familles, enfin, on évitera les contacts intimes, médiats où immédiats, entre sujets sains et sujets contaminés : linges, éponges, mouchoirs, essuie-mains, seront spé-
cialement affectés à chaque membre.
On s’efforcera de faire connaître partout que l’ophtalmie granuleuse est une maladie essentiellement contagieuse et on indiquera les précautions à prendre pour éviter le danger de la contagion.
On conseillera en particulier les mesures suivantes aux personnes contaminées :
1° Disposer de linges de toilette personnels; user pour les ablutions de la tête d’une cuvette personnelle ;
2° Si la conjonctivite est monoculaire, ne pas immerger ja face entière dans l’eau; éviter d’essuyer les paupières de l’œil sain avee le linge qui sert à soigner l’œil malade ;
3° Eviter de porter les doigts aux veux ou de les essuyer avec le mouchoir; se savonner fréquemment les mains, surtout après les avoir porté aux paupières.
On placera les malades dans des conditions hygiéniques favorables: suppression de l’abus des boissons, nourriture saine et suffisante, repos moral et physique.
Il importera d éviter les causes qui entretiennent un état conjonetival ou une irritation sur la muqueuse oculaire : séjour dans une atmosphère froide, humide, chargée de poussières et de fumée; action, d’une vive lumière réfléchie par une substance blanche; refroidissement.
Mais là ne se borne pas la prophylaxie du trachome; il faut aussi lutter contre les conditions économiques et sociales qui favorisent son développement. Pour lutter avec efficacité contre ces causes d’ordre social, il faut l’intervention de l'Etat.
C'est au Gouvernement de transformer les conditions de vie de l’ouvrier, de légiférer sur les logements insalubres, d’essayer d’apporter un peu de mieux-être dans son foyer en prévoyant l’insuffisance de salaires et l’augmentation de prix des loyers. C’est aux municipalités d’assainir des quartiers populeux des villes et de veiller à l’hygiène des habitations des ouvriers; les quartiers pauvres ne doivent pas être abandonnés aux causes d’insalubrité qui y abondent. L'intervention de la législation est indispensable; elle peut beaucoup, c’est à la loi de protéger les classes laborieuses.
C’estiau Gouvernement encore de répandre l'instruction, de parfaire l’éducation généralement très incomplète sur les points les plus élémentaires d'hygiène. Il faut que la loi du 13 février 1902 ne soit point lettre motte, que le publie en saisisse l’utilité et soit bien convaineu qu'il doit en retirer un bénéfice considérable.
C’est l'Etat enfin qui doit protéger la population autochtone des maladies importées, en instituant sur les frontières une inspection sanitaire sévère.
Depuis quelques années les autorités sanitaires des pays où le trachome sévit ont pris des mesures très énergiques ; certains d’entre eux comme la Russie, la Hongrie et la
ÿ Ver ra GI — Prusse ont organisé des services spéciaux; aux Etats-Unis on se préserve des granuleux en les déclarant indésirables. À ce point de vue on n’a encore rien fait en Krance; on s’est contenté d’inserire la conjonctivite granuleuse parmi ies maladies contagieuses à déclaration facultative et cependant il y a en France une proportion de granuleux de 4 0/0.
Les émigrants devraient être soumis à une surveillance étroite, établie par entente internationale; le principe de cette réglementation serait d'empêcher le déplacement de tout sujet infectieux et de le soigner à l'endroit même où son état infectieux à été constaté, jusqu’au moment où il cesse d’être contagieux.
Améliorer la condition sanitaire des classes indigentes, c’est rendre un service immense à la généralité des citoyens. Or la maison du pauvre, celle de l’ouvrier abondent en principes d’insalubrité. Tout a été fait pour la commodité, l’utihté et l’agrément dans celle du riche. Des avantages si importants à la conservation de la santé sont interdits aux habitations d'ouvriers; la misère relègue les pauvres dans des maisons mal'‘construites, mal ventilées, mal tenues, situées dans des quartiers sombres et malsains. Il appartient à une bonne police municipale, ainsi qu’à la philantropie des conseils d’hygiène ou de salubrité, de faire cesser des inconvénients aussi graves. On doit aux pauvres sinon une habitation pourvue des jouissances du luxe, du moins parfaitement salubre; si les ressources ne sont pas suffisantes pour transformer les maisons, on doit du moins veiller à la propreté des rues. On doit instruire l’ouvrier, il ne dépend que de Jui d’être propre, c’est son intérêt, c’est aussi celui de sa famille.
Ce qu’il importe avant tout c’est d’instruire le public,
c’est de faire pénétrer dans les couches des masses une con-
Lee 0 ception saine des affections contagieuses, c’est de vaincre la résistance des individus et des familles aux nécessités hygiéniques et thérapeutiques. La coopération intelligente et active de tout le corps médical ne serait pas de trop pour arrêter les progrès et conjurer les désastres que peut faire le trachome ; il faut que tout médecin apprenne à reconnaître, à signaler et à traiter une affection qui aban-. donnée à elle-même pourrait aboutir à la cécité.
Une grosse lacune serait comblée. dans l’assistance oculistique si chaque petit centre, ou du moins bon nombre d’entre eux, parvenait à se doter d’un'service d’ophtalmologie ayant à sa tête un spécialiste.
Avec des soins spéciaux et de l'hygiène, depuis dix ans, dans la région de Montpellier comme ailleurs, l’ophtalmie egranuleuse a beaucoup diminué de fréquence et de gravité. C’est une plaïe sociale qui, comme d’autres similaires, sous l’action de la thérapeutique et de la prophylaxie, finira par disparaître.
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Lana où la population présente son maximum de densité. ne
et de misère et, en même temps, la-négligence plus com- plète des règles de l'hygiène.
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IV Lee formes observées sont surtout les formes chroniques et sèches et les complications oculaires ne surviennent qu'après une longue durée des granulations; par contre, les formes aiguës et fluentes sont plutôt rares.
6 1893 Gazrinr. — Contribution à l'étude du pronostic . PRE Aeil'opht. granul. dans la rég. de Montp., n° ee 9: 1895 TALABERT. — Contagion du trachome dans la re . de Montpellier, ni 1e. De | 10. 1896 VIMEARD. — Anatomie pathologique de D sul granul, n 00. 1 11. 1896 CazATISa Etude bactériologique de la coni. os à | granul., n° 48 ARE | À | je
. à ü jonctival dans le trait. due Se, gran ui : de 26. 4 44 |
5e. COURSES
DOS 12. 1897 Sempé. — Trait. de l’opht. granul., n° 16. 18. 1902 Marry. — La cécité et ses causes dans la rég. de Montpellier, n° 24, 14. 1909 Herzer (Mlle Fannice). — : Des états lacrymaux chez les granuleux, n° 15.
1. Truc. 1887. — Histoire de l’ophtalmologie à l'Ecole de Montp. (Montp.-Médic., 1887, p. 437- 451.)
2, — 1889 —— De l’extirpation des glandes es les orbitaires dans les larmoiements incoercibles chez les granul. (Archiv. d’opht., 1889, p. 342-350.)
3. = 1890. = L’opht. granul. à Montp. (Montp.-Méd., 1890, pp. 406, 415, 455, 468.) 4 — 1890. — Topographie de l’opht. granul. à Mont-
pellier. (Bull. Soc. opht. de Paris, 1890, pp:148-157.)
D. — 1861. -- Quelques rapports entre les ophtalmies granuleuses, Iymphatiques et lacrymales.
(Montp.-Méd., 1891, pp. 293-303.)
6, —- 1891, -— Tymphatisme et trachome. (Ann. d’oculist., 1891, pp. 81-95.) FEAR" Trait. de ue granul. (Semaine Mé-
cs 1692 DD :h9204)
0. — 1893 — à cécité d. la rég. de Montp. (Montp. Médic., 1892; pp. 425-483.)
9, — 1893. — Contagion du trachome. (Congrès de Rome, 1894, t. VI, pp. 30-34#et Sem. Médic:, 1893, pp.953-555,