‹ L'Ophtalmie Granuleuse Dans La Région De MontpellierChapitre 4 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La conjonctivite granuleuse, connue aussi sous les noms de trachome ou de granulations, étant une des questions lies plus à l’ordre du jour en oculistique, nous avons, sur les conseils de notre maître, M. le professeur True, cherché à nous rendre compte de sa répartition dans la région de Montpellier, et plus particulièrement de son évolution dans cette région durant ces dix dernières années.

Pour cela nous avons consulté les registres de la Clinique ophtalmologique et nous avons soigneusement relevé tous les cas de trachome que nous y avons trouvés. Nos recherches vont du 30 juin 1904 au 30 juin 1914; elles portent done sur une période de dix années. Et sur les 12.638 malades externes et internes environ qui sont passés à la clinique, nous avons relevé 555 cas de trachome, soit: 4,3 0/0.

Nous nous hâtons de dire que nous n’avons pas la prétention, dans ce travail, de faire une étude complète du

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Den dans la région de Montpellier, ni même de signa

ler tous les porteurs de granulations qui peuvent avoir été

soignés à Montpellier. Non, notre statistique se borne tout simplement à enregistrer les granuleux qui sont passés à

la Clinique ophtalmologique du 30 juin 1904 au 30 juin

| 1914. Et nous avons laissé de côté les malades qui ont fré-

quenté et les cliniques privées de la" ville et celles des cités

environnantes; de même nous ne nous. sommes point oc-,

cupé des malades qui ont été soignés par les nombreux oculistes de: Montpellier et de la région.

I] aurait été intéressant, sans doute, de faire une étude plus complète et d’essayer de donner la répartition du trachome dans la région de Montpellier teute entière. Peutêtre aurions-nous entrepris un tel travail si des documents suffisants étaient venus faciliter notre tâche. [1 nous aurait fallu pour cela être assuré de la collaboration des oeulistes régionaux dont les occupations journalières ne leur permettent malheureusement pas le plus souvent de consacrer plusieurs jours au travail fastidieux et aride qu'est un travail de statistique.

Faire connaître l’importance régionale de cette affection, montrer surtout son évolution dans le cours de ces dix dernières années, exposer les causes spéciales qui favorisent et entretiennent cette maladie des yeux, étudier enfin ses conséquences sociales et essayer d’y opposer un traitement prophylactique” efficace, voilà le but de notre travail.

Dans un premier chapitre nous exposons d’abord sommairement l’importance régionale du trachome au point de vue clinique et social, nous disons ensuite quelques mots de son historique et de son évolution régionale, de sa distribution géographique régionale, de sa fréquence, de sa

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propagation et de la place importante qu’on doit lui ae-

corder parmi les affections morbides de l’œil} nous donnons enfin un court aperçu des recherches antérieures à 1904 faites sur sa fréquence et son importance.

Dans le second chapitre, qui constitue le véritable sujet de notre travail, nous exposons les résultats des recherches patientes et minutieuses que nous à demandées l’examen attentif et détaillé des 12.638 fiches individuelles des malades nouveaux internes et externes inscrits à la Clinique ophtalmologique de la Faculté de médecine de Montpellier du 30 juin 1904 au 30 juin 1914.

Dans le troisième chapitre, nous avons essayé de préci- . ser de notre mieux dans quelles mesures certains facteurs importants — le milieu clinique (race, densité et hygiène des, agglomérations) et le milieu atmosphérique (climat, vent, variations météorologiques, altitude) —- ont influé sur les résultats que nous avons trouvés. Enfin, dans nos dernières pages, nous avons essayé de mettre à profit les indieations recueillies au cours de notre travail en exposant les mesures prophylactiques qu’il conviendrait d’opposer à la marche du trachome. C’est par ces considérations cliniques et sociales que nous terminerons notre étude régionale sur l’ophtalmie granuleuse.

Ce dernier chapitre est loin d'offrir dans les données qu'il présente la précision du chapitre précédent; on ne s’en étonnera pas outre mesure, en songeant combien 1l serait difficile de déterminer très exactement les rapports lointains, quoique réels, qui existent entre les divers facteurs étiologiques régionaux et l’évolution de l’ophtalmie oranuleuse.

Une telle! étude comportait, certes, un cadre beaucoup plus vaste que les limites étroites dans lesquelles nous l’a-

vons enfermée, mais les recherches que nous avons entre-

brales constituent une des maladies les plus fréquentes que l’on ait à y soigner. Bien qu'aucune région de notre pays ne soit indemne du trachome, celle de Montpellier paraît être un lieu d'élection où il sévit avec une particulière intensité. Or cette affection étant susceptible de donner lieu à de graves complications qui aboutissent le plus souvent à la cécité, ellé acquiert de par ce fait dans notre région une importance sociale considérable.

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