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l'infection. Ce sont donc, avant tout, les plaies perforantes accidentelles et septiques qui pourront évoluer vers l’ophtalmie sympathique.
Le passage au deuxième œil se ferait suivant un temps assez variable : de 14 jours à 42 ans en prenant les cas extrêmes cités par les auteurs.
Pour Copez, le temps moyen serait de 15 jours à 2 mois ; pour Poulard, la période dangereuse atteindrait 6 mois au maximum ; les cas apparaissant après un temps plus long relèveraient pour lui de toute autre affection (cataracte, kératite, etc.) et montreraient tout « simplement la tendance des observateurs superficiels à attribuer à l’ophtalmie sympathique toutes les plaies qui surviennent chez les blessés de l'œil ».
Histologiquement, deux points sont à signaler : 1° ce sont les membranes profondes de l'œil qui son! atteintes : uvée et surtout choroïde et corps ciliaire. 2° Il y a toujours identité des lésions inflammatoires des deux yeux ; identité en qualité sinon en quantité : les lésions de l’œil blessé étant, d’ailleurs. masquées en partie par le traumatisme.
La pathogénie de l’ophtalmie sympathique est encore extrêmement discutée et a donné lieu à toute une floraison de théories les plus diverses, souvent um peu hâtives. Bien sûr, on peut considérer comme définitivement périmée l'explication de William Mackensie selon laquelle l’ophtalmie sympathique serait due à une excitation nerveuse le long des nerfs optiques, et qui eut son heure de célébrité en 1859.
Il semble qu'on puisse éliminer, de même, la théorie
Se,
pourtant séduisante qui explique l’ophtalmie sympathique par des phénomènes d’allergie et d’anaphrylaxie, selon laquelle le tissu uvéal de l’œil blessé, détruit par le traumatisme, serait résorbé sous forme d’antigène hypersensibilisant l’organisme et l’uvée des deux yeux : l’uvée sensibilisée offrirait moins de résistance aux divers agents morbides (Elsching, 1910).
Marchesani, en 1929, fait de même de l’ophtalmie sympathique une uvéite anaphylactique.
Mais il parait bien définitivement acquis que l’ophtalmie sympathique est une uvéite infectieuse causée par un agent pathogène à action élective sur le tractus uvéal.
Les discussions recommencent quand il s’agit de déterminer, d’une part, la nature de cet agent pathogène et, d'autre part, son mode de transmission d’un œil à l’autre. |
Quel serait donc, d’après les auteurs, le germe infectieux en cause ?
Von Szily, après le sucrès de ses expériences sur le lapin, a pensé qu’il s'agissait de virus herpétique.
C’est peut-être tirer d’une expérience une loi générale qu’elle ne comportait pas.
Guillery, en 1926, et Meller en 1934, pensent qu'il s’agit plutôt d’une affection tuberculeuse. Mais il ne semble. pas qu’on puisse incriminer le bacille de Koch dans Fophtalmie sympathique dont les lésions ne se caséifient pas et ne se localisent jamais, au début, dans la chorio capillaire.
AVAST
xedslob, enfin, estime que les germes en cause seraient les microbes saprophytes du sac conjonctival, inoffensifs pour les membranes externes de l'œil, mais nocifs pour l’uvée avec laquelle ils sont mis en con- {act par une plaie pénétrante.
Jusqu'à maintenant la question reste ouverte.
Les théories ne sont pas moins abondantes lorsqu’il s’agit d'expliquer le passage de l'infection d’un œil à l’autre :
Toutes les voies ont été invoquées, tour à tour.
Mais il semble que les dernières théories s’accordent pour affirmer que les germes empruntent tout simplement la voie sanguine : soit qu’il s’agisse d’un microbe apporté par le corps étranger ou d’un microbe déjà présent dans l’organisme et rendu virulent par le contact avec les débris de tractus uvéal coïncé ou disloqué à la suite du traumatisme. De là, soit les ‘microbes, soit leurs toxines pénètrent dans le sang et reviennent ensuite se fixer électivement sur Puvée des deux yeux : c’est la théorie métastatique de l’ophtalmie sympathique qui concorde bien avec les lois de la pathologie générale (Poulard) et qui explique la présence, toujours constatée depuis Fuchs, d’une uvéite sympathisante fraiche sur le premier œil, au moment où se prend le second.
L'ophtalmie sympathique en tant qu'uvéite du premier œil est une inflammation qui ne peut se différencier cliniquement, et avant toute évolution, des autres inflammations du tractus uvéal : notamment de linflammation tuberculeuse. | ;
L'examen histologique est pratiquement inutile au diagnostic : en effet si l’œil soit disant sympathisant est énucléé à temps il ne présente aucune lésion anatomique caractéristique.
S'il en présente déjà et que l’autre œil soit entrepris ou s’entreprenne après l’opération, ce seul fait de l’évolution de l’œil blessé vers l’œil indemne suffit à affirmer l’ophtalmie sympathique.
Le diagnostic précoce de l’entreprise du deuxième œil se fait par l’usage de la lampe à fente : celle-ci montre un fin piqueté à la face postérieure de la cornée et de très: fins dépôts sur la cristalloïde antérieure, visibles seulement au fort grossissement {Vogt).
L’ophtalmie sympathique est une des maladies les
plus graves de l’œil amenant trop souvent la cécité bilatérale. L'ensemble des statistiques actuelles signalent une guérison pour dix cas.
Mais, depuis ces dernières années, nos moyens thérapeutiques semblent en avoir rendu lévolution moins grave.
Il faut d’ailleurs signaler que si l’œil sympathisé
évolue presque toujours vers latrophie complète, Pœil sympathisant, s’il n’a pas été énucléé, récupère parfois et même assez souvent un certain degré de vision.
. Nous n’entrerons pas dans le détail de tous les traitements médicamenteux appliqués à l’ophtalmie sympathique ef parmi lesquels, d’ailleurs, aucun ne semblent absolument spécifique.
an
Qu'on nous permette seulement de rappeler qu'une fois la maladie déclarée, l’énucléation devient absolument inutile, car elle n’influencera en rien la marche générale de l'infection.
Elle est même nettement à rejeter si l'œil blessé conserve un peu de vision.
Dor, en 1931, affirme : « Il ne faut enlever, à ce moment-là, que ceux des yeux sympathisants qui sont destinés à rester douloureux ou inutiles ».
Mais nous voulons insister sur ce point que l’ophtalmie sympathique est une maladie beaucoup plus facile à prévenir qu'à guérir :
On peut affirmer, en premier lieu, que lasepsie opératoire a fait disparaître l’ophtalmie sympathique des complications des interventions chirurgicales.
Quant aux plaies pénétrantes du globe, la pratique d’une antisepsie rigoureuse et éclairée les rend de plus en plus inaptes à évoluer vers l’ophtalmie sympathique,
Ce traitement consistera surtout en une désinfection soigneuse de la plaie, en une surveillance de Pétat général et de l’état intestinal, enfin, en une excilation à la défense de l’organisme par protéinothérapie.
Morax semble partisan de lénucléation systématique. Nous croyons que c’est, évidemment, un moyen à peu près infaillible d'éviter l’ophtalmie sympathique quand il est pratiqué à temps.
Mais ne serait-ce pas un remède pire qué le mal !
Dans bien des cas, en effet, la vision de l’œil blessé .
ENCY pr ne
est encore satisfaisante à cette époque ; el, en cas d'évolution favorable, cet œil est susceptible de permettre une activité professionnelle suffisante.
De toute façon, il est bien évident que cette énucléation préventive ne doit être pratiquée que par des spécialistes avertis, et, lorsque tout, dans lallure générale de la plaie, fait craindre une évolution fatale. C’est une question de doigté où trop d’impondérables influenceront le praticien dans sa conduite pour qu'on puisse donner à ce sujet des règles préêises susceptibles d’être appliquées par le premier chirursien venu.