DEUXIÈME PARTIE
Ces quelques notions nous permettent de constater que l’ophtalmie sympathique est une maladie grave, très grave, souvent fatale pour la vue.
Comment ont réagi les chirurgiens et certains oculistes au cours de la guerre 1914-1918 ?
Hantés par la crainte de l’évolution des plaies infectées de l'œil vers l’ophtalmie sympathique, et manquant de données précises sur la question, les chirurgiens ont fait des énucléations en série, pratiquant pour les yeux ce que leurs aînés pratiquaient si facilement pour les membres, par crainte de la sangrène, avant l’ère pasteurienne et la découverte des méthodes nouvelles de traitement des plaies.
La complication d’ophtalmie sympathique étaitelle donc tant à craindre ? Si l'on envisage les statistiques de la guerre 1870 on constate que 55 % des
blessures de lPœil auraient évolué vers des compli-
cations sympathiques. On comprend donc la terreur
que pouvait faire régner cette menace sur les esprits. Mais, il faut le dire tout de suite, les statistiques de la guerre 1914 sont beaucoup moins sombres.