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Japon (1907). 743
Indo-Chine (1907). . . 137.929 0 Indes anglaises (1907) . 0 3.854.483 Hong-Kong (1907) . . 2.472.105 2.571.066 Hollandaises(iles)(1907). 203.265 0 “Philippines (1907). . . 77.081 0
1, (Chiffres empruntés à M. le professeur Planchon).
Malheureuse ment nous avons vu que les Chinois et les Annamites mélangent souvent par économie du dross à leur chandoo, ce qui augmente naturellement la proportion de la morphine. et
ses ravages,
88 COMMERCE Singapour (1906). .. 609.608 Penang (1906): 3:24 168.603 Détroits (Malacca) (1907) 295.192 Formose.(1907) 1. 145.773 Kiatchow (1907) . . . 8.697 Ceylan (1906) PNTE 8.566 SAAUUIOOT)E SPESERE 83.727 Macao (Portugal). . . \ 0 États-Unis (1907). . . 201.453 Guba:(1906).5% 50000 8.653 Canada (1907). . . . 41.744 Kwangtung (1907). . . 4.145 Franee(1007) 114.101 Allemagne (1906). . . 74.300 Angleterre:(1907) , 24, 385.740 FÉES TL UETE 0 9.142.891
On voit que comme pays exportateurs il n’y a
guère quel’Indeanglaise Hong-Kong (pour laChine)
et la Perse (chiffre incertain). Cependant il ya cer-
tainement d’autres exportations de Chine,ne fût-ce
que les importations en Indo-Chine (88.000 kil. d’opium chinois en 1907 et celles de Macao 72.000).
Les pays importateurs sont pour les 4/5 la Chine
puis l’Indo-Chine et toutesles colonies d’Asieetaussi
dans une certaine mesure l’Amérique du Nord, mais
dans tous ces pays c’est pour les Chinois surtout,
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# Le LÉ 5e £
Hong-Kong, Singapour et Penang se balancent à peu près pour les importations et exportations. La France aussi. Il y a pour l’Angleterre et l’Allemagne une assez forte balance du côlé de l’importation, probablement due aux préparations médicinales y compris la morphine.
Les chiffres ne s’équilibrent pas puisque les importations dépassent les exportations de 1.227.000 kilogrammes. C’est la mésaventure ordinaire dans les statistiques. Elle peut s'expliquer : probablement ici en inscrivant ces 1.227.000 kilogrammes à l'exportation de la Chine et même davantage car il faut tenir compte de l’importation en contrebande qui ne figure pas dans les 9.844.000 ci-dessus.
En somme donc 10.000.000 de kilogrammes qui valent environ 250.000.000 de francs: en effet partout où les statistiques donnent les importations en valeurs, on voit que c’est à peu près 25 francs par kilogramme.
Ce commerce mondial doit être supérieur à celui de l’alcool, car pour la France, qui est un des plus grands marchés, celui ci ne figure que pour 44.000.000 fr. à l'exportation et 14.000.000 fr. à
l'importation.
Lorsque pour la première fois la porte d’une fumerie d’opium s’ouvre sans bruit devant vous, on s’arrête, les sens brusquement impressionnés par l'obscurité, le silence et l’edeur étrange qui règnent dans ce sanctuaire. On ne distingue d’abord rien, la lumière du jour est soigneusement interceptée par de lourds rideaux qui ne laissent filtrer aucune clarté vive susceptible de fixer le regard ; celle des lampes, elle-même, est voilée par des abat-jours de couleurs sombres sur lesquels rampent et volent des insectes fantastiques, bien propres à peupler les rêves des fumeurs que cette obscurité enveloppe et protège si bien ; des tentures épaisses couvrent les murs et étouffent tous les bruits venus de l'extérieur, aucun son ne vient
troubler le silence qui remplit cette pièce ; aucune
parole même ne relie entre eux ces hommes éten-
dus dont l’immobilité absolue n’est interrompue que par les gestes lents et silencieux indispensables pour fumer.
Peu à peu, on aperçoit sur les tentures des dessins chinois, compliqués, aux contours vagues, en grande partie ensevelis dans l’ombre. Presque aucun meuble, rien d’inutile : seulement quelques objets d’art, monstres ou dieux en ivoire, en bronze ou en bois précieux, accroupis dans les coins, témoins séculaires d’un art très ancien, maintenant disparu, et de larges et profonds canapés où on distingue peu à peu les fumeurs qui reposent allongés sur des coussins et vêtus de très amples et confortables Kimonos.
Tout cela est imprégné d’un étrange parfum indéfinissable, comme passé et cependant encore perceptible, comme mort bien que très tenace, très attachant, très pénétrant encore ; un parfum qui semble plus dense autour des objets auxquels on le dirait accroché et on a bientôt la sensation de devenir soi-même peu à peu un de ces centres de condensation.
C’est là que, complètement isolés du reste du
monde extérieur, les fumeurs d’'opium vont s’aban-
donner, au milieu de cette atmosphère complice, à l'habitude dangereuse qui doit leur procurer l'ivresse subtile de leurs longues rèveries.
Près d’eux se trouvent sur un plateau de bronze les accessoires indispensables pour fumer. La primitive lampe à huile, sorte de veilleuse dont ie verre qui a la forme d’une ampoule ouverte au
sommet, porte des insectes bizarres suspendus à
ses parois de façon à cacher sa flamme minuscule,
impuissante cependant à rien éclairer au delà des bords du plateau mais dont le point rouge risquerait encore de fatiguer les yeux devenus si sensibles du fumeur ; une fine et longue aiguille en acier ayant une de ses extrémités effilée et l’autre aplatie en forme de spatule ; un petit grattoir pour enlever le dross déposé sur le fourneau de la pipe, une éponge pour laver et refroidir ce fourneau. Enfin, la pipe elle-même! Il faudrait de longues pages pour décrire les différentes pipes qu’on rencontre dans les fumeries ; on en trouve de nombreuses espèces en bois rares, en ivoire, en ambre, en terre, en écaille ; les unes avec leurs incrustations et leurs sculptures sont de véritables chefs-d’'œuvre d’une valeur inestimable, les au-
tres sont si anciennes, transmises avec respect