‹ L'Opothérapie Ovarienne en GynécologieChapitre 11 sur 23 · I. — CHOIX DES ORGANES · texte numérisé non relu

I. — CHOIX DES ORGANES

Si la spécialisation des produits opothérapiques a permis de réaliser de grands progrès dans leur préparation, elle n'a pas été sans quelques inconvénients. Il a fallu pour obtenir la matière première en. grande quantité s'adresser aux abattoirs. D'où plusieurs désiderata que nous résumerons d’après la thèse de P. Perrée (Paris, 1927) en insistant sur les détails qui concernent les glandes ovariennes. Prenons le curriculum de l'animal fournisseur à partir du moment où on l'enlève de son pâturage :

1° Les bestiaux arrivent généralement fatigués à l’abat- = toir. Parqués dans des wagons mal suspéndus pour se rendre . à la ville où ils seront abattus, étroitement serrés les uns con- - tre les autres, vaguement surveillés par des accompagnateurs “qui S ‘occupent au plus de leur donner à boire, les animaux souffrent durant leur voyage. On a décrit chez eux un mal de chemin de fer semblable au mal de mer, parfois plus grave,

‘avec vomissements, apathie, etc... Quand ils descendent du.

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train, les animaux sont gavés de foin parce qu'on Îles vend au poids vif. Cette surcharge alimentaire et la fatique digestive qui en résulte, après les fatigues musculaires du voyagé, empirent leur état sanitaire.

2° La cueillette des organes est faite Sans Soin, par un personnel insoucieux et inapte à suivre les règles de l'hygiène. Ceci ne peut s'appliquer à tous les abattoirs. Les règlements, la survêillance du personnel varient selon les villes. On peut cependant dire que la mauvaise récolte des organes provient de l'insuffisance technique du personnel qui prénd ces glandes dans le milieu d'une saleté repoussante où s’est effectué l'abattage.

La création d’intermédiaires qui se sont assurés en jai, dans la plupart des villes, le monopole de la vente des organes. Les commissionnaires achètent à ce bas personnel les glandes pour les revendre aux pharmaciens spécialistes.

4° Il yaun marché permanent d’organes avec vente et cours. Les commissionnaires lorsqu'ils sont démunis, s'adressent aux abattoirs de province et de l'étranger. Il faut encore teñin compté des agents qui viennent de l'étranger, de Buda- -pest, d'Espagne, etc. . proposer leurs organes à | nos maisons de spécialité. J'ai pris des renseignements spéciaux sur ce. sujet. Îl y a trois ans les agents proposaient des organes, notamment des ovaires, à moitié du prix de ceux livrés par. nos abattoirs: De grandes maisons, ne trouvant pas une ma-

tière suffisante dans nos abattoirs, faisaient venir des ovaires

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d'Abyssinie, de Madagacar, d'Argentine. I] n’y aurait pas de mal si les envois étaient faits dans les frigorifiques à température réglable. Il n’en est rien. Les organes étaient simplemeni expédiés dans de la glace, et les importateurs évitaient Jes droits de douane en déclarant : « Abats sans valeur ». Or, . Léopold Lévi insista pour les ovaires : il faut éviter les glandes congelées, qui sont souvent ainsi expédiées de l’étranger ». Actuellement le commerce a évolué. Les maisons étrangères fabriquent elles-mêmes leurs extraits et les offrent en France à des piix inférieurs. Le petit spécialiste a un notable avantage économique à acheter ces extraits en poudre : sa tâche se borne à les mettre en cachets ou en pillules.

Nous ne parlons que pour mémoire des fraudes : un commerçant a été surpris vendant de la sciuré de bois au lieu d'extrait d'ovaire !

s° La récolte des organes dans les abattoirs devait être réglementée. La fabrication des sérums est soumise à des règlements minutieux. On contrôle les préparateurs de produits opothérapiques et on laisse toute liberté aux ramasseurs de glandes ! Cette lacune avait frappé les membres de la Société de Pathologie comparée. Sur l'initiative du professeur Marcel Labbé, après discussion, elle a adopté le vœu suivant :

er Qu'un contrôle rigoureux veille à la propreté méticuleusé de la récolte, au transport, à la conservation, à la manipulation et au traitement des organes destinés à la pré-

paration des produits opothérapiques.

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° Qu'une réglementation analogue à celle qui existe pour les sérums et les vaccins soit dictée pour les produits opothérapiques ».

6° Les organes devraient être cueillis aux abaftoi:s par

des vétérinaires. Avec la précision qu'exigent aujourd’hui les

biologistes, il est indispensable que les organes soient recueil-

lis par des personnes compétentes. Il faut un personnel ins-.

truit, pris parmi les anatomistes. Etant donné le rôle qu'ont .

déjà les vétérinaires dans les abattoirs pour vérifier le bon

état des viandes, il est indiqué de leur confier cette tâche.

Alors :

a) Ils devront s'assurer que les glandes endocrines sont

saines. Elles peuvent être kystiques où altérées chez un animal dont la viande est Saine. Prenons la récolte des ovaires,

les vétérinaires prendront des précautions minutieuses. À

ieur défaut, il est vrai, les maisons de spécialités sérieuses

examinent soigneusement un à un les organes qu’elles ont ‘achetés. Mais ce contrôle devrait déjà être fait dans les abattoirs par des vétérinaires assermentés. |

b) Ils écarteront tout organe suspect. Si nous cüisons avec soin la viande, il y a, à cela, une raison, il faut éviter les maladies contagieuses. Or, ici on mange un produit cru.

c) Le vétérinaire, pour certaines glandes, doit faire un choix. Les ovaires seront recueillis à la période d’ activité

génitale ; il est nécessaire d’écarter : les ‘bêtes trop jeunes où

trop vieilles, de plus les ovaires de génisse paraissent plus :

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actifs que ce1x de truie. Enfin, il existe des différences dans

leur activité, et leur stabilité suivant qu'ils sont pourvus ou non de corps jaunes. M. Gley insiste sur ce point : « L'ex-

trait de corps jaune périodique de vache ne se conserve ni

- à la iempérature ordinaire, ni à la glacière, même en tubes

scellés. Au contraire, l’extrait de corps jaune de vache gra-

vide est toujours actif. Les extraits de corps jaune de truie

et de brebis se comportent comme ceux de vache non gravide :

et perdent très vite leur activité. Il est à croire que les per-

sonnes qui recueillent les ovaires dans les abattoirs pour le compte des maisons où l’on prépare des extraits. d'organes, ne se préoccupent pas de séparer les corps jaunes de vaches gravides de ceux de vaches non gravides et prennent indifféremment tous les ovaires ». :

De même les glandes génitales chez les animaux ont leur

activité maxima vers l’époque du rût, et cette activité est

ralentie aux autres époques de l’année. Il faut donc écarter les

ovaires des animaux qui n’ont point atteint la puberté où

— sont trop âgés. Chez les animaux à caractères sexuels secon-

daires temporaires, les glandes génitales ne fonctionnent qu'à une époque de l’année; il est vraisemblable que le sang effèrent de ces organes ne contient pas constamment une égale quantité de produit actif et qu'il y a des moments où il n’en contient point, bref, que cette quantité varie suivant diverses

conditions.

= Je donnerai ici encore une indication inédite que je tiens

d'un spécialiste. Il recherche les ovaires qui ont un follicule de Graaf mûr pour en extraire la folliculine, sécrétion qu’il visé spécialement. Prenant ces ovaires en grandes quantités, il comptait que, sur le nombre, il y aurait toujours un tant pour cent avec follicules mürs. Les faits ont démenti son calcul. Tantôt il lui est livré tout un lot d'oväires sans follicules de Graaf mûrs, tantôt le lot comprend une forte proportion d'ovaires avec follicules mûrs. Nous diviserons, aux points de vue du rût, du développement des foilicules de Graaf, et de la sécrétion de la folliculine, chaque espèce animale en plusieurs. types :

a) Le type sauvage. — Par intuition on a d’abord préféré leurs ovaires, par exemple on estimait que les ovaires de lapine de garenne, de chatte sauvage, étaient ‘plus actifs que ceux des mêmes espèces domestiques. Mais il faut savoir que le rût y est bien plus rare; il ne s'effectue, en général, qu'une fois par an, à l'été ou à l'automne.

b) Les espèces et races d'animaux domestiques ont des chaleurs plus fréquentes et sont plus prolifiques que leurs

correspondantes sauvages. Elles sont moins touchées par la

dureté du climat et la privation de nourriture. De plus, elles :

éprouvent des alternatives moins grandes dans leur régime. Nourries avec abondance et tenues sous des abris, elles sont aptes à propager leur espèce dans tous les temps : on peut,

en modifiant leur régime, augmenter ou diminuer leur apti-

tude, avancer ou retarder l’époque de sa manifestation, régler ainsi selon son intérêt, le nombre des naissances.

La domestication accélère L “ovulation et en rapproche les manifestations. Les exemples en sont frappants : chez les oiseaux, la poule domestique donne plus de cent œufs dans l’année, tandis que ses représentants sauvages n'en donnent qu'une vingtaine. La pintade de l’Ile de France pond annuellement de huit à douze œufs, tandis que celle de Saint-Domingueé devenue domestique en pond jusqu’à cent-cinquante. On observe les mêmes faits dans la série des mammifères, notamment des bestiaux. Plus la race est sélectiorinée, mieux elle est soignée, plus elle devient affinée ét plus la fécondité devient grande. Mais affinement et fécondité ont une limite.

c) Quand on pousse trop loin l'amélioration des races hyperaffinées, on les rend hypogénitales. En effet, on les spécialise dans une fonction où elles excellent, pour les ünes Ja lactation, pour les autres l’engraissement ; leur\énergie est déviée au profit de cette fonction. Alors les caractères sexuels S atténuent, le pigment diminue, l’animal tend à l'érytrisme, au delà à l'albinisme, il devient frigide et même stérile. La stérilité est l'écueil de l'élevage des races très améliorées. Obésité et albinisme sont des causes de frigidité et de stérilité et l’affinement les provoque par leur intermédiaire

(Gutknecht). : | à : Or, toutes ces distinctions ne sont pas. faites, bien évi- - demment, dans le choix des ovaires. I y a là une raison originelle pour que les résultats diffèrent.

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