IV. — PRODUITS FRAIS
Après S être occupé de la qualité de l'organe employé, de la méthode de dessication du produit, de sa présentation, la tâche du thérapeute n’est pas finie. 11 faut qu'il emploie la préparation opothérapique à l’état de fraicheur.
-Brown- Sequard et ses disciples immédiats employaient les organes frais. Le Professeur Gley a reconnu que les extraits perdaient rapidement leur action. I] a fait aussi cette constatation pour d’autres extraits de thymus et de thyroïde, quise comportent de la même façon, même s'ils ont été con-
servés à l'état sec et à l'abri de la lumière. L’extrait de thy-
mus devient sept. fois moins actif au bout de deux mois ; l'extrait de thyroïde, au bout d’un mois, a perdu un tiers de son activité. Et il croit que c’est à une simple différence dans l’âge de la préparation qu’il faut attribuer les variations d'effet signalées à maintes reprises par les médecinsdans l’emploi thérapeutique de l'extrait thyroïdien. De même les extraits d'organes conservés en poudres aseptiquement préparées et soigneusement dessichées perdent vite leur toxicité. | | Le Profeseur Gley en collaboration avsc Ch. Champy, observe que « les extraits de corps jaunes ne sont achifs, en général, qu’à la condition d’être employés frais ». L’extrait de corps jaunes périodiques de vache ne se conserve ni à la température ordinaire, ni à la glacièré, même en tubes scellés. Au contraire, l'extrait de corps jaune de vache gravide est toujours actif. Les extraits de corps jaunes de fruie et de brebis se comportent comme ceux de vache non gravide et perdent très vite leur toxicité. En conséquence on revient actuellement aux organesifrais, l'activité de l'extrait disparaissant | très vite par le vieillissement. Un procédé facile, déjà décrit par mélange de sels desséchants permet cette ingestion d’extraits frais. Le médecin peut l'exécuter lui-même en sactt = fiant un cobaye où un lapin. Ainsi il connaît l'animal sur lequel il a fait une prélèvement, et peut certifier la date de
Sa préparation. Ajoutons qu'il lui sera toujours lisible, s'il
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ne veut pas préparer lui-même, de s'adresser à un spécialiste (Regnault). |
En donnant des extraits frais, non seulement je médecin donne des produits plus actifs, puisque l’activité propre à la séciétion glandulaire s’altère rapidement avec le temps comme l’a montré le Professeur Gley, mais il donne des produits moins toxiques: |
H faut savoir que, même frais et recueillis avec tous les soins désirables, sitôt après la mort de l’animal, les extraits d'organes ont une foxicité normale, donc inévitable pour chaque produit. Elle existe sur les organes prélevés sitôt après la mort de l'animal. Cette toxicité, d’après Loisel, est plus forte en ce qui concerne l'extrait d’ovaire que les autres extraits d’orgänes. Il faut 30 centimètres cubes d'une macé-. ration d’ovaires de orenouille, 177 C:-C.. de reins et surrénales, 154 ©. c. de muscles, 233 c. c. de testicules, des doses énormes de foie gour tuer un animal en expérience.
On voit que la toxicité normale des ovaires est maxima par rapport à celle des autres glandes.
“Par ailleurs, les ovulés, dans certaines espèces, sont encore plus toxiques que les extraits d’ovaires. Loisel a encore montré que les œufs de grenouille, de tortue et de poule, qui sont chargés de deutoplasma lequel est produit par leur activité p-opre et ne se retrouve pas dans l'ovaire, sont très toxiques. Vignes a répété un grand nombre d'expériences de
cet ordre avec des extraits aqueux et des extraits lipoidiques,
App
et 4 vu que l'extrait d'œufs de poissons, chauffé et plus encore non chauffé manifeste comme l'extrait d’ovaire de truie une action toxique lente, se traduisant par une perte de pcids prog-essive pouvant aller jusqu'à la cachexie et même la mort. Telle est la toxicité physiologique. Il s’en ajoute une autre qui se développe par autolyse très vite après la mort de l'animal. Ghedini, puis G. Chamagne, qui en ont fait une étude approfondie, notent qu'elles varient suivant l'érgane considéré. Elles sont surtout marquées avec les thyroides sèches fournies par le commerce. Ces altérations ne présentent rien de spécifique, elles s’observént aussi bien avec la thyroïde qu'avec le pancréas, le thymus, la substance nerveuse, les testicules, les ovaires, etc... il n'y a qu’une ques-tion de degré; la thyroïde présente le plus rapidement des modifications post-mortem.
Pour constater la rapidité de production de ce pouvoir toxique, G. Chamagne prépare une glande après l'avoir laissé un, deux, trois jours ou plus, livrée à ché-même. Ces sucs.
lorsqu'ils sont injectés à des lapins sont d'autant plus toxi-
ques que leur ancienneté est plus grañde, avec limite maxima
au 5° ou 6° jour.
c) Il est une iroisième altération heureusement Lo rare, qui résulte de la putréfaction du produit. Elle est plus à craindre avec les extraits délipoidés et préparés en cachets
comme préviennent les spécialistes qui vendent ces prépa- :
ot
rations. La putréfaction peut donner des phénomènes toxiques banaux; troubles digestifs rappelant ceux d’une intoxication alimentaire, ou plus simplement malaises, palpitations, éruptions cutanées, urticaire, érythème papuleux. Souvent des praticiens ont cru que ces accidents prouvaient l’efficacité du produit alors qu’ils en prouvaient l’altération.
, … d) Enjin la toxicité des extraits varie suivant un grand nombre de conditions. Elle varie suivant la provenance (état de l'animal sur lequel on a recueilli les organes, sexe, âge, inanition, fatigue, activité sexuelle, etc…..), le mode de préparation, le temps qui s'est écoulé entre la récolte des organes ét la préparation des extraits, suivant la voie d'administration, le mode d'emploi (dilution, chauffage, vitesse de l’injection), le procédé de conservation... Il est certain que les ‘expérimentateurs ne se sont pas toujours gardés contre toutes
ces difficultés. De là sans doute une bonne part de contradictions que l’on remarque dans les résultats obtenus (Gley). 11 appartient au pharmacien spécialiste de s’entourer de toutes les garanties pour obtenir ét délivrer des produits qui ‘aient une toxicité normale et conservent leur activité spé- Re
Z Ve VOIE D’ADMINISTRATION Les extraits organiques ont d'abord été employés uniquement en injection. On à reconny plusieurs inconvénients
graves qui se résument comme suit : Tout liquide injecté doit.
être aseptique / or, en aseptisant l'extrait organique, on dé-
truit son activité.
On comprend l'intérêt qu'il y a à donner par la voie
buccale les extraits dui restent actifs par cette voie. Tous ne le restent pas. L’extrait testiculaire se détruit dans le tube
digestif, aussi son emploi est-il. généralement abandonné.
L'’extrait thyroïde, on le sait, reste actif. Il en est de même
de l'extrait ovarien, et actuellement son efficacité par cette ©
voie n'est guère mise en doute. Quand on ne réussit pas en un cas qui comporte Sa réussite, c’est qu'on n’a pas rempli
une des conditions précédentes.