I. — CASTRATION ET GREFFE
À) En physiologie. — Après les expériences décisives des biologistes, on a pensé à recourir en cas de castration, à la greffe d’ovaire.
Chez les animaux, ces greffes donnent des résultats impressionnants, aussi bien les greffes ovariennes chez les castrats femelles, que les greffes testiculaires chez les castrais mâles. Chez les animaux, la greffe prend aisément parce qu'il est facile de se procurer un organe chez un sujet de même espèce.
La greffe prend d'autant mieux que la parenté est plus étroite entre le donneur et le receveur. Et les effets physiologiques éclatent avec une absolue régularité, le type femelle apparaît après greffe d’ovaire.
Le lieu d'implantation est indifférent ; les reprises se font dans les endroits les plus divers. On greffe même l'ovaire
dans l'intérieur du testicule.
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Pourtant les observations sont moins probantes qu'elles paraissent à premier abord, car d’une part, les retours de menstruation,, après castration non suivie de greffe, ne sont plus exceptionnels, et d'autre part, des parcelles d’ovaires où des ovaires surnuméraires laissés en place, au cours de la castration, peuvent expliquer une grossesse ultérieure.
Quand il s’agit de greffes rajeunissantes, les résultats sont probants et ne prétend plus aux critiques précédentes.
Nous citerons comme démonstratifs les résultats obtenus par Steinach; cet auteur a été amené à faire des transplantations d’ovaires jeunes, sur de vieux rats du sexe féminin. C'étaient des bêtes amaïigries, dont les poils étaient tombés par places et dont l’état de torpeur complète indifférente était manifeste. Après la greffe, lappétit augmente, elles engraissent, le poil repousse, l’activité reparaît. Une expérience montre bien la nature de ces constatations. Il s’agit d’une rate âgée de vingt-six mois qui, depuis six mois n'avait plus
porté; mise avec des mâles, elle ne présentait aucun signe
d’exciiation, tout son dos était dépourvu de poils. Trans- à
plantation sous la peau de l’abdomen des deux ovaires d’une femelle gravide, âgée de quatre mois. Vinet-quatre Jours après, elle est en rût et accépte l’accouplement. Cinq semaines plus tard, elle est de nouveau en rût et souvent couverte. Vingt jours après elle est très grosse et a les mamelons gonflés. Au bout de vingt-trois jours, elle met bas cinq jeunes:
elle a alors vingt-neuf mois. Les petits se développent régu-
dr lièrement, Elle redevint sénile à trente-six mois. Ce qu’il y a de remarquable dans cette expérience, ce n’est pas seulement l’amélioration de l’état général par l'effet du fonctionnement de l’organe transplanté, c’est aussi et surtout la régénération des ovaires propres de la femelle sénile, régénération telle que celle-ci peut être fécondée, porter, mettre bas, allaiter; l'ovulation avec toutes ses conséquences redevient donc possible (Gley). Mais les succès de ce genre sont peu nombreux et Steinach avoue que le « rajeunissement » des
femelles est moins facile que celui des mâles.
B) Castration chez la femme. — La femme peut être atteinte comme l’homme, de castration prépubérale ou post-
pubérale.
La castration féminine prépubérale est rarissime. On l’a signalée dans l’Inde pour le recrutement d’eunuques femelles ? (Robert). Comme chez les garçons, la castration de la femelle permet le développement du type neutre : grande taille, longs membres, obésité, absence des caractères sexuels secondaires, bassin étroit, pas de menstruation l'utérus reste petit.
De même la castration pratiquée par les éleveurs chez les jeunes vaches et les jeunes truies, donne le type neutre.
La castration féminine post-pubérale est d’une extrême fréquence en chirurgie gynécologique. Les résultats au point de vue de l’anovarie sont des plus variables. Tantôt des trou-
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bles surviennent, soit très rapidement, soit tardivement après quelques années. Les règles sont souvent supprimées, non toujours. Elles sont remplacées par des troubles vaso-moteurs, bouffées de chaleur, malaises, migraines, algies, légère hyperthermie. |
L'hypertension est fréquente. Chez une femme hypertendue, la castration est souvent le seul facteur étiologique. Cette hypertension par castration se produit dans plus de 1/10 des cas (Paillard).
Souvent les caractères sexuels secondaires s’atténuent, seins flétris, voix grave. Le libido, souvent supprimé, s’exa-
gère chez certaines femmes. Il y a enfin tendance à l'obésité.
C) Grejffe ovarienne chez la femme. — Dans l'espèce humaine la grande difficulté pour obtenir des greffes génitales provient de la quasi-impossibilité de se procurer des organes génitaux de sujets de même espèce. On sait que les organes génitaux d'espèce différente ne prennent pas et se résorbent.
Quand par hasard on parvient à pratiquer une homogreffe, les résultats peuvent être aussi bons que chez les animaux. me Du
Nous en donnons un exemple qui concerne Je testicule. Lydsion (1914) rapporte : à la suite d'une orchite double. un garçon de 13 ans présente une atrophie presque complète des testicules. À 10 ans, il a des caractères féminins :
son pénis a |£s dimensions de celui d’un enfant de 3 ou 6 ans. On pratique l'implantation de testicules prélevés chez un garçon de 15 ans qui vient de succomber à une intoxication par le gaz. Les caractères sexuels deviennent masculins et la virilité s'établit.
Ce sont là cas exceptionnels. Qu'il s'agisse d’homme où de femme, en fait la plupart des greffes échouent chez la femme. Quelques-unes de ces ereffes sont douloureuses et elleS subissent périodiquement des poussées congestives très pénibles (Tuffier), si bien qu’en définitive la méthode est plus intéressante au point de vue-biologique et théorique qu'au point de vue chirurgical et pratique. Presque tous les
chirurgiens l’ont actuellement abandonnée.