CHAPITRE PREMIER
L'Ovaire interstitiel, le Follicule de Graaf et le corps jaune au point de vue endocrinien
Les organes femelles ou ovaires, logés dans le bassin, au nombre de deux, un droit, et un gauche, ont un format et
un poids qui augmente de la naissance à l'âge adulte. Chacun
DÉS Chez le nouveau-né ... de o gr. 50 à o gr. 60. he? l'enfant sic de 2 gr. à 3 °2r.
A A AUbDAe er. de + 0-2 evr.
Chez taduie er trdé-60r à 8 gr.
On crut longtemps que l’interrelation des organes ne s’ef- . fectuait que par l'intermédiaire du système nerveux. Le rôle des sécrétions internes fut établi définitivement par les travaux histophysiologiques de l'Ecole Française, Prenant et ses élèves, Simon, Ancel et Bouin.
Longtemps on crüt que l’ovaire n'avait qu'une fonction de sécrétion externe caractérisée par l'ovulation, comme le testicule n'avait qu’une fonction de même ordre caractérisée
par la spermatogénèse. La notion d’une sécrétion interne de :
l'ovaire fut admise par Brown-Séquard comme la seule hypothèse capable d'expliquer les effets de la castratioh ovarienne. « Il est évident disait-il, que le suc ovarique . agit comme le suc testiculaire, mais avec moins de puissance, il
est évident aussi que c’est par une influence dynamogénique
exercée sur les centres nerveux que le qu retiré des ovai-
res des animaux agit sur les femmes ». On administra le suc ovarique comme le suc testiculaire
à titre de remède. Citons notamment Th. Landau qui, dès 1806, a donné de la substance ovarienne à des femmes aménorréiques ou arrivées à la ménopause et a constaté souvent
la disparition des accidents d'insuffisance ovarienne. Citons
encore Maiszer, Richter et Lœvy, Jayle, etc... Cette opothé-.
rapie, dit Carnot, est actuellement une de celles qui donnent
le plus de succès en thérapeutique.
L'ovaire comprend, une substance médullaire qui est.
conjonctive et très vasculaire, et une substance corticale essentiellement constituée par les follicules de Graaf. A la nubilité, et chez l'adulte, les follicules se trouvent à divers stades de développement : les uns, frès petits et de structure simple, sont les follicules primordiaux. Les autres, plus ou moins
voisins de la maturité, ont une structure complexe.
Il faut considérer le rôle physiologique de l'ovaire avant
et après la nubilité.
AVANT LA NUBILITÉ. — Dès sa formation, l'ovaire -
produit une sécrétion endocrine qui joue un rôle morphogène.
SE à re
Les caractères sexuels primaires différencient la glande génitale indifférente en mâle ou femelle. Ce premier dimorphisme suit chez l'embryon la période d'indifférence sexuelle qui persiste les sept premiers jours chez le poulet. Alors les ovocytes commencent à croître chez la femelle, tandis que, chez le mâle, les gotiocytes se multiplient sans se modifier sensiblement. >
Puis se forment, chez l'embryon, les dépendances de l'organe sexuel : trompes, utérus, vagin, vulve et clitoris chez la femelle, épididyme, canaux déférents, vésicules séminales et prostate chez Je mâle. Ces dépendances sont qualifiées caractères sexuels secondaires. I1 faut les distinguer par l’appellation de précoces, de ceux qui apparaissent à la nubilité. Or, les caractères sexuels précoces dépendent déjà des -sécrétions génitales. Le fait a été prouvé par l'Américain Lillie, de Chicago : grâce au matériel si abondant des abattoirs de cette ville, il put, chez les vaches, étudier les jumeaux de sexe différents dont le système vasculaire communiquait par leur amnios. Il vit que chez le jumeau femelle, les hormones testiculaires ‘ produisaient une hypertrophie du clitoris qui s’allongeait en verge, et les chalones testiculaires produisaient un arrêt de développement du vagin, de la matrice, des trompes.
Il “ést de même probable que les ovaires, avant la période de mürissement des ovocytes, produisent des sécrétions
morphogènes. Ces sécrétions agissent à la naissance : chez
les nouveau-nés vers quatre ou cinq jours, il n'est pas raré d'observer par la vulve un écoulement de sang, qui dure ui ou deux jours. Cette menstruation s’accompagne de tuméfaction et rougeur des grandes et petites lèvres et de manifestations lointaines, tuméfaction des glandes mammaires, sécrétion de colostrum, sécrétion sébacée (Vernix caséosa). On
rencontre également chez les garçons une crise pubertaire qui
avorte rapidement. Les examens anatomiques montrent l’aug-
mentation de volume de l'ovaire, l'hyperhémie de l'utérus.
Déjà le physiologiste Rouget attribuait ceite congestion à une
poussée incomplète de l'œuf et Pinard a observé la rupture récente d’un follicule de Graaf. Si les différences sexuelles sont peu accusées chez la plupart des animaux avant la puberté ou la nubilité, il est quelques espèces animales où ces ‘différences sont déjà acceniuées. Chez l’homme,! durant, toute l'enfance, on observe de légères différences sexuélles
entre les deux sexes : les formes sont plus adoucies chez
la fillelte, qui a en général des forces musculaires moindres.
Les anthropologistes ont étudié la croissance des garçons et des
filles. D'après eux, la croissance des garçons serait plus
rapide.
À ces différences physiques correspondent des différen-
ces morales. La fillette, en général, est moins turbulente, plus
douce. J'ai observé, dans les écoles primaires mixtes, qu'aux
heures de récréation, après quelques essais de jeux en com-
Ss
At
mun, les fillettes quittent les garçons et se réunissent dans
un coin de la cour pour jouer entre elles et sans eux.
2° APRÈS LA NUBILITÉ. — On attribua longtemps le ru uniquement à un réflexe nerveux dont le point de départ était mécanique, à savoir chez la femelle l'éclatement d’un folli-. cule de Graaf. On ne parlait aucunement de la voie sanguine.
Il est aujourd’hui prouvé qué le libido et le comportement sexuel sont le fait des sécrétions élaborées par les organes génitaux, au même titre que l'écoulement menstruel et à les modifications génitales qui l'accompagnent. Donc, outre l'action continue exercée par Jes hormones ovariennes sur les carctères sexuels de l’ensemble de l'organisme, celles-ci jouent un rôle spécial sur la menstruation, le rut, la gestation et la lactation. Fe | | En ce qui concerne les rapports entre l'ovaire et la mensiruation, un point est acquis : les cycles du rut menstruel sont en corrélation avec un cycle ovulaire de sécrétion interne qui les conditionne et qui règle leur rythme, mais qui est influencé par eux en retour.
L'évolution de l’ovule retentit profondément sur l’organisme, faisant naître un ensemble de modifications au niveau du tractus génital et de la glande mammaire. Ces transformations morphologiques évoluent suivant un cycle sexuel en relation avec le cycle ovulaire qui les provoque : ainsi les mêmes phénomènes se reproduisent toujoürs au cours de la même phase du cycle (Courrier).