‹ L'Opothérapie Ovarienne en GynécologieChapitre 6 sur 23 · NES · texte numérisé non relu

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Il y a dans le cycle ovarien deux périodes ou phases : folliculaire, puis lutéinique. Examinons-les :

I. —— On sait que le cycle sexuel chez la femme évolue en vingt-huit jours, la menstruation le termine. Pendant les jours qui suivent les règles, les follicules ovariens ou ovisacs s’accroissent et mûürissent. De microscopiques, ils arrivent à devenir visibles à l'œil nu, acquièrent le volume d'un pois à une cerise, suivant le format de l’animal; ils font saillie à la surface de l'ovaire, y forment une vésicule remplie de liquide. L'ovisac est tapissé en son intérieur d’une couche de cellules endothéliales ou couche granuleuse, celle-ci est épaissie en un point appelé disque proligère qui contient l’ovule. Ces cellules sont regardées comme sécrétrices par Pézard et Caridroit. Elles produisent les modifications qui suivent :

Pendant leur phase jolliculaire, la mamelle subit un léger accroissement ; les glandes de l'utérus s’allongent un peu et leur épithélium sécrète, la trompe de Fallopz sécrète très abondamment, l'épithélium vaginal s'épaissit. Il se produit. en effet, pendant cette période prémenstruelie, une fluxion utérine plus ou moins marquée et des modifications de !a . muqueuse comme si celle-ci‘ «’Se préparait » à la nidation. En même temps tout l'organisme passe par une crise : le sang véhicule une plus grande quantité de glycose, de choles- ‘érine, de calcium; la vitesse du pouls, la tension, le métabolisme basal, la température augmentent; i! se manifeste

souvent une tendance à la constipation qui disparaîtra lors

de l'écoulement; la thyroïde et l’hypophyse deviennent plus actives pour présider à la métamorphose de la muqueuse utérine; le libido sexuel se précise chez un grand nombre de femmes. Tous ces phénomènes, peu et même très peu marqués chez la femme normale, s’exagèrent chez les femmes « nerveuses » dont le sympathique et les glandes cataboliques réagissent avec exagération (H. Vignes).

L'injection de liquide folliculaire chez des femelles impubères ou castrées, provoque une congestion intense du trac tus génital, Ces phénomènes très précoces dans leur apparition, disparaissent rapidement quand on cesse les injections (Watrin].. *

Il. PHASE LUTÉINIQUE. — La vésicule se rompt et laisse échapper l’ovule; cette rupture accompagne d'habitude la menstruation (Nobécourt). La phase folliculaire se termine douze ou quatorze jours après le début des époques. L'incertitude demeure pour préciser à quel moment du “cycle de la transformation folliculaire se place l'écoulement sanguin menstruel. La date de rupture de l’ovule varie d’ailleurs suivant les espèces animales. Ainsi chez la lapine la rupture n’a lieu qu’au moment du coit et seulement s’il y a coiït. Chez la femme, au contraire, chaque menstruation produit une rupture. Chaque rupture amène l'écoulement du liquide folliculaire dans le péritoine ; elle équivaut donc à une injec-

tion sine pOrOnÈne de ce liquide.

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Après la rupture, le follicule produit le corps jaune, par la prolifération de son enveloppe conjonctive el aussi de son épithélium. Ces cellules se multiplient et se chargent de pig-

ment et de gouttelettes graisseuses, qui donnent l'aspect jau-

nâtre caractéristique (cellules lutéales). Après un certain

temps, ces cellules perdent leurs contours, et s’accolent en travées épaisses, la substance jaune: se résorbe et il ne reste

qu’une cicatrice. En dehors de la grossesse où ils deviennent

et restent volumineux, les corps jaunes restent petits et réeressent en six ou huit-semaines. Les premiers sont les vrais -

corps jaunes ou mieux corps jaunes de gestation, les seconds

sont les faux corps jaunes, ou mieux corps jaunes périodiques.

Les faux corps jaunes produiraient, pour les partisans

de la sécrétion interstitielle, les cellules interstitielles, celles-

ci naîtraient à leurs dépens. Au contraire, pour Gley et Pézard, les cellules interstitielles n’auraïent point de rôle sécrétoire. La sécrétion du corps jaune, d'après Fraenkel, vasodilate les vaisseaux utérins, prépare la muqueuse à recevoir l'œuf fécondé, et assure le développement ultérieur de l’embryon. Frœnkel, Ancel et Bouin, Villemin se sont attachés à dissocier les effets attribuables à l'ovaire d’une pzrt, au corps jaune d'autre part. Ils ont prouvé, chez la lapine, le rôle en-

docrine du corps jaune sur la mamelle et sur l'utérus que les

dernières recherches effectuées sur la femme par Sfameni et

Watrin ont vérifié : le corps jaune prépare l'utérus à la vida-

nt

tion .de l'œu!:; la régression du corps jaune entraîne celle de l'utérus qui s'accompagne d'hémorragie chez la femme.

Au cours de la phase lutéinique l’oviducte entre au repos sécrétoire ; l'épithélium du vagin desquame, la glande mammaire s'hypertrophie, et l’utérus présente un développement considérable de ses glandes, de son chorion, de son muscle.

Quand le corps jaune a cessé son action, qui ne dure que quelques jours (à moins de grossesse), mamelles et utérus régressent. La régression du corps jaune, à la fin du cycle, est soulignée par la menstruation au cours de laquelle l'édifice endométral s'effondre.

L'irradiation par les rayons Rœnigen des ovaires de la lapine, pratiquée par Bouin, Ancel et Villemin, atrophie les follicules evariens et empêche la formation des corps jaunes. Elle agit comme la castration et arrête le développement de out l'appareil génital et des mamelles. -

L’injection d'extraits de corps jaunes à des femelles châ- : irées entraîne une congestion intense des organes génitaux et suscite les manifestations du rût (Marshall et Jolly). La des truction expérimentale des corps jaunes détermine l'atrophie de l'utérus et des trompes et, en cas de gestation, tantôt l’a- . vortement, tantôt la résorption de l'œuf. Le corps jaune, pendant le cours de la gestation, préside aux modifications sécréfoires de l'ovaire endocrine. Il règle l'évolution de la gestation, s’il est détruit il y a avortement. L'action du corps jaune

s'explique par la production d'une substance excitante qui a

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