Pline, Epist., VIII
2. C’est encore l’opinion de Cicéron qu’il est bon que, dans les provinces, les villes soient administrées par l’aristocratie, ut civitates optimatium consiliis administrentur. Ad. Quint., I, 1, 25.
mais, une fois cette révolution accomplie, elle les laissa se gouverner comme elles l’entendaient.
Ainsi Rome n’eut pas cette manie puérile qu’on lui suppose de vouloir tout réglementer, de tout détruire pour le plaisir de tout renouveler et de ne rien souffrir qu’elle n’eût pas fait. Elle n’était point blessée de voir des archontes à Athènes, des démarques à Naples, des suffètes à Carthage ; elle laissait à la Sicile les lois d’Hiéron, elle administrait l’Égypte avec les règlements des Ptolémées. Elle ne chercha point à imposer au monde une constitution uniforme; elle n’essaya pas de ramener violemment à l’unité des peuples de races diverses. Cette unité se fit cependant; mais il ne serait pas difficile de prouver qu’elle se fit sans contrainte, que les vaincus la souhaitaient encore plus que le vainqueur, et qu’elle fut plutôt l’œuvre des sujets que celle du maître. Les peuples éprouvèrent tout d’abord un tel attrait vers la cité romaine, que plusieurs, qui voyaient bien qu’ils ne pouvaient pas s’en défendre, prièrent Rome de les protéger contre eux-mêmes. Les Germains, les Insubriens, les Helvètes et d’autres peuples barbares de la Gaule stipulèrent, en traitant avec elle, qu’elle n’accorderait à aucun d’entre eux le droit de cité, même quand ils le demanderaient 1 : tant ils se sentaient v incapables de résister tout seuls à cet entraînement! Ces stipulations furent vaines, et de tous les côtés on vit les vaincus, avec un empressement étrange, quitter leurs usages nationaux et renoncer à leurs lois. Une sorte d’uniformité s’établit donc peu à peu dans l’empire ; mais il importe de remarquer que ce fut plutôt l’effet de l’élan spontané des peuples que de l’intervention du