‹ L'Opposition sous les CésarsChapitre 85 sur 206 · Trist., III · texte numérisé non relu

Trist., III

Nil igitur referam, nisi me poccasse, sed illo Præmia peccato huila potita mihi.

l’exil d'ovide.

diment engagé, finit d’une manière violente. Les deux amants, dans l’emportement de leur passion, oublièrent d’être prudents. Il dut y avoir quelque orgie plus folle, plus bruyante que les autres, peut-être une scène comme celle de la tribune et du Forum, qui avait amené le châtiment de la première Julie. Ovide, pour son malheur, y assistait. Si l’on en croit ses protestations, il ne savait rien d’avance, il ne se doutait pas de ce qui allait se passer L II ne prit aucune part directe à la fête et n’en fut que le témoin. Comme Actéon, il avait vu 1 2; c’était son seul crime : il y en avait bien assez pour le perdre.

L’affaire fit du bruit. Rome, selon Tacite, était une ville où tout se savait et se disait 3. Quelques-uns des témoins parlèrent; Ovide, qui se trouvait être un des plus connus, fut aussi le plus compromis. Peut-être les autres l’accusèrent-ils pour se justifier. « Ai-je besoin, dit-il, de rappeler le crime de mes compagnons et de mes serviteurs4?» Fabius Maximus, un de ses protecteurs, l’apprit comme les autres. Il essaya d’obtenir de lui un aveu et lui fit comprendre le danger qu’il courait. « J’avouais timidement, dit le poète, ou j’essayais de nier, et, semblables à la neige qui fond au souffle humide de l’auster, des larmes coulaient malgré moi sur mon visage épouvanté 5. » Auguste aussi finit par l’apprendre, et, dès qu’il le sut, il se vengea. Ce qui est très remarquable, c’est que le plus puni fut Ovide, qui n’était pas le plus coupable. Julie ne sortit pas de l’Italie. Silanus pouvait rester à Rome ; il s’exila volontairement,

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