Trist., I
... hanc merui simplicitate fugam.
Trist., III, 6 :
... stultitiamque meum crimen debere vocari.
142 l’opposition sous les césars.
«Ma seconde faute, dit-il, c’est d’avoir été timide1,» ce qui signifie, je pense, qu’il n’a pas osé parler; il n’a rien dit ni aux jeunes gens pour les ramener au devoir, ni à l’empereur pour lui révéler leur crime. Il avait peur, et ce n’était pas sans motif. Sa position était pleine de périls. Son silence l’a perdu, il pouvait se perdre en parlant. D’ailleurs à ce moment il était engagé luimême. Ses premières complaisances n’étaient peut-être pas coupables : insensiblement elles l’étaient devenues. Une faiblesse en amène une autre dans ce commerce de tous les jours, et elles s’enchaînent si bien ensemble qu’il est difficile de dire à quel moment précis on devient criminel. « Vous me pardonneriez, dit-il, si vous connaissiez toute la suite et l’enchaînement de mes malheurs 2. » On devine à peu près quel genre de services il pouvait rendre. C’était sans doute un de ces confidents d’amour qu’on introduit volontiers dans les liaisons les plus intimes pour rompre de temps en temps le tête-àtête lorsqu’il pèse. Personne ne devait savoir aussi bien que ce poète et ce bel esprit égayer un entretien et animer une fête galante. Il faut croire qu’il poussait assez loin son obligeance, puisqu’il éprouve le besoin de la justifier. Il reconnaît qu’elle était blâmable, mais il s’empresse d’ajouter qu’au moins il n’en a jamais tiré aucun profit 3. Cette aventure, dans laquelle il s’était si étour-