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Pont., III

152 l’opposition SOUS LES CESARS.

désespérés qu’il a faits pour en sortir. Il s’adresse successivement à tous ses amis, il les fatigue de ses prières et les supplie d’obtenir de Yhomme céleste 1 qu’il a outragé non pas sa grâce entière, il n’ose pas y compter, mais un adoucissement à son exil. Il leur écrit d’abord sans les nommer de peur de les compromettre; puis, comme il s’impatiente d’attendre, il devient moins timide et plus pressant ; il les invoque par leur nom pour les engager davantage dans sa cause ; il espère qu’interpellés directement ils n’oseront pas lui refuser leur appui, que l’opinion publique pèsera sur eux et les forcera de tenter quelque effort en sa faveur.

Parmi les personnes dont il implore ainsi le secours se trouve d’abord sa femme, — car le poète de l’Art d’aimer, l’amant de Corinne, était marié. On est fort surpris de l’apprendre, et on se le figure difficilement dans un ménage régulier. Il s’était pourtant marié trois fois. Le divorce l’avait séparé de ses deux premières femmes, dont il dit peu de bien, et qui avaient sans doute aussi beaucoup de reproches à lui faire. La dernière était alliée à des familles très importantes et amie personnelle de l’impératrice Livie. Ovide l’avait épousée quand il cherchait à prendre pied dans le monde officiel et à se glisser jusque dans l’intimité d’Auguste : c’était un mariage de politique. Il est probable qu’il garda toujours beaucoup de ménagements pour une personne si bien apparentée, mais on ignore tout à fait si elle lui était aussi agréable qu’elle pouvait lui être utile ; jusqu’à l’époque de sa disgrâce, elle n’occupe aucune place dans ses poésies, ce qui peut laisser soupçonner qu’elle n’en tenait guère dans son coeur. Cette affection, jusque-là si discrète se

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