Pont., III
l’exil d’ovide.
appartiennent à l’histoire politique cle Rome autant qu’à son histoire littéraire. Ils nous font assister au déclin de ce règne dont Horace et Virgile avaient salué les débuts triomphants. Ils nous montrent par quels degrés un prince qui jusque-là avait usé modérément de son autorité, attristé par le mauvais succès de ses réformes, aigri de la résistance inattendue qu’elles rencontraient, impitoyable pour tous ceux qu’il soupçonnait de l’avoir encouragée, fut entraîné par sa colère à s’écarter de la conduite habile et généreuse qu’il avait suivie, et, après s’être glorifié longtemps de respecter la liberté de parier et d’écrire, finit par condamner les écrivains à l’exil et les livres au feu, en sorte que, selon le témoignage de Dion, il devint à charge aux Romains, qui l’avaient tant admiré, et que le monde se sentit soulagé quand il mourut. Les dernières années d’Auguste, comme celles de Louis XIV, nous enseignent qu’il est difficile au pouvoir absolu de se maintenir et de durer, et que le temps, qui affermit les autres régimes, use celui-là. En les étudiant dans les ouvrages d’Ovide, nous comprenons comment il put naître alors, malgré l’éclat apparent de ce règne, une opposition sourde dont Auguste, au milieu de sa gloire, fut impatienté et qui irrita bien plus ses successeurs*