PETITE OUVERTURE SANS OBJECTIF
La manière la plus simple de créer une image pouvant être photographiée, consiste à percer un petit trou, qu'on désigne parfois sous le nom de sténopé, dans la face antérieure de la chambre
Fig. i35.
noire. L'image de tous les objets situés en avant vient se peindre sur la paroi plane ou courbe AB {fig^ ï35), quelle qu'elle soit.
Dans ce cas, la profondeur de foyer et la profondeur de champ sont infinies; l'image est toujours au point; le rapport de réduc-
tion des objets représentés est égal au rapport des distances de S à
O PS l'image et à l'objet: -^ = ^t^- Le champ est considérable ; si le
trou est percé en mince paroi {fig. i36), ce champ peut aller jusqu'à i5o® ou i6o®. Mais il n'y a pas intérêt à dépasser 90®, car le faisceau perd, dans ces conditions (voiV p. loi), les | de son éclat; de plus, à angle trop ouvert, la perspective plane donne des images déformées et choquantes. Tel l'aspect offert par une colon-
Fig. 187.
nade i^fig* li']) prise d'un point de vue O, placé très près du tableau.
L'emploi du petit trou, à côté de quelques avantages, présente
NOMENCLATURE 0E8 OBJECTIFS. l43 ,
deux gros inconvénienls. Le premier, c'est de donner très peu de clarté. L'éclat intrinsèque de l'image au centre est, en eflFet, de
D désignant le diamètre de l'ouverture et K sa distance au plan de l'image.
D ne peut être que très petit, car c'est de D que dépend la netteté relative de l'image. Cette image est formée, en effet, de faisceaux cylindriques qui s'appuient sur les bords du trou, et la netteté en un point quelconque sera toujours inférieure à D. Il faut donc, pour avoir une impression nette, diminuer D, mais alors on diminue la clarté; de plus, au-dessOus d'une certaine limite, il y a diffraction des rayons lumineux et l'image disparaît.
Enfin, il y a une certaine relation à observer entre D et K; à une certaine distance de la paroi antérieure, en effet, l'image disparait, les rayons qui devraient la produire se fondent, pour ainsi dire, s'évanouissent dans l'espace, et l'on n'a plus d'image.
M. le capitaine Colson a trouvé (Bulletin de la Société française de Photographie, année 1888) que, à chaque valeur de R, correspond une valeur de D pour laquelle la netteté de l'image passe par un maximum.
La relation empirique qui existe entre ces deux quantités et qui détermine par conséquent ie foyer correspondant à une ouverture donnée est la suivante :
ou, plus généralement, en faisant intervenir la distance P de l'objet à photographier,
qui permet de résoudre tous les problèmes relatifs à l'emploi d'une petite ouverture.
CHAPltRE VU.
L'objectif simple a l'avantage de donner des images brillantes, parce qu'il y a peu d'absorption de lumière, en raison de la faible épaisseur de verre à traverser par les rayons, et peu de réflexions internes, à cause du petit nombre de surfaces de séparation. Les inconvénients de son emploi proviennent du rôle considérable dévolu au diaphragme, et de l'obligation qui s'impose d'en réduire le diamètre pour augmenter la profondeur de foyer et le champ, et combattre l'astigmatisme et les aberrations suivant l'axe. La clarté est donc faible, le champ restreint et la distorsion inévitable.
L'objectif simple se compose toujours de deux, trois ou quatre lentilles collées ensemble, ou très rapprochées, et d'un diaphragme placé en dehors, du côté de l'incidence.
Lentille double. — Cet objectif comporte une lentille achromatique, formée d'une combinaison normale ; les verres composants
Fig. i38.
ont tantôt la forme biconvexe et biconcave (y?^. i38), tantôt la
Fig. 189.
forme de ménisque (Jig- ï^g); l'ensemble forme toujours un mé-
(') La plupart des reaseignemeots relatifs aux objectifs sont empruntés à Texcellent Ouvrage de M. Wallon: Traité élémentaire de l'objectif photo graphiqtLC. Grand in-8; 1891 (Paris, Gauthier- Villars et fils).
NOMENCLATURE DES OBJECTIFS. l4^
nisque convergent, tournant* sa concavité vers l'objet. Le diamètre de la lentille est égal à environ le j de la distance focale.
Le diaphragme est placé en avant, à une distance égale au diamètre de la lentille.
Avec un diaphragme de diamètre -5- > le champ de netteté ne
dépasse pas 36®.
La distorsion est sensible, parce que le diaphragme est loin du point nodal d'émergence de la lentille.
L'introduction du caractère anormal a donné naissance à de nouveaux objectifs simples.
Tel esl]e Plan anastigmat de M.Zenger(^^. i4o), formé d'une
Fig. 1^0.
lentille plan-convexe en crown lourd à faible pouvoir dispersif, et
d'une lentille plan-concave de même rayon, en crown léger d'un
pouvoir dispersif supérieur, quoique faible encore. L'astigmatisme
est corrigé, et l'aberration sphérique suivant l'axe n'a que peu
F d'importance, à cause de la petitesse du diaphragme — •
Lentille triple. — Il existe trois combinaisons différentes, dues à Dallmeyer ; toutes trois composées de trois ménisques, F un divergent en flint et les deux autres convergents en crown formant avec le premier deux combinaisons normales.
Dans V objectif simple grand angulaire {fig- i40) ^^^ quatre courbures sont fortes; le diamètre de la lentille est d'environ le ^ de la distance focale; le diaphragme est situé en avant, à une longueur égale seulement au rayon de la lentille, d'où résulte que la distorsion est moindre que dans le cas précédent, et que le champ, plus considérable, peut aller jusqu'à 92®.
L'objectif grand angulaire pour vues, ou simplement Landscape, M# " 10
l46 CHAPITRE VII.
ne diflière du précédent qu'en ce que les courbures sont moindres, le champ moins étendu, la dislance focale et la clarté plus grandes,
Fig.
Enfin, dans le troisième type, dit rectilinéaire pour vues {yfig- 142), deux des lentilles, dont la divergente, sont assemblées
Fig. 142.
et collées en un ménisque de convexité tournée vers l'objet; la seconde lentille convergente, également sous forme de ménisque, est séparée des deux autres par une lame d'air et tournée en sens contraire. On supprime ainsi presque complètement la distorsion.
M. Wallon a calculé (voir Bulletin de la Société française de Photographie, année 1894) un objectif formé d'une lentille triplenormale-anormale, corrigée à la fois au point de vue de l'aplanétisme et de l'astigmatisme. Cette lentille n'a pas été construite, faute de verres convenables.
Chacune des lentilles triples du Doppel Anastigmat de Goerz, dont il est question plus loin, est aussi une combinaison normaleanonnale, corrigée et pouvant servir seule.
Lentille quadruple. — Zeiss a construit les lentilles anastigmatiques, formées de quatre lentilles collées {fig» i43), une paire normale et une paire anormale, et donnant avec le diaphragme
F p un champ de 5o® environ.
NOMENCLATURE DES OBJECTIFS. l47
A l'objectif simple se rattachent encore deux expressions parfois employées en Optique photographique : la lentille croisée est «ne lentille biconvexe dont les courbures sont calculées de façon que
Fig. 143.
l'aberration longitudinale de sphéricité soit minimum. Pour un indice de réfraction égal à |, ses deux rayons sont dans le rapport de |, la face d'incidence étant la plus courbe; l'objectif /?ow/Ta est formé d'un crown biconvexe et d'un flint biconcave, calculés de façon à rendre l'astigmatisme minimum.