DEUXIÈME MEMOIRE
PRODUCTION ARTIFICIELLE DE l’oR PAR l’oxYDATION DES SULFURES.
Les pyrites en décomposition fournissent presque toujours de l’or, c’est un fait bien connu, que j’ai eu occasion d’observer dans plusieurs contrées du Mexique, spécialement près de Sapotran el Grandé, où se trouve une montagne du sulfure de fer en décomposition. La rivière qui passe au pied de cette montagne charrie de l’or en assez grande quantité pour donner lieu, dans la saison des pluies, à une exploitation lucrative.
Dans la contrée de Guanajuato, près des mines de la Luz, où il existe aussi des pyrites en décomposition, on rencontre des veines d’or ; à la vérité, elles ne sont pas
L OR
riches, mais elles confirment ce fait que, dans le voisinage des pyrites, on peut presque toujours constater la présence de l’or. J’ai pu m’assurer que ces pyrites contiennent des traces de sulfure d’argent. Dans mon opinion, c’est ce sulfure qui produit le plus directement l’or ; les autres sulfures peuvent éprouver la même transmutation, mais plus lentement, par un travail plus long, et le plus souvent en passant pardifférentes stations intermédiaires, tandis que le sulfure d’argent passe directement à l’état d’or.
Dans la première partie de mes mémoires sur la transmutation des métaux, j’ai signalé la mine de Sulfure d’argent de M. Gonzalès, près de Cozala, comme l’une des mines de ce sulfure les plus riches^en or qui soient dans tout le Mexique. Cette mine, peu profonde, est voisine de sources d’eau chaude sulfureuse ; la transmutation du sulfure d’argent en or doit être certainement favorisée par l’élévation de température produite par la proximité de ces eaux thermales.
Guidé par ces observations, j’ai entrepris une série d’expériences, dans le but de constater si réellement, dans la décomposition des sulfures il se produit de l’or. Cinq de ces expériences ont été commencées en 18^2 ; sur ce nombre, deux seulement, la seconde et la troisième, ont pu être amenées à donner un résultat.
2' expérience. — J’ai formé un mélange des substances
suivantes :
Silice pulvérisée 30 parties.
Alumine 20 —
Fer. 15 —
Cuivre 15 —
Argent 20 —
A ces substances obtenues à leur plus grand état possible de pureté, avant d’en opérer le mélange, j’ai ajouté de la fleur de soufre, puis j’ai chauffé pour dégager l’excès de souffre ; j'ai divisé de nouveau la matière, et je l’ai laissée pendant deux mois exposée au contact de l’air. Au bout de ce temps, je l’ai arrosée avec de l’eau aiguisée de 1 5 p. 0/0 d’acide nitreux. J’ai eu soin d’agiter de temps en temps pour donner accès à l’air, et j’ai maintenu le tout constamment humide, en l’arrosant du même liquide. Au bout d’un certain temps, la matière s’est oxydée ; il s’est formé des cristaux, des sulfates, des métaux en présence; la matière a pris une nuance verte. Afin que l’oxydation fût aussi complète que possible, j’ai continué à opérer de même pendant toute une année. Alors seulement j’ai soumis la matière à un essai pratiqué en petit : j’ai obtenu des traces appréciables d’or.
J’ai soumis la matière à une chaleur assez forte pour
décomposer les sulfates formés dans la première partie de l’expérience. J'ai ajouté de nouveau de la fleur de soufre en quantité suffisante pour transformer en entier la matière en sulfures.
J’ai recommencé l’expérience et l’ai continuée comme je viens de l’exposer, sans y apporter aucune modification ; j’ai renouvelé trois fois toutes les mêmes manipulations. La matière, essayée par le mercure, m’a donné, )
sur cent parties d’argent, 0,0012 d’or. i
5'’ expérience. — J’ai employé, pour cette expérience, '
les mêmes substances, dans les mêmes proportions que pour L’expérience n° 2. J’ai fait dissoudre tous ensemble les métaux dans l’acide nitrique pur. J’ai ajouté à la dissolution la silice et l’alumine pulvérisées ; j’ai fait passer dans la liqueur un courant d’hydrogène sulfuré, jusqu’à précipitation complète des métaux dissous. J’ai fait évaporer jusqu’à siccité, puis j’ai exposé la matière au contact de l’air. La silice et l’alumine ont facilité la division des sulfures, et, par conséquent, l’accès de l’air dans la masse ; mon but était d’activer l’oxydation et de vérifier en même temps si la présence de la silice et de l’alumine ne favoriserait pas la transmutation. Au bout de six semaines, j’ai arrosé la matière avec un peu d’acide nitrique étendu de quinze parties d'eau. J’ai continué cette ma-
nipulation comme dans l’expérience précédente. Quand la masse a été oxydée en totalité, j’en ai fait l’essai ; l’or m’a paru être en quantité plus faible que dans l’expérience n° 2. J’ai ajouté assez d’eau pour dissoudre tous les sels solubles qui s’étaient formés, puis j’ai fait passer dans la dissolution un courant d’hydrogène sulfuré, pour transformer de nouveau les métaux en sulfures; j’ai évaporé l’excès de liquide, et poursuivi l’opération comme ci-dessus. J’ai répété trois fois cette même opération, sans avoir eu à signaler dans sa marche aucune particularité. La matière, essayée comme précédemment par le mercure distillé, m’a fourni, sur cent parties d’argent, 0,0010 d’or.
Le résultat de l’expérience n°i a été perdu : j’avais augmenté, pour cétte expérience, la proportion de la silice et de l’alumine, et diminué celle des métaux ; après avoir sulfuré la matière, j’y avais fait passer, à différentes reprises, un courant de protoxyde, et de deutoxyde d’azote, en le faisant alterner avec un courant d’air.
L’expérience n° 4 a eu le même sort que l’expérience n° I ; j’avais ajouté au mélange précédent du zinc et de l’antimoine, avec un peu de chaux et de potasse. Les métaux avaient été dissous dans l’acide nitrique ; l’opé-
l’or
ration avait dû être continuée comme dans la précédente ■expérience.
L’expérience n°^ était entreprise dans des conditions un peu différentes. Comme dans l’expérience n“ 3, je n’avais opéré que sur le fer, le cuivre et l’argent, en supprimant la silice et l’alumine, afin de m’assurer si elles contribuaient, oui ou non, par une action quelconque à l’acte de la transmutation.
C’est avec une douleur que les expérimentateurs comprendront aisément, que j’ai vu se perdre ces expériences ; je pouvais en recueillir des données précieuses, d’après lesquelles j’aurai opéré plus sûrement. Mais il m’est arrivé ce qui, malheureusement, a lieu trop souvent pour les expériences de longue^ durée, quand celui qui les entreprend n’est pas maître de son temps ; l’homme propose, et les affaires disposent.
Ce qui m’a fait terminer, plus tôt que je ne l’aurais dû pour arriver à un meilleur résultat, les deux expériences dont je viens de donner l’exposé très sommairê ; ■c’est la crainte de voir, en les prolongeant, se briser mes appareils. Par des essais renouvelés à différentes reprises pendant le cours de ces expériences, je me suis convaincu qu’à mesure que la quantité d’or augmente ■dans la matière, la quantité déjà produite en activait la
production nouvelle ; il y a par conséquent tout à gagner à continuer et a prolonger l’opération. Il ne me peut plus rester aucun doute sur ce fait que dans l’oxydation des pyrites, il se produit journellement de l’or, mais que cet or n'apparaît que lorsque la transmutation des parties métalliques, modifiées dans leur état moléculaire, est complète. Or, il arrive souvent que ces parties modifiées dans la pyrite en décomposition, sont entraînées par les eaux dans le cours d'une rivière ou d’un fleuve voisin, où s’achève la transformation d’un métal dans un autre ; le mouvement continuel que procure l’eau à ces molécules doit faciliter beaucoup cette opération, en les mettant à même, dans leurs parcours, décondenser la quantité de gaz propre à l’accomplissement de cette métamorphose. C’est ce qui expliquerait pourquoi on n’aperçoit pas toujours l’or sur les lieux mêmes du gisement de la pyrite, parce que là les matériaux, ne sont pas toujours propices à l’achèvement de ce phénomène.
Les matières employées dans mes expériences, et les proportions de ces matières, ont été choisies et déterminées un peu au hasard. Ce n’est qu’en répétant les manipulations qu'on arrivera à des données plus certaines, et qu’on connaîtra mieux les corps les plus aptes à activer le phénomène de la transmutation. La pré-
sence des chlorures, des bromures, des iodures et celle du soufre allié aux métaux, sont de simples intermédiaires dont le rôle est d’activer la transmutation, la condensation de gaz qui s’effectue dans la matière et lui donne la forme du métal le plus parfait en produisant de l’or. C’est ce que je me propose de rendre encore plus évident par de nouvelles expériences.
N’importe, j'avance lentement vers le but, mais j’avance. D’après les expériences que je poursuis, j’espère qu’avant peu on composera des placers artificiels pour la production de l’or, tout comme on forme des nitrières artificielles; au fond, l’un n’est pas plus difficile que l’autre. De même qu’on le fait pour les nitrières, on fera intervenir l’air atmosphérique, d’où nous recevons tant, et où tout retourne. C’est à nous à favoriser son action sur les matières que nous voulons transmuter; lui seul fera le reste, à ses dépens, dans un temps dont la durée, plus ou moins longue, variera suivant la température, la nature des corps que nous aurons mis en présence, ou les milieux dans lesquels nous aurons fait intervenir cet agent universel. En multipliant et variant les expériences de transmutations, nous rencontrerons infailliblement les moyens d’opérer promptement : alors les bénéfices pourront être immenses.
Je suis convaincu que si l’on opérait sur un sol convenablement approprié à ces sortes de transmutations, on aitiverait à de meilleurs résultats qu'en opérant dans des vases de terre, dans lesquels l’action des courants magnétiques est faible ou presque nulle. Or l’action de ces courants doit être pour beaucoup dans les changements de l'état moléculaire de la matière, ce qui lui permet d’absorber ou de condenser de nouvelles quantités de gaz, et d’acquérir ainsi des propriétés entièrement nouvelles, propriétés qui ne changeront que quand son état moléculaire sera rompu par son passage dans un nouveau genre.
Du train dont marche le progrès des sciences, ce qui eût, il y a un siècle, demandé cinquante ans et plus, pour l’utilisation pratique d’une idée féconde, peut de nos jours se réaliser en moins de dix ans, surtout si les efforts tentés dans ce but sont encouragés par une prime d’une valeur significative.
Pour moi, s’il m’arrive de voir se fonder, dans la plaine de Grenelle, une usine où l’on composerait des placers artificiels pour la production de l’or, placers d’abord égaux et, plus tard, de beaucoup supérieurs en richesse à ceux de la Californie, je déclare que je n’en serai pas surpris ; car, dans ma conviction, tous les pla-
l’or
cens du monde sont destinés à rester un jour bien en arrière de cette industrie, actuellement dans sa période d’incubation. Avec mes convictions ardentes et fermes, c’est un grand crève-cœur pour moi de n’avoir qu’un temps limité à consacrer à ces expériences, qui ont pour moi tant de charmes, et tant d’avenir pour le genre humain.
Je ne doute pas,, je n’ai jamais douté, que les alchimistes aient pu certainement faire de l’or, en faire beaucoup et réaliser des fortunes colossales : leur secret est mort avec eux. Il n’en sera plus désormais ainsi pour personne ; tout le monde pourra faire de l’or, mais par des procédés variés, les uns avec perte, les autres avec bénéfice ; toute la question est là : longtemps encore, la solution du problème sera dans les manipulations.
Qu’il me soit permis de relever ici un fait très digne de remarque, et qui ^oïncide tout-à-fait avec mes idées. Depuis que de nouveaux procédés d’affinage, qui datent d’un demi-siècle environ, ont permis de retirer l’or contenu dans les anciennes monnaies d’argent, de grands bénéfices ont été réalisés par ceux qui ont pratiqué en grand cet affinage.
Les pièces postérieures à l’introduction de ces procédés ne contiennent plus que des traces d’or ; c’est du
moins ce que pensaient ceux qui ont présidé à leur fabrication. Comment se fait-il donc qu’aujourd’hui voici qu’on se remet à rechercher notre monnaie d’argent, qu’on affirmait ne plus contenir d’or, et qu’on réalise des bénéfices en en retirant néanmoins de nouvelles quantités d’or, ce qui fait que, de jour en jour, notre monnaie d’argent disparaît de la circulation ? Le fait ne peut pas être nié.
Sans sortir du point de vue purement chimique de la question, je fais remarquer que ceux qui fondent ‘des pièces de monnaie d’argent, pour en retirer de l’or opèrent une véritable transmutalion ; de l’or artificiel se produit et s’ajoute à l’or existant déjà dans la pièce de monnaie ; c’est par là qu’en dépit de manipulations dispendieuses, la fonte et l’affinage des monnaies d’argent procure des bénéfices élevés. On n’entrevoit pas de terme à cet état de choses qui, par le perfectionnement des procédés pour la transmutation, ne peut que prendre plus d’extension de jour en jour ; il conduit, ainsi que je l’ai prévu dans la première partie de mes mémoires, à la démonétisation de l’or, fait déjà accompli dans la Hollande, puis à la démonétisation de l’argent. Les métaux précieux cesseront d’être le signe des valeurs ; ils seront marchandise^ tout simplement, et le soleil ne s’en lèvera pas moins à son heure.
l’or
En attendant, l’art des transmutations, cet art qui doit si profondément remuer le monde, progresse et s’avance vers sa période industrielle ; qu’on essaie donc de le nier ?
CONFÉRENCE
Faite à Paris, Je 'l 6 Mars i88<)
Messieurs,
Encouragé par le bienveillant accueil fait par le public à mes premières conférences, malgré quelques critiques amères qui s’y sont mêlées. Je viens aujourd’hui vous remercier de votre aimable concours, et je vous promets de n’épargner rien pour le mériter de plus en plus. C’est pourquoi. Messieurs, je me présente à nouveau devant vous, pour vous donner une preuve déplus de la réalité de ma découverte et de son importance.
Messieurs, vous le savez, je ne suis ni un charlatan ni un de ces hommes sans foi ni loi qui font argent de tout je ne veux et ne cherche qu’une chose, la gloire et le bonheur de ma Patrie. Humble disciple des Hermès^ des Paracelse et des Van Helmont, je m’honore du titre d’Alchimiste, titre jadis synonyme de sorcier, titre diffi-
CONFÉRENCE
cile à porter, dangereux même à soutenir pendant cette longue suite de siècles d’ignorance et de superstition, où tout phénomène chimique passait pour i’œuvre du démon, siècles à certains égards peu dignes de regrets, où un simple fabricant d’allumettes eût été brûlé vif sur un bûcher allumé avec les produits de son industrie.
Oui, Messieurs, je suis alchimiste, j’aifait del’or, j’en fais encore tous les.jours, en quantité très limitée, il est vrai, et dans les conditions d’une expérience de laboratoire ; mais je touche peut-être au moment de livrer au monde savant un procédé pour faire de l’or dans les conditions de la grande industrie, comme on fait du verre, du bronze, comme M. Deville est parvenu à faire de l’Aluminium, comme on fait aujourd’hui du* Magnésium.
Voilà bientôt 50 ans que je lutte pour faire connaître cette vérité de l’or artificiel, basée sur un fait indéniable.
Pris en pitié par les uns, tourné en dérision par les autres, repoussé durement par ceux qui semblaient devoir le mieux m’accueillir, je suis aujourd’hui à me demander ; que faut-il faire, que faut-il dire, après toutes mes affirmations de sincérité restées stériles. L’incrédulité à mon égard est tellement grande qu’on se bouche les oreilles pour ne pas entendre, et qu’on ferme les yeux
FAITE A PARIS LE l6 MAI 1889 I^J
pour ne pas voir ; tant on est fanatisé par cet or, on ne veut rien entendre qui puisse porter atteinte à sa valeur, à sa puissance, en un mot, c’est un dieu qu’on adore.
Il faudra bien pourtant se rendre à l’évidence de ce fait capital de l’or artificiel qui a trop d’importance pour qu’il puisse passer inaperçu.
Les imaginations sont en travail etles esprits en quête du progrès, « disait il y a quelques semaines le général Février dans son adieu à ses soldats. « Malheur à celui
qui s’arrête en chemin, il est bien vite distancé ! Ne
vous attardez jamais en route, prenez la tête du mouvement et ne la quittez plus. »
Ces sages et patriotiques conseils m’ont poussé à porter à la publicité cette heureuse trouvaille que j’ai longtemps tenue cachée au public. D’ailleurs, arrivé au déclin de l’âge, j’ai cru que ma conscience me faisait un devoir de parler haut, c’est pourquoi j’ose aujourd’hui me présenter devant vous. Messieurs, pour vous exposer mes principes sur la transmutation des métaux. Ils m’ont conduit à un long et périlleux voyage, à de laborieuses recherches, et enfin à une découverte inespérée dont les conséquences encore indéterminées, promettent à notre pays un avenir brillant de gloire et de prospérité.
Le point de départ de mes convictions et de mes re-
CONFÉRENCE
cherches sur la transmutation des métaux, la clef de tout le système, c’est l’unité de la matière.
Cette idée, que la matière est une comme l’essence est la volonté de son créateur, et, que tous les corps admis en qualité de corps simples pour les savants, sont ceux dont on ne peut pousser plus loin la décomposition, cette idée, dis-je, est à mon sens parfaitement rationnelle. En réalité, il n’y a pas de corps simples, pas plus parmi les métaux que parmi les autres corps ; il y a la matière une dans son essence, soumise à des lois en partie inconnues, en partie connues, et appliquées à volonté par le savoir humain, lois en vertu desquelles la matière se montre à nous sous des formes tantôt variables, tantôt permanentes, il n’y a rien de plus.
Telle fut la base des doctrines des alchimistes d’autrefois, et les savants de nos jours arrivent à en convenir, sur ce point comme sur beaucoup d’autres, les alchimistes étaient dans le vrai.
Ces idées ont encore si peu cours dans le monde, elles renversent tant de théories, actuellement en possession de la science, si cette expression m’est permise, que j’ai besoin de m’appuyer de l’autorité d’un grand nom, Lavoisier, un des pères de la chimie moderne, qui n’osant avouer pleinement ses convictions sur un sujet aussi sca-
FAITE A PARIS LE l6 MAI 1889
breux, les a laissées entrevoifj en montrant où conduit sa théorie non contestée du calorique. On sait que Lavoisier désigna le premier sous ce nom la force inconnue et mystérieuse qui produit sur nos organes la sensation du chaud et du froid, qui dilate les corps par sa présence et les fait passer par les trois états : solide, liquide et gazeux. Or Lavoisier fait remarquer qu’en élevant seulement à 100 ou 120 degrés la température moyenne delà surface du globe j l’eau disparaît : plus d’Océan, plus de lacs ni fleuve, tout cela fait partie de l’atmosphère, plus de végétation, plus d’êtres animés. Chauffez encore un peu, des ruisseaux de plomb, de zinc et de bismuth vont couler comme de l’eau ; continuez à élever la température, il n’en est pas de si élevée que l’on ne puisse supposer susceptible d’un degré supérieur, un moment viendra où la terre sera à l’état de fusion ignée, par lequel elle a évidemment passé ; chauffez encore, le liquide igné deviendra une masse de vapeurs incandescentes avec un noyau comme les comètes, puis un assemblage de vapeurs d’une ténuité extrême comme celles des nébuleuses, enfin à quelques milliers seulement de degrés pyrométriques, il n’y aura plus que des molécules tellement divisées qu’il sera permis de douter de leur existence, supposez la décroissance du calorique en sens
CONFÉRENCE
inverse, vous aurez successivement une nébuleuse, une comète, une planète, enfin dans toutes les conditions où nous voyons la nôtre aujourd’hui.
Si là volonté du créateur, par l’action d’une seule force, le Calorique, peut faire subir à la matière toutes ces transformations, que deviennent en tout cela les corps simples et les corps composés? N’était-ce pas, autant qu'on pouvait l’affirmer implicitement dans ce temps-là, l’unité de la matière ? Si la matière est une, si la science peut lui faire prendre à son gré tant de formes diverses, pourquoi un pas de plus en avant ne lui permettrait-il pas de reproduire aussi à volonté les formes des divers métaux, spécialement celles des métaux précieux ?
J’ai raconté plus haut mes luttes et mes travaux depuis 1848.
Parvenu après trente années du plus opiniâtre labeur à acquérir une modeste fortune, je résolus en 1884 de reprendre mon travail sur l’or et de le conduire à bonne fin.
En 1885, j’écrivais à M. Berthelot une lettre restée sans réponse. Ne Croyant pas encore le moment venu de parler, je continuai mes travaux dans le silence de
FAITE A PARIS LE 'l6 MARS 1889
mon laboratoire ; Enfin, trouvant dans mes nouvelles expériences à l’appui de ma découverte un fait appelé à jeter une clarté sur le phénomène de la transmutation des métaux, je déposais en juin de l’année dernière un pli cacheté à l’Académie des sciences sur le nouveau fait. C’est alors que je me suis adressé à’ mon pays en écrivant d’abord à Messieurs les membres de la Commission du budget, puis à Messieurs les Sénateurs et Députés. Je viens aujourd’hui insister plus particulièrement auprès de vous. Messieurs, pour que vous me veniez en aide.
A mon point de vue, les réactions sous l’influence desquelles a lieu la transformation des métaux, constituent un phénomène complexe où le principal rôle appartient aux éléments atmosphériques. Ce sont eux qui opèrent journellement ces m.étamorphoses dont nous ne pouvons suivre le cours, tant les effets en sont lents, à commencer par le potassium et le sodium pour finir par les métaux précieux Argent, Or et Platine.
L’air doit agir premièrement par ses éléments simples, puis par ses éléments combinés.
Le second agent indispensable à toutes ces transformations métalliques c’est l’eau, le grand dissolvant de la
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nature se renouvelant sans cesse, toujours en mouvement, que j’appellerai la mère nourricière par excellence de tous les corps. Elle se charge de fournir par elle-même la nourriture propre à toutes les individualités minérales : En effet nous la voyons s’élever dans cette atmosphère à l’état de pureté pour puiser ses éléments: Oxygène et Azote et autres corps qui s'y trouvent en minimes quantités ; toutes les molécules de ces différents corps sont plus ou moins modifiées par les astres, surtout par le soleil qui vient les vivifier et les rendres aptes à être assimilées à ces différents êtres suivait leur âge, pour constituer cette grande famille du règne minéral. Cette eau en descendant sur terre va se charger de nouvelles substances, des nitrates de potasse et de soude et autres, puis poursuivant son œuvre, elle iraverse la mince couche d’humus, puis les terrains d’alluvion où elle va commencer par fournir la nourriture à ces êtres qu’elle va rencontrer sur son passage. Elle, ensuite pénètre dans les roches métallifères, associées à divers autres corps, des Chlorures, des Pyrites, des Carbonates et elles vont se rencontrer avec les nitrates alcalins, d’où vont résulter des réactions chimiques ; des courants électriques et magnétiques vont se produire; ces roches vont être décomposées ; de ces différents corps en présence, sous des pressions
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et des températures diverses, des réactions multiples, des dissociations de certains de ces corps vont se produire, d’autres céderont un excès de leur combinaison, tous ces éléments à l’état naissant en présence de leurs individualités minérales, vont leur permettre d’absorber les éléments propres à leur perfection et de passer d’un âge à un autre d’inaltérabilité, jusqu’à ce qu’ils arrivent après plusieurs stations à leur dernier degré de perfection; ces réactions se renouvelant sans cesse par le courant continuel de ce liquide générateur de toutes les familles.
L’azote semble agir dans les combinaisons comme agirait un ferment dans les transformations^ des matières organiques. Sous l’influence de cet agent, la fixation de l’oxygène, sa combinaison plus ou moins durable avec le radical, va s’y opérer. Voilà pour moi la clef de la transformation des métaux ; et tout me porte à croire que le radical est l’hydrogène. Que ces idées théoriques soient vraies ou fausses, exactes ou erronées, c'est ce que je n’entreprendrai point de discuter ici, je crois devoir me borner à dire que sans qu’il m’ait été possible d’acquérir la certitude mathématique de leur réalité, leur influence a présidé à mes expériences, leur probabilité à mes yeux est née des effets notés pendant plusieurs années d’observations; si j’en fais mention ici c’est pour mieux faire
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comprendre la marche que j’ai [suivie, et jeter peut-être quelque clarté sur la route où marcheront ceux qui suivraient d’après moi le même ordre de recherches.
Dans cette expérience capitale, de l’or artificiel, en effet, il s’est produit une réaction, qui est en désaccord avec les faits chimiques connus jusqu’à ce jour : ici des circonstances exceptionnelles ont engendré un phénomène nouveau pour la science : tant qu’on ne pourra pas bien en préciser les causes, l’art de la transmutation ne progressera guère. Que faut-il donc pour cela. Vulgariser les expériences, les répéter à l'infini, en varier les circonstances, c’est par là qu’on arrivera à un procédé certain pour opérer une transmutation complète d’un métal dans un autre. Toute la question est là, étudier par la pratique jointe à la théorie, on trouvera la clef du mystère. Alors la transmutation des métaux sera la chose la plus simple du monde.
C’est pour atteindre ce but. Messieurs, que les moyens me font défaut, je suis arrêté de toutes parts dans mes expériences; n’ayant aucun laboratoire, où je puisse les faire commodément avec chance de succès : n’ayant à ma disposition que quelques tubes et matras, modique accessoire tout à fait insuffisant ; ne possédant aucun appareil pour étudier, apprécier et enregistrer toutes les
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circonstances qui peuvent se présenter dans une réaction de ce genre, c’est en portant une observation attentive et minutieuse qu’on arrivera, en modifiant les appareils, ainsi que les circonstances, à trouver la marche à suivre pour arriver au but désiré.
Cet aveu d’impuissance ne vous étonnera pas; vous savez comment on m’a retiré les uns après les autres tous les moyens qui eussent pu me faciliter des ressources pour poursuivre mon travail et l’amener à bonne fin. De plus c’est un point de ressemblance malheureux avec les inventeurs qui m’ont devancés.
Aucun d’eux, que je sache, n’a perfectionné son invention avec ses propres moyens et trop souvent ils en ont perdu le fruit, épuisés qu’ils étaient par les dépenses qu’ils avaient faites, ou découragés par l’incrédulité ou l’insouciance publiques. Sous ce rapport. Messieurs, je crois ne leur ressembler jamais, on ne me lassera pas, on ne me découragera pas, et j’ose espérer, mol et ma découverte, on ne nous étouffera pas. J’ai foi dans l’avenir parce que je suis fermement convaincu. J’ai fait de l’or, pour peu que je sois secondé j’en ferai encore, j’en ferai beaucoup, j’en ferai par des procédés rentrant dans la grande industrie et quand j’en serai là. Messieurs,
CONFÉRENCE
croyez-le bien, je ne mettrai pas la lumière sous le boisseau.
En attendant qu’ils se détrompent, ceux qui se figurent, par leur obstination constante à mon égard, arrêter l’essor de cette découverte qui leur déplaît, qui les contrarie, parce que leurs intérêts peuvent être compromis : ils voudraient l’éloigner, la faire disparaître si cela était possible, au fieu de se réjouir que cette découverte ait vu le jpur dans notre beau pays de France, que nous devons tenir à ennoblir de plus en plus et sur lequel notre savoir et notre justice doit attirer les sympathies des peuples.
Non, ils préfèrent mettre obstacle sur obstacle, afin de donner le temps à nos ennemis d’arriver et de nous dépasser peut-être : Voilà du patriotisme d’un autre genre.
Eh bien. Messieurs, arrière ceux dont l’égoïsme étouffe l’amour de la patrie, il est urgent pour nous d’affronter résolument les difficultés présentes et chercher à les résoudre promptement. Sachez que cette découverte sera comme un coup de foudre le jour où l’on pourra opérer sûrement la transformation d’un métal dans un autre.
Un exemple vous fera mieux comprendre la profon-
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deur de l’abîme dans lequel nous sommes menacés de tomber, d’un jour à l’autre. Un kilo de cuivre pur pour être transformé en un kilo d'or pur nécessite peu de frais à en juger d’après les résultats que j’ai obtenus ; il n’y a de dépenses que la matière première : Acide, combustible, et la main d’œuvre. Je mets au pis-aller le tout à 150 francs; ce prix pourra être réduit facilement de moitié, quand on opérera sur une moyenne échelle, ce qui mettra le prix net du kilo à 75 francs au lieu de 3.444 fr. 44 centimes qu’il vaut aujourd’hui: bénéfice net, 3.369 francs. N’est-ce pas assez beau pour qu’on daigne s’en occuper? "Vous pouvez juger par là du cataclisme que cette découverte amènera dans le monde entier, quand on pourra produire l’or 40 à 50 fois meilleur marché qu’il ne vaut aujourd’hui.
Ainsi, une personne qui aurait 50-000 francs en or n’aura plus qu’une valeur en nombre rond de i.ooo francs, et cela ne sera pas le dernier mot. Qu’attendonsnous donc ? il faut être prêt à tout événement, ce n’est pas en fuyant la difficulté qu’on arrivera à la résoudre, qu’on pourra être maître de la situation.
Depuis longtemps c'est un feu qui couve sous la cendre, il suffit d’une étincelle pour le faire éclater, nul alors ne pourra en arrêter les progrès, qui seront rapides,
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n’en doutez pas, nous serons forcés, malgré nous, d’en subir les conséquences qui seront affreuses si nous n’arrivons pas les premiers pour en atténuer les effets, il ne nous restera plus qu’à nous maudire d’avoir été incrédules à la voix de la vérité.
Permettez-moi, Messieurs, de vous rappeler ici les judicieuses paroles de M. Richet dans la revue scientifique du 18 mars dernier, en parlant des progrès accomplis chez certaines nations voisines. « Il faudrait, dit-il, que nous imitassions ces nations, qui malheureusement pour nous deviennent de jour en jour plus puissantes. Le secret de cette puissance, sans cesse grandissante, il ne faut pas le chercher ailleurs que dans l’association de plus en plus intime de la science et de l’industrie. Malheureusement nous sommes trop personnels et ce défaut nous empêche d’arriver à temps, parce que notre existence est trop courte pour ihener à bonne fin une idée juste et reconnue pour arriver à la mettre en pratique et à en profiter tout en enrichissant la société, nous arrivons trop tard ».
Ce que je désire avant tout, c’est qu’on constate le fait de l’or artificiel, c’est pour moi le point essentiel. Je ne suis ni un sauteur, ni un faiseur de dupes, je ne veux pas que ma bonne foi soit mise en doute et qu’on puisse dire
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que j’ai cherché à tromper mon pays. Il faut donc se convaincre par expérience du fait que j’avance, et si ce que je vous ai présenté, à l’académie, n’est pas de l’or artificiel, il est inutile de poursuivre mes recherches.
Messieurs, je marche péniblement, poussé que je suis par cette crainte sans cesse présente à mon esprit que je puis être dépassé. C’est ce que je voudrais éviter dans l’intérêt de mon pays. C’est ce qui m’a donné la force de venir ici afin d’attirer tout particulièrement votre attention sur la gravité de cette question de l’or artificiel qui est une vérité incontestable.
Pour en finir. Messieurs, je vous dirai qu’il ne suffit pas que je sois convaincu de ce que j’avance, il faut encore que vous le soyiez tous. Connaître la vérité est non seulement votre droit, mais c’est même votre devoir, car il y va de vos intérêts les plus sacrés. Si toutes mes démarches ont été vaines jusqu’à ce jour, ce n’est pas un motif pour que vous en restiez là, il vous appartient donc de réclamer de vos représentants que la lumière se fasse sur cette découverte, ici ; Messieurs, nous n’avons tous qu’un seul but, la Patrie !
C’est donc à vous, que j’en appelle. Messieurs de la presse, vous qui avez toutes les connaissances voulues pour apprécier les avantages et les dangers de la situa-
CONFÉRENCE
tion présente et à venir qui nous est faite par cette découverte, et tous les périls qui peuvent en résulter pour notre Patrie, si nous sommes devancés par une nation voisine qui en profitera certainement à notre détriment. Ne nous laissons donc pas surprendre, et c’est pourquoi je viens aujourd’hui, remplissant un devoir, faire appel à votre patriotisme pour trouver auprès de vous un généreux et puissant concours, afin que tous ceux qui ont confiance en moi et ma découverte, m’honorent d’une obole indispensable à la continuation de mes travaux dans l’intérêt de mon pays.
Je m’adresse aussi à vous, Messieurs, Étudiants, Bourgeois, Commerçants et Ouvriers, pour que vous me prêtiez votre appui moral par l’élan généreux de vos esprits justes et clairvoyants, non imbus des préjugés des temps: Vous jugerez sainement la valeur de ce fait de l’or artificiel, et chercherez à prévenir les dangers que peut courir la patrie si l’étranger nous devançait. Rappelons-nous toujours les nobles paroles du Général Février: « Malheur à celui qui s’arrête en chemin ».
T. Tiffereau.
150, rue du Théâtre, Grenelle.
Cher Monsieur,
Paris, le 9 juin 1889
La conformité de vos idées et des miennes sur l’unité de la matière nous a mis en rapports. Il y a quelque temps j’ai eu l’occasion de vous entendre dans une de vos conférences, Boulevard des Capucines, et j’ai pu approuver vos affirmations annonçant que les métaux sont des corps composés, et qu’il est possible de produire par la synthèse et les réactions chimiques et électro-chimiques de l’or artificiel comme tout autre métal.
C’est aussi mon opinion, et, puisque vous me le demandez, je vais vous. relater les faits et expériences sur lesquels elle s’appuie, ainsi que les contlusions que je crois pouvoir en tirer.
Les problèmes à résoudre dans l’ordre d’idées ou je suis sur les matières minérales et métalliques m’ont préoccupé dès mon début comme ingénieur civil des mines, à partir de ma sortie de l’École et pendant toute ma longue carrière comme directeur des usines métallur-
ACCROISSEMENT MÉTALLIQUE
giques de Commentry et Montluçon, Fumel, etc., et des exploitations de mines houillères qui en dépendent.
Pendant longtemps je n’ai pu utiliser que quelques loisirs pour mes études préférées.
Mais il y a déjà plusieurs années, ayant été atteint par une paralysie progressive dont je n’ai pu me guérir qu’au bout d’une année, et forcé de renoncer à mes travaux actifs comme ingénieur des mines et métallurgiste, je me suis spécialement occupé, pendant environ quatre ans, de la grande question de l’unité de la matière.
D’abord comme système et moyen de réduire la dépense des expériences et de faciliter mes études, travaux et démonstrations, j’ai laissé à peu près de côté la production des métaux précieux, et je ne me suis guère occupé que de la production du cuivre, pensant, je le crois, avec juste raison, que la question du cuivre étant résolue, cette solution entraînera toutes les autres.
Cependant il m’est arrivé plusieurs fois de constater la production de l’argent et de l’or, et très souvent celle du zinc et celle de l’aluminium à l’état d’alumine.
En résumé après des tâtonnements et expériences, pour ainsi dire sans nombre, attestés' et constatés par leurs procès-verbaux, je suis arrivé à produire du cuivre au
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laboratoire dans des conditions qui me paraissent susceptibles d’être appliquées industriellement.
Mais afin de déterminer la genèse de ce métal (comme de tout autre sans doute) il est indispensable qu’il en préexiste à l’état soluble, dans les bains chimiques, où il doit se former, sous l’influence des réactifs spéciaux.
De telle sorte que la production métallique a lieu par accroissement ; ainsi que cela arrive, par exemple, pour les matières végétales.
J’ajouterai que l’intervention de certaines matières fécondantes paraît utile, si ce n’est nécessaire, ainsi que certaines conditions de chaleur, de lumière, d’électricité, de temps, etc., toujours comme pour l'accroissement des matières végétales.
L’acroissement métallique est variable suivant la méthode avec laquelle l’opération est conduite, ainsi j’ai pu obtenir des accroissements métalliques dépassant loo pour 100 et j’ai lieu d’espérer le double.
D’un autre côté en opérant trop rapidement et sans ménagements, l’accroissement métallique est insignifiant, ou ne se produit pas.
Enfin le métal provenant de l’accroissement métallique ^ paraît être d’abord à l’état naissant, et alors il ne présente pas toutes les réactions et propriétés du métal
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adulte; il peut même disparaître en tout ou en partie, mais on parvient à le fixer et à l’amener à l’état adulte sous l’influence de certaines réactions chimiques.
Agréez, cher Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.
Le Brun de Virloy.
ETUDE SCIENTIFIQUE ET COMPARATIVE SUR l’or artificiel.
Ayant été mis en relations avec M. Tiffereau dans une de ses premières conférences sur l’unité de la matière à la salle Pétrelle, le i6 février 1889, je fus chargé, par un groupe d’affaires que la question intéressait, de vérifier la nature de l’or artificiel en comparaison avec les échantillons du métal brut et purifié.
Établir par analyse chimique et l’étude des propriétés micrographiques qu’un échantillon d’or est naturel ou artificiel est une chpse impossible à première vue. Car si les échantillons sont du même métal, et au même degré de pureté, ils doivent donner des réactions absolument identiques et des formes cristallographiques semblables ou analogues.
Si j’ai permis l’insertion dans ce volume de la note scientifique qui va suivre, c’est qu’on y trouve un fait curieux qui, malheureusement tout en n’expliquant rien, jette un jour nouveau sur la production artificielle d’un métal par dérivation d’un autre.
Les nombreuses personnes qui s’occupent de trans-
ÉTUDE SCIENTIFIQUE ET COMPARATIVE
mutations pourront tirer parti suivant leurs idées de ce document purement analytique.
Difficile à convaincre, mais n’étant pas ennemi des *dées nouvelles, j’a,i fait ce travail à mon laboratoire industriel, et je vais soumettre le résultat impartial de mes observations.