I.’ORACË
des sorbiers, très- troublé cl la suivant.
Mon Dieu . . . que je suis désolé !... laissez-moi vous panser. Maudit poignard ! [Il déchire son mouchoir cl la panse.) C’est Baptiste qui l’aura serré là... Cette arme est décidément vouée aux mauvaises actions, elle a été saisie dans la poche d’un illustre assassin. . . Souffrez-vous toujours?
MADELEINE
Cela ne sera rien. . . remettez-vous. . . (A part et très étonnée.) Comme il est ému !
des sorbiers, la pansant avec mille soins.
Vous m’avez fait une fière peur! c’est que c’est trèsdouloureux, je le sais par expérience moi !... J’ai connu jadis une Espagnole. . . classique. , . qui en portait un à la jarretière. Un soir, j’étais à scs pieds. . . (Madeleine le regarde sévèrement.) Ob, pardon !... Je no sais ce quo je dis. . .
madeleine, sévèrement.
Il y parait. . . (Changeant de ton.) C’est fini 1 votre chiffon est inutile. . . avec tout cela, je n’ai pas mon portrait.
des sorbiers, retournant au chiffonnier.
Il est ici, j’en suis certain . . . mais où ? Je le retrouverai, je vous l’enverrai.
madeleine, vivement.
Noh. . . mettez -le de côté. . . Je reviendrai ie prendre... à demain. (Oh entend le tonnerre dans le lointain.)
L’ORAGE
DES SORBIERS
Bon! voilà l’orage ! Il pleut à verse. . . vous ne pouvez sortir, ma chère, à moins que l’hydrothérapie no vous soit ordonnée.
MADELEINE
Faites chercher une voiture.
Par qui ? Mon valet do chambre m’a planté là. Attendez, 30 vais y aller moi-môme. . . (On entend la grêle.)
MADELEINE
La pluie redouble. . . Je ne souffrirai pas. . .
des sorbiers, allant à la fenêtre.
Ça me paraît sérieux... Le vent est à l’ouest... En voilà pour la journée.
madeleine.
Vous êtes consolant.
Un silence .
des sorbiers, redescendant et prenant an air aimable . Madeleine . . .
madeleine, qui est appuyée au canapé .
Quoi?
des sorbiers, de même.
Je vais vous parler comme à un perroquet. . . Avez-vous déjeuné?
madeleine.
Non.
L’ORAGE
Moi j’ai l’estomac dans un état lamentable.
MADELEINE, SOUTiant.
Moi, je tombe d’inanition.
des sorbiers, ai ec intention.
Est-ce qu’il vous attend ?
MADELEINE
Qui donc?
des sorbiers, de même.
Votre... fiancé.
madeleine, riant.
Nous n’en sommes pas là. . .
DES SORBIERS
Eh bien, déjeunez avec moi. ( Montrant son cabinet. Mon couvert est là. . . dressé sur un guéridon, j’y ajoute une assiette et je l’apporte ici.
madeleine avec intention.
Mais, vous m’avez dit que vous déjeuniez en ville.
DES SORBIERS
J’ai dit ça? moi? jamais I Je dîne en ville, ma chère, c’est bien différent. . . Allons, laissez-vous tenter!. .. J’ai un pâté de lièvre comme on n’en mange qu’ici, et un vin de Bourgogne comme on n’en boit pas ailleurs. . . Ah! par exemple nous nous servirons nous-mômcs.. . je me trompe, Madeleine... J’aurai l’honneur de vous servir... c'est dit, hein? [A part en sortant.) Elle n’a jamais été plus jolie! (Il entre à gauche .)
LOUAGE