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toute juridiction sur ce sujet important. En effet, nous voyons à la page 395 du rapport officiel des débats sur la Confédération, (version française) que le gouvernement de Sir John, parlant par la bouche de l’Hon. H. L Langevin, dit :
L'Hon, membre a demandé au gouvernement ce que voulait dire le mot “mariage” placé Aans la constitution... Je vais répondre à l'hon., membre aussi catégoriquement que possible...
Le mot mariage a été placé dans la rédaction du projet de constitution pour attribuer à la Législature fédérale, le droit de déclarer quels seront les mariages qui devront étre considérés comme valides dans toute l'étendue de la Confédération, sans toucher pour cela, le moins du monde, aux dogmes ni aux rites des religions auxquelles appartiennent les parties contractantes.”
Le fait est que le tout consiste en ceci : le parlement central pourra décider que tout mariage contracté dans le Haut Canada... d'après la Joi du pays ou il aura été contracté... sera considéré comme valide dans le Bas Canada, au cas ou les conjoints viendraient y demeurer...
En 1882, un projet de loi intitulé “ Bill concernant le mariage avec la sœur d'une épouse défunte,” fut soumis à ia considération du Parlement Fédéral. Objection fut faite au droit constitutionnel de ce Parlement de légiférer sur le ma-
riage. On rappela à Sir John et à ses collègues, dans le cabinet, les engagements solennels qu'ils avaient pris en 1865 sur cette question : on leur leur mit sous les yeux l’engagement par écrit mentionné.plns haut. Le gouvernement répondit par la bouche de l’hon. ministre de la justice :
‘“ Le jour où nous avons fait ces promesses, où nous ayons “ pris ces engagements, est passé; nous avons aujourd'hui à “agir non d’après ce que nous voulions alors, mais bien “ d’après ce que nous avons fait depuis.” (Hansard du Sénat,
1882, page 405.) En d’autres termes: “Vous äâütres, catho-
‘“ liques, vous teniez à mettre en mains sûres (le gouverne- ‘ ment catholique de la province de Québec) l’importante “ question du mariage: et nous (Sir John, Sir À. Campbell ‘et nos collègues) nous avons arrangé l’acte constitutionnel “ de manière à ce que nous, le gouvernement protestant ‘ d’Otawa, nous eussions le droit de la régler.—Inutile pour
“ vous de protester—c’est la loi.—Il faut vous y soumettre.”
Le gouvernement commet actuellement une grande faute.
Nous n'avons pas, au Sénat, de ministres parlant le français.
Fous y trouvons des ministres parlant l’anglais et répondant
en anglais à des interpellations faites en français Il reste à
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DRE VEN celui qui a fait l'interpellation à aller d’un siège à l’autre, s'enquérir de ce que lui a répondu le ministre interpellé.
En 1880, les sénateurs de la province de Québec ayant renouvellé leur protêt contre cet état de chose, l’hon. ministre de la justice, Sir À. Campbell, répondit :
‘“ Bien que j'admette que le fait de n'avoir pas au Sénat ‘un ministre parlant la langue française soit en contraven- “ tion avec l'interprétation de la loi constitutionnelle, cepen- “ dant un gouvernement ne peut pas toujours exécuter la “ loi aussi logiquement que l’hon. membre...” Hansard du Sénat 1880-81, vage 37).
Il est bon de se rappeler que cet état de chose dure depuis huit ans, c’est déjà à l’êtat de précédent. Pas moins de trois occasions se sont présentées à Sir John de réparer cette faute contre nos droits. Il ne l’a pas voulu.
Cette violation de la Constitution porte déjà son fruit. Nous avons aujourd’hui le triste spetacle de nos trois ministres français, l’invoquant pour excuser une faute plus grave ; leur adhésion à l’exécution de Riel. ‘ Si nous eussions rési- ‘“ gné sur cette question, disent-ils, Sir John nous eut rem- “ placés par trois anglais” En d’autres termes, c’est dire : ‘ Sir John eut fait pour les comiaunes, ce qu’il a fait pour le “ Sénat avec notre approbation ; il les aurait privés du droit ‘ constitutionnel d’avoir des ministres français. Il était donc ‘ préférable de sacrifier Riel et de garder nos portefeuilles.”
Et les canadiens-français accepteraient cette excuse ? Et les anglais, généralement si attachés à la charte de leur libertés, n'auraient rien à dire en voyant la constitution ainsi foulée aux pieds! Aujourd’hui c’est nous qui souffrons, demain sera peut-être leur tour ?
En 1881, un membre français du Parlement, désirant établir la part de chaque nationalité dans la distribution des emplois publics, demanda qu'un état démontrant le nombre des employés publics dans la Puissance, leur salaire, leur nationalité, leur religion, etc., etc., fut mis devant le Parlemeut. Le gouvernement, par la bouche du ministre de la
justice, refusa grossièrement cette demande. D’autres membres conservateurs répliquèrent durement, et placèrent le. gouvernement dans ane position si fausse que la motion passa. Un an s’écoula, mais le rapport ne venait pas. Au bout de dix huit mois, pas de nouvelles encore de l’état demandé ! Enfin, après deux ans d'attente et d'interpellations, le ministre de la justice présenta cette liste en disant qu’elle démontrait que
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les canadiens-français avaient plus que leur proportion des emplois publics. Personne n'’osa contredire cet avancé avant un minütieux examen, mais l’état était préparé de façon à nécessiter un bien long travail pour en arriver à une conclusion. Toutefois, il fut constaté que le ministre porteur du rapport avait trompé la chambre, que les Canadiens français n'avaient pas reçu leur part du patronage public, qu'au lieu d’un tiers des positions officielles, auxquelles le chiffre de leur population leur donnait droit, ils n'avaient que le sixième, c’est-à-dire la moitié environ—et de même pour le montant des salaires dûs il n avaient aussi que le sixième—Le chifire de la population du Dominion est de 4,421,810 âmes. La race française compte 1,298,929 âmes. Nons, Canadiens-français, nous ayons donc droit à au moins 22 sénateurs françuis sur 77 dont se compose le sénat et nous n’en avons que 19.
Prenons maintenant la Province de Québec seule. Elle a une population de toutes origines de 1,859,027 âmes la population française compte pour 1.073,020 âmes, ce qui lui donne droit à 19 sénateurs de sa nationalité elle n’en a que 17. Les orateurs des deux chambres, les Communes et le Sénat ne parlent tous deux que la langue anglaise. (Voir Hansard du Senat 1884 page 113. Vous parlerai-je de la loi passée à la dernière Session du Parlement Fédéral ; loi passée sur le principe radical et révolutionnaire dx: suffrage universel et qui de plus à le rare mérite d'éxclure le cultivateur instruit de la position de “ Réviseur ” position qu’il est plus compétent a remplir que les hommes de profession le sont généralement ? (Voir chap. 40, Sect. 14, Statuts de 1885.)
Mentionnerai-je l'acte des licences, au moyen duquel Sir John espérait briser la Confédération et amener l'Union Législative, son rêve de tous les jours ? Non, j'en ai dit assez pour ouvrir les yeux à ceux qui sont de bonne foi, à ceux qui ne se laissent pas avergler par l'esprit de parti ou par d’autres motifs encore moins avouables; J'en ai dit assez, pour satisfaire ceux qui désirent sincèrement voir clair, dans cette importante affaire de nos droits et de nos privilèges,
Nous en étions rendus là, lorsque se dressa l’échafaud de Régina le 16 Nov. dernier.
“ La province. de Québec, glissait ainsi rapidement sur la pente de la ruine ” dit “ L’Impartial” Dieu laissa ‘éclater le lugubre évènement du 16 Novembre dernier, afin de l'arrêter, de lui ouvrir les yeux, et de l'avertir de réunir toutes ses
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forces pour combattre l’ennemi commun. C’est peut-être la dernière chance de salut qu’il lui donne.”
Ce n’est donc pas l'exécution de Riel seule, qui a produit le grand mouvement national qui nous occupe. Le meurtre du 16 Nov. fut le dernier acte du drame tragique qui se joue depuis vingt ans au détriment des Catholiques et des Canadiens français. Vous avez pu remarquer depuis plusieurs années le malaise qui existait dans le parti ministériel. Les membres du Parlement supportaient difficilement les chefs. Il fallait constamment en appeler à la discipline de parti. Les représentants du pays devaient se rendre à cet appel, s'ils ne voulaient être injuriés et c&lomniés par une presse servile. Enñn, la mauvaise et coupable administration des affaires du Nord-Ouest par nos Gouvernants combla la mesure. Elle déborda. Ce fut la guerre, la guerre avec ses horreurs et ses ruines, la guerre avec ses millions de dépenses et ses victimes.
Le sang de ceux qui se dévouent pour leur pays et leurs compatriotes a toujours un pouvoir magique. Il ne coule pas généralement sans produire de grands résultats. Cette fois, il a tué l’esprit de parti et a réveillé le patriotisme non seulement au Cana la mais aussi aux Etats-Unis et jusqu’en Europe. Nos compatriotes ont ouvert les yeux. Ils connaissent maintenant ce qu'est Sir John. Ils comprennent maintenant qae plus ils le supporteront plus ils donneront de force à leur plus cru :l ennemi, Après mûre réflexion, ils en vinrent à la conclusion qu'ils ne devaient plus continuer leur allégeance à un tel chef.
J'ai maintenant fait un résumé de l’histoire politique du pays pour ce qui regarde Sir John Macdonald d’un côté et les catholiques et les Canadiens-français de l’autre, J'ai démontré, comment il avait reconnu notre dévouement des trente dernières années. J'ai prouvé sa conduite et ses actes, ho:tiles à notre égard pendant les vingt dernières années, lorsque son cœur aurait du le porter à donner aux catholiques et aux Canadiens-français, quelques preuves de sa reconnaissance en retour du dévouement qu'ils lui avaient montré, dans.le temps si critique pour lui, ou sa province le rejettait.
J'ai appuyé la proposition que j'ai soumise au commencement de mon discours sur des faits. Inutile pour moi d'ajouter des commentaires, ces faits sont indéniables. Ils suffisent, c’est une preuve écrasante. Cépendant je ne puis
omettre d'ajouter que Sir John était connu depuis assez
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longtemps. Notre grand patriote Canadien-français, Sir Gorges E. Cartier, le connaissait parfaitement bien lorsque la mort vint le frapper. Vivant dans son intimité comme son collègue, Sir Georges pouvait mieux que tout autre appré: cier cet homme, connaître ses motifs et pénétrer ses intentions.
Dès 1872, le grand chef conservateur du Bas-Canada avait perdu toute confiance dans le premier ministre actuel qui l’avait déjà trompé en plusieurs occasions.
Permettez-moi de vous lire le rapport de certaine conversation qu’un ex-ministre eut avec lui avant son départ pour l'Angleterre en 1872, d'où il ne croyait jamais revenir. Cette conversation est rapportée dans les termes suivants, dans une lettre adressée a l’hon. F X. À. Trudel et publiée dans L’Etendard du 4 de février 1881.
Je déclare donc que, durant la session tenue à Ottawa en 1872, Sir G. E. Cartier m’iyant prié de m'’assoir à côté de lui à son siège en chambre me dit, 8t m'a répété en différents temps durant cette session, qu'il avait eu beaucoup à se plaindre de la conduite de Sir John A. Macdonald à son égard et à l'égard du Bas-Canada, lorsqu'il s’est agi de faire passer en Angleterre l'acte Impérial établis sant alors la confédération des provinces d'Ontario, Québec, Nou: veau Brunswick, Nouvelle-Ecosse. Il me demanda si je me rappelais les causes et motifs qui avaient donné lieu à la demande de cette confédération. Vous savez, me dit-il, que les chefs politiques de chacune de ces provinces, réunis à Québec en 1865, en étant venu à une entente arrêtèrent des résolutions qui devaient servir de bâse à Pacte Impérial qui serait demandé et passé à cette fin. Ces résolutions furent soumises à chacune des législatures provinciales, avec l'entente qu’elles devaient être adoptées in toto, sans amendement aucun, car elles devaient servir de bâse à l'acte Impérial. Ceci fut dit et répété par Sir John Macdonald et ses collègues en chambre, quand ces résolutions y furent discutées ei adoptées.
Puis, plus tard, des ministres de chaque province furent délégués en Angleterre, pour demander et surveiller l'acte Impérial constituant la confédération des quatres provinces dont il s’agit. John A. Macdonald, Cartier, Langevin, Galt et autres en faisaient partie. Rendu en Angleterre, Sir John ne voulait plus de confédération des quatre provinces, avec des législatures locales pour chacune d'elles, tel que les résolutions les coraportaient, mais tont simplement, l’union Législative de ces quatre provinces. Sir John a persisié près d’un mois dans cette prétention. Cartier et Langevin se trouvaient seuls, pour la province de Québec, à repousser une telle prétention, car Galt, me dit Cartier, s'était rangé du côté de l’opinion de Sir John À. Macdopald. Cartier me dit qu'il avait été indigné de la conduite de ce dernier, lui qui était monté au pouvoir, en 185%. et ne s’y était ‘maintenu depuis, que grâce à la majorité du Bas-Canada, car la majorité de la députation du Haut Canada lui était hostile. C'était, de sa part, manquer de cœur et de loyauté vis-à-vis du Bas-Canada,
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le perdre lui-même, Cartier, politiquement parlant. et mettre la province de Québec à la merci et sous le contrôle des autres provinces avec lesquelles elle diffère, tant sous le rapport des institutions civiles et religieuses que sous le rapport des lois, du langage et des habitudes. Enfin, Sir John voulait, en jouant ce tour de jarnac, annihiler la province de Québec, en faire ane province anglaise au heu de française qu’elle est. Alors, nos lois, nos institutions civiles at religieuses auraient disparues petit à petit, pour iaire place à des institutions créées suivant le mode et la volonté de messieurs les anglais, qui n'aiment pas, comme on le sait, les Ganadiens-Français et catholiques, gros comme leur cœur. ty Cartier me dit que, voyant la mauvaise foi de Sir John, il écrivit de suite à Sir N. F. Beileau, qui heureusement, était alors premier ministre, pour l’informer des misères et des embarras suscités par Sir John, en lui disant que s’il recevait un télégramme de lui contenant tel mot, il devait résigner de suite, afin de tout briser. Enfin, après un mois «efforts pour amener Sir G. E. Cartier, à son opinion, Sir John posa de nouveau la question : ‘“‘Aurons-nous l’Union Législative ?” Cartier, appelé à donner son opinion, répondit par un “non ” assez sec, pour faire comprendre à Sir John qu'il ne pouvait pousser la chose plus loin. Alors l'acte Impérial fut passé. Cartier m’a dit que dès lors &! avait perdu toute confiance en Sir John, qu’il ne lui avait jamais pardonné son acte de trahison, et qu'il ne le lui pardonnerait jamais. Si bien qu'il avait prévenu McKenzie, alors chef de l'opposition, de ne pas imiter George Brown, qui, dans son journal le Globe, avait sans cesse insulté, vilependé et injurié les institutions civiles et religieuses du Bas Canada et qui, par là, s'était rendu impossible ; donnant à entendre à McKenzie qu'il y aurait peut-être moyen de s'entendre avec lui, Voilà exactement ce que m'a dit Cartier relativement à la confuite de Sir John ; et cette déclaration je pourrais au besoin l'affirmer sous serment, Je dois ajouter ceci : La veille ou l’avant-veille du départ de Gariier vour l'Angleterre, où il allait se faire soigner, je fus le voir à sa résidence. à Montréal. Là, il me dit, entre autres choses, qu’il partait malade pour l'Angleterre et qu'il pensait ne plus revoir le Cabada, parceque les médecins d’icr lui disaient que sa maladie était incurable, 1! me pria de me rappeler ce qu'il m'avait dit durant la dernière session, À l'égard de Sir John Macdonald. et ajouta: “ MÉFIEZ.VOUS DE LUL. à n'aime pas les Canadiens Français, IL LES DETESTE. Cest un avis que je vous donne, à vous d'en profiter”
Telles sont les dernières paroles tombées de la bouche du Grand Chef Canadien. Français, à la veille de son départ pour l’Aur +re où il s'attendait à mourir. sn Fire
Tel est -ernier avis donné par notre Chef mourant,à un de ses intimes amis, à un homme qui avait alors comme il a encore, la confiance de ses compatriotes, à un homme qui a été, avant comme depuis, un des aviseurs de la couronne.
Vous ne perdrez pas de vue, messieurs, le fait que l'auteur de cette lettre invoque 1: témoignage d’un ancien politicien, Sir N.F. Bolleau, premier ministre au temps dela confédé-
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ration qu'il déclare connaître toute l’histoire. Cette lettre précieuse a été publiée il y a peu près quatre seiniaines et ellé n’a jamais été contredite |
Si tous les faits mentionnés dans cette lettre sont vrais: (et personue n'osera les contredire) n’ai-je pas le droit de conclure que la présente agitation constitutionnelle, avait été pressentie par Sir Greorge E. Cartier et qu’elle est en conformité avec les conseils qu’il a donnés avañt sa mort.
L'agitation n’est donc pas dûe (comme l'ont souveit insinué les ministres et leurs organes) au fait que Riel était uni métis français. Non, je l’ai déjà dit. la mort de Riel n’est que le dernier acte du drame tragique, commencé en Angleterre en 1867, et qui s’est terminé à Régina en 1885. La présente agitation ressemble quelque peu au mouvement que les canadiens français ont fait en 1841. Le parlement Impérial ayant décidé l’union du Haut et du Bas-Canada, il fallut nous soumettre, tout en adoptant lès moyens constitutionnéls pour détourner les dangers qui nous ménaçaient. Monsieur Lafontaine était alors chef du Bas-Carniada. Comme béaucoup d’autres patriotes, il crut qu'un peuple quelque faible qu'il fût, ne devait pas se soumettre à l'oppression avant d’avoir pris tous les moyens constitutionnels pour s’y soustraire. Lafontaine fit face à l'ennemi, son parti se grossit chaque jour. De braves citoyens, de bons canadiens, de sincères patriotes de nationalités, anglaises, écossaises et irlandaises $e rallièrent à lui.
Lafontaine et Baldwin livrèrent de nombreux combats. La cause de la.justice et du droit triompha, malgré les efforts de Sir John A. Macdonald; maintenant (grâce au support que tous nous lui avons donné) Sir John À. Macdonald. Appelés à! for: mer une nouvelle administration, ces deux hommes droits, Lafontaine et Baldwin réussirent, malgré toutes les difficnltés qu'on leur suscita. L'opposition, dont Sir John fai-ait partie, fit beaucoup de bruit. Elle brüla les bâtisses ou siégeait la lé: gislature, elle. menaça Lafontaine, elle alla l’assiéger dans sà
maison. privée. Le gouverneur fui insulté, outragé, etc; maïs
tout cela ne servit à rien. La masse de la population anglaise, ecossaise et irlandaise s’unit aux canadiens-français. Le-fana-
tisme: fut vaincu. La paix fut rétablie, “ Jhstifin et:pax osculatæ: sunt.” Chaque. nationalité put. prendre dès lors sa: légitime
part, d'influence dans. l'administration des affaires publiques.
Mes compatriotes se trouvèrent heureux: de pdéüvoir travailler.
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avec leurs compatriotes des autres origines au bien du pays. La paix rétablie, notre pays prospéra.
Nous ne demandons rien de plus messieurs: droits égaux, justice égale. C’est là tout ce que nous voulons. Alors nous aurons la paix, et avec la paix, notre pays prospèrera.
Comment, en présence de tous ces faits et surtout des conseils de l’ami dévoué des canadiens, Sir G- E. Cartier, mourant, comment les honorables sénateurs pour la division de Lauzon (Mr. Bolduc) et pour Manitoba (Mr. Girard), ont-ils pu se décider à blamer la conduite noble, indépendante et patriotique de ceux qui ne se contentent pas d’avoir été dévoués à Sir George pendant sa vie, mais qui, mettant de côté tous les intérêts personnels, portent encore le respect à sa mémoire jusqu'à suivre ses avis après sa mort et cherchent à détourner de leurs compatriotes les dangers que leur a signalés ce véritable ami des canadiens français.
Il est vraie que l’Hon. Sénateur pour Manitoba nous a dit que l'agitation actuelle, lui nuisait personnellement, qu’elle faisait plus de mal que de bien aux Territoires du Nord-Ouest
‘ou il a ses propriétés. Mais qu'est ce que cela prouve ; si
ce n’est, l’aveuglement que produit l'intérêt privé, cet aveuglement qui fait subordonner les questions les plus importantes de libertés religieuses et politiques de tout un peuple, aux intérêts matériels de la section du pays, dans lequel on a sa fortune ?
Chaque partie du discours de l’Hon Monsieur, a démontré que sa bouche ne parlait pas le language de son cœur. Il était évident que son patriotisme l’inspirait d'une manière et que ses intérêts personnels le portaient a parler autrement. En effet, n’a-t-il pas reconnu que le gouvernement était la cause des troubles de l’an dernier du Nord-Ouest? Mais a-t-il ajouté, cela ne justifie pas la révolte. Sans doute lui repondrai je, cela de justifie pas la révolte, mais chaque crime a ses circonstances atténuantes. Personne n’a jamais nié que les lois divines et humaines defendent l’insurrection, la prise d'armes contre l'autorité légitimemement constituée. Mais ces mêmes lois défendent aussi strictement de pousser ou de provcquer injustement son prochain a commettre le crime. Ces lois regardent comme également criminels celui qui provoque injustement comme celui qui commet le crime. Comment alors.l’hon. Sénateur a-t-il pu conclure des prémises qu'il a lui-même pesées, qu'il ne voyait rien de suffisamment repréhensible dans la conduite du gouverne:
ment pour le porter à lui refuser son support et sa confiance ? Par quel subtil argument peut-il démontrer qnc le gouvernement qui, a refusé d'exercer la clémence recommandée par le jury, et qui a été l'auteur de la révolte, ne se trouve pas coupable du meurtre de Riel et responsable pour la perte de plus de deux cents vies pendant les troubles.
L'hon Monsieur a lu ensuite quelques extraits de deux ou trois lettres venant nous a-t-il dit, du far ouest. Que prouvent ces extraits? Si ce n’est la mauvaise cause qu'il s’est chargé de défendre. Une de ces lettres reproche a ceux qui agitent l’opinion publique depuis quelque mois, de justifier la révolte. Je défie l’hon. Sénateur de trouver un seul fait qui puisse justifier cette assertion. Rien de semblable n'a été dit, ni par les orateurs ni par la presse favorable au mouvement. Tous ont constamment admis que les métis étaient coupables, que les lois divines et humaines défendaient la révolte. Comptant toujours, comme je l’ai dit il y a un instant, que le gouvernement était pareillement coupable d’avoir forcé, par quinze années de mauvais traitements, ces gens, généralement paisibles, tranquilles, à recourir aux armes pour se faire rendre justice. J’ai déjà répondu aux autres parties de ces lettres ou j'aurai occasion de leur répondre avant de terminer. Je me contenterai pour le moment de faire allusion à une de ces lettres Je regrette que l’hon. monsieur n'ait pas cru devoir lire toute cette épitre. Il y aurait trouvé la condamnation de la conduite qu'il a tenu avant et qu’il continue à suivre depuis la révolte. Je lirai cette partie de la lettre. Voici:
On aurait du et on aurait pu prévenir les troubles. Que n’a-t on écouté ceux qui les prévoyaient et qui én ont averti qui de droit? Nos hommes d'état ont ‘ mon respect,” mais l'erreur est trop commune parmi les hommes, pour croire qu'ils ne pourront pas souffrir qu’une ‘* voix amie” leur dise qu'ils se sont trompés.
D'ailleurs, la justice vent qu’on se souvienne qu'ils ne sont pas les seuls coupables. Les banquettes ministérielles sout au nombre de treize, mais les banquettes parlementaires se chiffrent par près de trois cent. Il est sans doute pénible et humiliant de savoir, que des ministre de la couronne ont pu affirmer officiellement qu'il ne s'était jamais fait de démarches en faveur dés Métis, soit par eux: mêmes, soit par leurs amis, mais d’un autre côté. il est aussi bien
énible de savoir que les voix isulées qui se sont fait entendre dans. es deux chambres de notre législature n’ont pas trouvé un appui assez influens pour forcer à l'étude approfondie de la situation et des moyens de remédier à ce qu'il y avait de défectueux. Dire qu’il n’a fallu rien moins que l’effusion du sang et la dépense de millions pour faire comprendre à ceux qui s'occupent de la chose publique,
pu, er
| , nee ditre-que ce,soit; que non-seulement le Nord-Ouest est un ans PASS qu’il. y à là de vastes questions sociales, qui sont loin aÿoir reçu une solution satisfaisante.
J'en viens maintenant au discours de l'hon. Sénatéur (M. Bolduc) qui a proposé les résolutions sous considération. Il n’y a que le premier pas qui coute dans la voie du mal, dit le proverbe. Ayant contribué à amener la révolte, il lui en a peu, coûté de continuer dans la même voie. Le 27 de mars. 1884, une motion ayant été faite aux communes pour demander qu'on s'y occupât des plaintes et des griefs des Métis, l'hon. Monsieur, alors membre des communes, suivit la majorité qui rejetta cite proposition si juste, si équitable. La majorité de cette cnambre ne voulut pas s'occuper de ces braves gens. Qu'ils mourussent de faim.ou non, peut leur importait. Qu'ils laissassent le pays pour s’expatrier, c'était bien, c'était autant de français et de catholiques de moins dans.le pays. Aussitôt que les Métis eurent appris ce vote hostile des représentants du peuple, ils se réunirent en assemblée et dévcidèr nt d'envoyer une députation à Riel qui résidait alors à Montana dans les Etats-Unis. Riel hésita d’abord mais son. patriotsme, l’emposta et il vint au Nord-Ouest Canadien en juin 1884. Ilse mit à l'œuvre et employa tous les moyens voustitutionnels pour obtenir justice du gouvernement en faveur de ses compatriotes,
Le Gouvernement fit la sourde oreille jusqu'à ce qu'enfin la. gnerre. éclata. Je regrette que l’Hon. Sénateur ait cru devoir persévérer dans cette mauvaise voie. Il y a certainement plus de dignité a reconnaitre son erreur qu'à y persévérer, Un bon nombre des membres de l’autre Chambre, trompés par le Gouvernement, ont voté avec l'Hon Sénateur en 1884 mais ils ont reconnu leur erreur depuis, ils ont changé leur allégéance. Honneur à eux!
Sir John À. Macdonald nous a encore donné ces jours der: niers, une preuve de ce qu'il est. |
Est-il faible, sa majorité est-elle douteuse ? il rampe aux pieds de ses amis. Est-il puissant, sa majorité est elle forte ? il ne s'occupe plus:d’eux. Ils doivent alors se soumettre à ses caprices et à son fanatisme. Quelques uns se trouvent ils-sur son chemin, vite il les sacrifie. Voyez comment il . vient de traiter l’hon. Sénateur pour Toronto (M. O’Donohoe) un de ses amis, un de ses supports de vieille date. Traite-. rions-nous ainsi, messieurs, je ne dirai pas un ami, mais même un. adversaire? (Voir le Hansard des Communes.)
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Avant de reprendre mon siège, je dois repudier la rumewr que le gouvernement et ses organes cherchent à faire accréditer ; savoir, que le mouvement actuel est du au fait que Riel était métis-français. (Ceci est complètement faux. Il faut que le gouvernement trouve sa cause bien mauvaise et qu’il ait beaucoup de difficulté à la défendre pour en être reduit à employer de tels arguements Les principales causes immédiates de l’agitation sont les suivantes :
10. Suivant la loi divine, tout homme qui devient la cause injuste d’un act criminel est coupable comme celui qui fait le crime. Or, c’est le gouvernement qui a, par les mauvais traitements qu'il leur a infligés, poussé et forcé les métis à prendre les armes. D’où nous concluons que le gouvernement est le principal et le premier coupable, et comme tel qu'il était tenu d’user de toute clémence envers Riel et son peuple.
20. Les jurés, tous opposés et hostiles à Riel et à son peuple qu'ils fussent, ayant recommandé le premier à la clémence de la couronne, le gouvernement, responsable comme il l’est de la revolte de ces braves gens, était tenu d’user de clémence.
30. D'après la preuve, telle que les documents officiels la font connaitre, le moins qu’on puisse dire, c’est qu'il y a de grands doutes sur l’état mental de Riel et qu'ainsi, en vertu du principe bien connu que le doute s'interpréte en faveur du condamné, Riel ne pouvait pas, ne devait être mis à mort.
40. Les refus du gouvernement, pendant la dernière session de changer les anciennes lois des Territoires du Nord-Ouest et de les assimiler à celles des autres provinces, démontre qu’il y avait de la part du gouvernement, parti pris de traiter injustement la population du Nord-Ouest.
5o. Le mémoire du ministre de la justice d'alors, Sir A. Campbell, est tel que tout honnête lecteur qui comparera le contenu de ce document avec les faits tels qu'ils sont maintenant constatés, en viendra à la conclusion que le gouvernement n’a eu aucune raison valable d'agir comme il a agi; au’il a sacrifié Riel à un cri de haine et de vengeance, et conséquemment qu'il doit être tenu responsable de sa mort et de la mort de toutes les autres victimes @e l'insurrection.
Voilà quelques-unes des causes immédiates de l'agitation qui s’est produite non seulement dans la province de Québec, mais encore aux Etats-Unis et jusqu'au-delà de l’océan Atlan-
tique. Ce mouvement peut avoir été plus intense dans notre …
province qu'ailleurs, mais si la chose est telle, elle ne sert qu’à
prouver que notre population a foi dans le gouvernement nd