‹ L'Orchite MaltaiseChapitre 17 sur 26 · L. P.., 27 ans, agriculteur dans un village de l'Hérault · texte numérisé non relu

L. P.., 27 ans, agriculteur dans un village de l'Hérault

Antécédents héréditaires. — Père en bonne santé, mère rhumatisante.

Antécédents collatéraux. — Une sœur en bonne santé ;

einq frères morts de & cholérine » en bas-âge ; un frère mort bacillaire à 23 ans.

Antécédents personnels. — Rougeole à 7 ans ; bronchite (?) à 20 ans, ayant duré un mois environ ; se plaint souvent de (mal aux reins ». r

Nous sommes appelé le 20 juillet 1909 pour la première fois. Le malade est de petite taille, mais de constitution normale, bien musclé, très brun. Il est alité depuis le 15,7 Jour où il prétend avoir, après une longue promenade, pris froid. Cependant, il (ne se sentait pas bien » depuis quelques jours déjà. Il se plaint surtout de courbature générale et de quelques douleurs localisées plus fortes. Il est constipé depuis 3 jours et n’a aucun goût de prendre.

Sa figure est rouge, congestionnée ; langue saburrale 2 39°5, température axillaire ; 110 pulsations, Rien d’anormal à aucun organe, si ce n’est une certaine dureté du ventre. Le malade sue légèrement. Nous conseillons une purgation (eau de Janos), du salicylate de soude à doses décroissantes, et recommandons de prendre régulièrement la température. Comme alimentation : lait et bouillons maigres.

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Le 22 juillet, le salicylate n’a encore produit aucun effet. Le malade sue abondamment ; céphalée très pémble ; foie légèrement hypertrophié et un peu douloureux à la pression. La température varie entre 38 et 39° ; diarrhée, depuis la purgation, qui persistera, abondante, pendant une quinzaine de jours (1). Crampes dans les membres mférieurs. Albumine, 0,30. centigrammes par litre. L’albuminurie persistera, malgré le régime lacté, pendant très longtemps en variant entre 0,40 et 0,20 centigrammes par litre. Rate normale, pas de taches rosées, pas d’épistaxis.

27 juillet. — Les douleurs ont presque complètement disparu ; il persiste néanmoins un peu de céphalée ; sueurs profuses. La température oscille entre 37,8 et 38,9. Pouls régulier, plein, mais plutôt ralenti par rapport à l’hyperthermie. Légère congestion des deux bases, plus accentuée à droite.

Le 2 août, le malade prétend être guéri ; il ne souffre plus ; la température est à 36,5 ; mais il est affaibli et amaigri. Nous n’avons toujours pas fait de diagnostic ferme.

Tout à l’air de rentrer dans l’ordre ; il n’y a que l’albumine qui nous empêche de remettre le malade à une alimentation plus riche, lorsque

Le 12 août, la fièvre revient (38°3), et le malade pré-

sente tous les symptômes d’un abcès péri-amygdalien (2) :

(1) Nous avons remarqué, dans d’autres cas encore, que souvent la purgation au début d'une fièvre infectieuse produit l'effet regrettable de causer une longue et fatigante diarrhée, sans parler des cas où elle est cause d'une hémorragie intestinale.

(2) Nous venions la même semaine, d’inciser par voie buccale deux abcès péri-amygdaliens qui avaient présenté les mêmes

symptômes,

FRE TU 0 dysphagie intense, trismus, nasonnement, salivation abondante, courbature ; mais à l’inspection, pénible naturellement, on ne voit que de la rougeur de la paroi pharyngienne. Il y a toujours de l’albumine, à laquelle s'ajoutent l’anorexie et la constipation en remplacement de la diarrhée. | GE

Le 17 août, le malade, après quelques badigeonnages à un collutoire boraté et des gargarismes antiseptiques, se sent de nouveau « guéri », Défervescence.

30 août. — Même état ; très légère hyperthermie (37,2- 37,3), anorexie, asthénie. L’albumine a presque disparu. Nous ordonnons des toniques : kola, quinquina.

Le 10 septembre, on nous fait venir d’urgence. Le malade, lequel semblait être en pleine convalescence et qui n’était pas encore sorti, ne s’est pas levé ce jour-là. La fièvre l’a repris la nuit : 39,7 et les parties lui font horriblement mal. Il est maigre, pâle, anxieux ; Son pouls est à 124, La jambe droite est fléchie, en abduction et en rotation externe. Sur la face interne de la cuisse coITespondante repose un testicule gros comme un gros œuf, tendu, extrêmement douloureux à la pression. L’épididyme est régulièrement et totalement hypertrophié ; cependant, la queue en est plus dure que la tête ; quant au cordon, il est de la grosseur d’un doigt moyen et, lui aussi, douloureux à la pression. On ne perçoit ni épanchement dans la tunique, ni fluctuation, mais les bourses paraissent œdématiées. Aucun écoulement urétral ; le malade n’a subi auçun traumatisme et urine normalement. Pommade mercurielle (il n’y a plus d’albuminurie), et cataplasmes.

14 septembre. — La température est moins élevée (38°5-39°), le malade moins anxieux, mais la douleur est toujours exquise. Des applications de glace produisent en 24 heures une amélioration considérable.

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Le 18 septembre, la douleur a complètement disparu ainsi que la fièvre ; le testicule est moins tendu, mais toujours plus gros que normalement ; l’épididyme et le cordon ont diminué très sensiblement.

Le 29 septembre, nouvelle ( guérison ». Le testicule est revenu à son état normal. Pas d’induration. Le malade recommence à s’alimenter. Hé

Une nouvelle hyperthermie, mais très légère (37°-37,5) survient le 11 octobre ; elle dure 4 à 5 jours et disparaît pour ne plus revenir. Nouvelle période de légère albuminurie. Le malade ne souffre plus de rien, mais le 28 octobre, lorsque nous l’examinons pour la dernière fois, il se sent toujours sans forces, sans ( courage ».

Nous venons de revoir ce malade. Quelques semaines après notre dernière visite, il a présenté des douleurs variées comme ‘intensité et comme siège : Epaule droite, coude droit, douleurs lombaires ; douleurs musculaires dans la région antérieure des cuisses.

Pas de desquamation ; pas de chute des cheveux. Le. patient est complètement remis et s’occupe.

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