‹ L'Orchite MaltaiseChapitre 18 sur 26 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Due à l’obligeance de M. le professeur agrégé Leenhardt

Fièvre de Malle, — Orchite. — Guérison

M. R., demeurant à Montpellier, entrepreneur de transports, 39 ans, est atteint depuis une dizaine de jours de malaises généraux, douleurs vagues dans les membres et les reins, mal de tête, abattement. Incapable de travailler depuis ce moment, il a même été contraint de garder le ht depuis 3 Jours,

Antécédents personnels. — TExcellents, n’a jamais été

malade. Pas d’éthylisme. Homme fort et robuste. Pas. de blennorrhagie antérieure.

Antécédents héréditaires. — Bons. Père et mère bien portants. Un frère bien portant. Marié. Pas d’enfants,

La maladie actuelle a débuté incidemment par les phénomènes déjà signalés. En outre, en interrogeant le malade, il déclare qu'il n’a plus d’appétit et que depuis 8 jours, il ne prend que du lait et du bouillon ; il ne vomit pas, mais est très constipé ; il urine bien, ne tousse pas. En résumé, aucune douleur locale, sensation de brisement général, de courbature, mal, à la tête, perte de l’appétit, constipation.

Examen le 15 novembre 1909. — Malade, allongé dans son lit, abattu, répondant lentement et difficilement aux questions qu’on lui pose. Les divers appareils examinés tour à tour ne présentent aucune modification de l’état normal. Respiration normale. — Cœur, Bruits normaux bien que légèrement accélérés. Pouls à 96. Langue saburrale, recouverte d’un épais enduit blanc verdâtre, Abdomen souple, ne gargouillant pas, pas de taches rosées. Foïe et rate normaux. Urines normales, Système nerveux normal. Réflexes normaux. Pupilles normales. Examen de la gorge normal. Température, 38°5. |

Diagnostic. — En récapitulant les résultats de cet examen, on est étonné, alors que tout portait à croire, en interrogeant le malade, qu’il était atteint de fièvre typhoïde, de ne trouver aucun symptôme précis de cette maladie. Le diagnostic reste donc en suspens. Le malade reste doné au lit, au lait, pyramidon et petites prises répétées de sulfate de soude contre la constipation. |

16 novembre. — Même situation. T. m., 38°2 ; soir, 3924.

Du 17 novembre au 25 novembre, — Les phénomènes sont restés les mêmes : les manifestations douloureuses

LR ES erratiques ont cédé, le malade se sent moins anéanti, la langue est toujours très sale, la constipation ne cède qu'à des lavements.

Du 25 novembre au 5 décembre, la situation reste encore sensiblement stationnaire. Le malade se plaint de beaucoup transpirer. La constipation est un peu moins opiniâtre et l’état général un peu meilleur. A l’examen détaillé de tous les organes, on ne constate aucune modification de l’état normal. La température baisse un peu,

Du 5 décembre au 20 décembre, l’amélioration s'est accentuée, la fièvre a presque disparu, le malade se sent mieux, demande à se lever et à manger. Les transpirations persistent intenses, la nuit surtout, et siégeant surtout à

la face et à la nuque.

A partir du 27 décembre, le malade se sent tellement mieux qu’il ne prend plus sa température, se lève, mange un peu, Il ne se plaint encore que d’une chose, c’est le manque de force et d’entrain, il peut à peine marcher ; il a beaucoup maigri ; la constipation persiste moins Intense. Pendant toute cette période, le diagnostic porté a été celui de fièvre muqueuse. |

15 Janvier. - —— Depuis trois jours, le malade qui se sentait de mieux en mieux depuis le 1° janvier a été repris de malaises généraux, sueurs, abbattement, fièvre (380,8).

On le retrouve dans la même situation qu’il y a deux mois : même absence de symptômes.

Tous ces phénomènes persistent Jusqu'au 21 janvier. A ce moment, l'amélioration se produit. Chute de température, amélioration de l’état général : reprise de l’alimentation Le 4 février. |

Du 4 février au 18 février, le malade, quoique levé et relativement bien portant, n’a pas retrouvé sa santé habi-

tuelle ; il est constamment fatigué ; il peut à peine se

promener quelques instants dans sa chambre ou autour de sa maison. La température prise de temps en temps ne dépasse pas 37°,

Le 20 février, en cherchant à déplacer un objet un peu lourd, il est pris d’une violente douleur dans le scrotum du côté gauche, douleur vive, lancinante, qui le force à se mettre au lit,

21 février. — Le serotum est rouge, gros, douloureux au moindre contaët. À un examen plus détaillé, on constate que le testicule £ gauche est douloureux à la pression et fortement augmenté de volume — des dimensions d’un œuf — d’une façon uniforme, sans bosselures, ni noyaux ; l’épididyme participe à l’inflammation : cordon normal, pas d’épanchement vaginal apparent.

Depuis hier soir, la température est remontée (38°,4) ; la langue, qui ne s’était jamais complètement nettoyée, est de nouveau fortement saburrale ; le malade est d'autant plus abattu qu’il souffre vivement de son testicule gauche.

Du 21 février au 18 mars, évolue une orchite nettement caractérisée. Les phénomènes douloureux ont cédé à des pansements humides chauds, au bout de huit jours. Le testicule reste gros et douloureux à la pression jusqu’au 15 mars. Une légère température irrégulière persiste pendant tout ce temps, accompagnant un état général défec- ; tueux, sueurs profuses chaque nuit, perte d’ appétit, Le

pation.

Le 20 mars. — Le séro-diagnostie pratiqué par M. Laggrifoul vient confirmer le diagnostic de fièvre de Malte par un résultat très positif, et négatif pour l’Eberth.

Jusqu'au 31 mars la température persiste légèrement : le testicule, diminué de volime, n est plus douloureux, mais reste encore hypertrophié.

Revu le 30 avril, le malade n’a plus présenté de rechutes.

Rte

La température ne s’est plus élevée au-dessus de 37°, mais jusqu’au 20 avril, l’état général est resté encore défectueux, manque d’appétit et pas de forces. Depuis une dizaine de jours, une amélioration notable dans ces symptômes. Le testicule est complètement revenu à l’état normal. :

30 mai. — Pendant le mois de mai, les forces du malade sont bien revenues, l’appétit également. Le 20 mai il a pu reprendre partiellement son travail. |

30 juin. — Revu une dernière fois, la guérison paraît complète : le malade ne se plaint plus de rien ; il a repris son travail et se retrouve comme autrefois. Pas d’atrophie testiculaire.

En résumé, fièvre de Malte caractérisée par trois r'echutes successives. Orchite au moment de la troisième rechute. Guérison complète apparente depuis.trois mois. Séro de Wright positif. | :

OBsERvATION XII (Résumée)

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