‹ L'ordonnance du medecin comedie vaudeville en un acteChapitre 7 sur 37 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

ENSEMBLE

Agissez donc, etc.

LISETTE

Agissez donc, etc.

LE CHEVALIER, à part.

En vérité je ne puis concevoir,

Ce qu’on attend ici de ma présence,

Ce vieux docteur me parait en démence.

Quels sont enfin ses projets, son espoir?

{Le docteur tort avec Litctle par le fond).

\ SCÈNE m.

LE CHEVALIER, seul— puis SÉRAPHINE-

LE CHEVALIER, Seul

Voyons donc, voyons donc!... pour qui me prend-on? Ce vieux docteur !... me baiser la main ... quel original!., mais comment?-.. Ah ! ma foi, les amoureux n’ont pas besoin de comprendre. .. surtout un amoureux à jeûn comme moi... On me cède la place— c'est ce que j’y vois de plus clair...

SÉRAPHINE, dans la coulisse de gauche.

Lisette ! Lisette !

LE CHEVALIER

J’entends sa voi.x...

SÉRAPHINE, entrant, et d’abord sans voir le chevalier.*

■' C’est insupportable! voilà une heure que je vous sonne, mademoiselle... (j4percet'an< le càcfaber.) Ah !

De grâce!...

SÉRAPHINE

^ -Imprudent! oser venir jusque dans ce château 1 Quel est votre espoir?... Lisette!... auriez-vous éloigné ma femme de chambre? '

LE CHEVALIER

Vous ne le pensez pas. Madame-., 'non... mais, depuis hier, je no vous ai pas vue... c'était trop attendre un bonheur auquel vous m’avez habitué...

SÉRAPHINE

Habitué? Mais il me semble que voilà trois jours seulement...

,, .il,, LE CHEVALIER.

11 est vrai... poursuivi par les gens du roi, pour avoir blessé en duel un de mes camarades... le frère de la comtesse de Ludes... page

* Séraphinc, le chevalier.

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L’ORDONNANCE DU MÉDECIN

de l’écurie comme moi-, je n’ai eu que le temps de me réfugier dans VQtrjîparc où j’errais au hasard.. . lorsqu’une femme... un^atigpl passa près de moi tenant un livre et absorbée par^sà lecture^. j«j, pousse un cri d’admiration... ■ :• ,11. 'ifu;

StRAPlIlNE. ... ;

Je me sauve... , . **

LE CHEVALIER. •' ,

Npn -.permeltez-moi de rectifier les faits... Vous ne vous sauver

pas..T i V > , 'I

t . \ . SÊUAPIUNE , .

C’est vrai! {À part-) L’admiration, ça ne fait jamais sauver les ferpmos...,, .1 ' '

. n LE CHEVALIER. lir

D’ailleurs, ttombantf à genoux, je saisis une de vos.raaiils en voiis criant : Pitié pour un proscrit!... Depuis, je vis caché dans un pavillon de chasse abanrlonné, au fond de votre parc... Seule vous avez, mon secret...

SéRAPHINE. • l''

Il y allait de vos jours, disiez-vou.s... Mais justement vous montrer ici!... Ah ! on a bien raison de dire ; Hardi comme un page... Et vous ne craignez pas?... '

LE CHEVALIER

On ose tout quand on est amoureux ! . , .

SÉRAPHINE, à part.

Quelle différence avec mon mari ! ■

LE CHEVALIER

Oh! VOUS me pardonneriez si vous saviez... - . ,1 •

SéRAPHINE.

Vous pardonner! au contraire ! je veux vous gronder encore!... ces feuillets de tablette sur lesquels vous m’avez écrits des choses !

' LE CHEVALIER

Eh! bien, oui... ce matin ne vous voyant pas .. j’ai jeté ce billet au crayon dans l’allée des chênes... vous l’avez' trouvé.;, et c’est sans doute pour me punir que vous n’étes pas venue jusqu’à ma retraite, m’apporterer de douces paroles ..

f SÉllAPUINE. ^

Et les tartines do confitures avec lesquelles' vous déjeùnez depuis cas trois jours... il, ,

LE CHEVALIER, à part.

Elle appelle ça déjeùner !‘ ' 1

8ÉRAPHINE.

Hélas ! Monsieur^ j’ai çrpiqt dp, mç confier même à Ljsej,te... et alors’, tblit 'ce qué je pdùVa is faire. - c’était de vouS donner éi^ secret les friandises de mon dessert... les colifichets de mes oiseaux...

. / 1 t -lil 11/ I ti lîii * i!

i-.;r Oo. *,r- il - ,e chevalier, à part. |

Bllè rhe nourrît' comme un un serin. {Haut, avec une chaleur feinte.) Eh! que m’importent ces veines préoccupatious ! pourquoi prolOp-' ger une existence dont vous faites le tourment... .4h ! RIadame {Il jette son chapeau sur le qpnapé )

séKAPHi^iE, troublée. ' ' ' '

Je vous en prie, Monsieur... .\llez vous-en... on pourrait vous surprendre... je serais compromise... {allant ouvrirun petit buffet.) Ah 1 mon Dieu... il est presque vide... c’est égal... {Lui donnàtit quelques légères pâtisseries.)Teaez... partez... emportez cela...

hi c«E\AUEti, les dévorant. .

Ohl Madame, toujours... votre pensée... suffiiti... pcuir me soute-' nir... (à part.) C’est une goûte d’eau dans un puiLs... {Haut, avec chaleur, tendant la main.) Ah! c’est quand on aime eoniine je vous aime... qu’on se fait une idée des anges... où l’on ne vît que dO’ chants séraphiques. . . où l’on ne connaît point ces viles exigences...

StRAPHlNE. ’

Meltez-en dans vos poches. ‘

" ' i.E CHEVALIER. '

Que je songe en votre présence à ces besoins grossiers, non, Madame, non!... {Il tend toujours la main.)

sénAPiiiNE , lui montrant d’uii air triste le buffet vide.

Il n’y en a plus... “

LE CHEVALIER,' A part.

Tant pis!... (H^aut.) Oui, Madame... je...

SÉRAPH1NE.

Ciel ! Lisette !

• SCÈNE rV:

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