‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 108 sur 129 · VILLAGES · texte numérisé non relu

VILLAGES

(U argent^ à un double delta de sable, Vaire du milieu chargé d'un cœur de gueules)

Cette maison est connue depuis le règne du roi René. Elle était établie à Marseille, à Arles et en Languedoc. La branche d'Arles a fourni deux chevaliers de Malte :

I. Paul- Antoine de Villages, fils d'Henri, seigneur de la Chassagne, et d'Antoinette de Romieu, mariés le 15 septembre 1626. Il fut reçu chevalier le 5 février 1650. Son père et sa mère furent ensevelis dans la chapelle Saint-Etienne de l'église Saint-Trophime d'Arles. Elle portait cette inscription, qui rappelle des fondations faites par la famille :

ANNO DNI MDCXLU. DIE XXIH, JANN. HOC SACELLUM NOBILLISS. HENRICO DE VILLAGHS DNO DE LA CHASSAIGNE PIC FAVORE ET SPECIALI GRATIA VENERAB. CAPI. STŒ ECCLES. CONCESSUM PRO SE ET SUIS NECNON PATRONUS EJUSMODI s" STEPNI SACRARII A MAJORIBUS SUIS JUSPATRO- NATUS CGNDITU. AN. M CCCCXCIII. D. XXVI. FEBRRII AC NOVISSIME DOTATUM ET ILLUSTRA. PER D. HENR. AD CELEBR. MISSAM TRIB. DIEBUS HEBDOMADŒ SCT LUNŒ MERCU. ET VENERIS. NOTA SUMPTA PER MAG. BALT. DESVIGNES TABEL. PUB. AREL. ANNO MDCXLHI. DIE HI. MENS JANUAR.

JACENT HIC D. VILLAG. ET NOB. ANTON. DE ROMIEU CONJUGES, ORATE PRO EIS (l).

I. Robert d« Briançon : Op, cit., m, p. 841. — Bonnemant : Op. cit..

2. Jacques de Villages était fils de Jean et de Gabrielle de Roys de Lédignan, mariés à Beaucaire. Il fut reçu chevalier le 7 décembre 16S2. Le 31 janvier 1690 il fut parrain, à Saint-Martin, de Blanche Agnès de Barrême, fille de Jean-Baptiste, juge au siège d'Arles, et de Gabrielle de Gras- Preigne. La marraine fut Blanche de Forbin ; leur filleule ne vécut pas. A partir de cette date Jacques de Villages est souvent présent aux réunions des chevaliers de Malte dans la ville d'Arles. En 171 1 et 1712, nous le trouvons commandeur d'Homps. Il obtint ensuite la commanderie de Cavales. Il fut nommé commissaire pour la vérification des titres anciens des archives du Grand Prieuré et nous avons donné (p. 106) le rapport qu'il lut à la session de novembre 1730. Le 4 mai 1732 il assista à la profession religieuse de Trophime-Elzéar de Romieu, qu'il chaussa des éperons d'or. Il mourut avant 1744(1).

Avec cette famille se termine la longue liste des chevaliers que la vieille noblesse d'Arles a fourni à rOrdre de Malte. La bourgeoisie lui a donné également un certain nombre de ses enfants en qualité de chapelains conventuels. Ils étaient prêtres et chargés du service spirituel des armées, sur les vaisseaux de la religion, et de la desserte des principales églises de l'Ordre comme Saint-Jean, de Malte (2), la collégiale de Saint-Gilles (3) et le

I. Archives de M, le baron du Roare : Dossier Villages la Chassagne* 3. L'église Saint- Jean, à Malte, était c parfaitement bien servie ». Elle possédait € une argenterie infinie et des ornements magnifiques ». Le Prieur était crosse et mitre comme les évéques. Il avait sous sa dépendance 60 prêtres, sans compter les diacots L'égli<;e, peu remarquable comme vaisseau, était décorée de belles peintures. Bibliothèq.ue munici- PALB DB Nîmes, ms 305 : Mélanges historiques et archéologiques, pp. 4^7-8.

3. La collégiale de Saint-Gilles, réformée en 1^06 (voir p. }% fataug-

prieuré de Saint-Jean d'Aix (i). Ils devaient prouver, avant leur admission, la légitimité de leur filiation et l'honorabilité de leur famille pendant cent ans. Pour faire cette constatation on observait les mêmes formalités que celles en vigueur pour la réception des chevaliers. Un certain nombre de commanderies leur étaient réservées dont les plus connues sont celles d'Espinas, de Joucas, de Narbonne et de Valdrôme. Ils assistaient aux réunions des chevaliers au Grand-Prieuré et prenaient rang, après eux, chose étrange et qui nous semble aujourd'hui un manque d*égard envers le sacerdoce ! 11 n'était pas rare, surtout à la session de mai, d*en rencontrer cinq ou six et quelquefois un plus grand nombre. Les chapelains avaient, comme les chevaliers, une croix d*or à quatre branches, émaillée de blanc, suspendue à un cordon noir, mais ils ne la portaient qu'avec permission spéciale du Grand-Maître (2).

Voici les noms de quelques-uns de ces

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