‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 18 sur 129 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

SOMMAIRE : La maison des Hospitaliers à Saint-GiUes, détruite. — Nouvelles assemblées à A/les. — Quelques chevaliers se font protestants. — Le Grand-Prieur Claude de Glandevès, sa mort, sa sépulture. — François de Panisse lui succède. — Le commandeur Antoine de Flotte aux États de Blois. — Chevaliers présents au Chapitre de 1577. — Visite du cardinal d'Armagnac. — Nouvelles réunions. — Projet de bâtir un local pour les archives. — Les Espagnols logés dans la maison des chevaliers. — Mal vus ils quittent la ville. — L'Hôtel occupé par des soldats artésiens. — Mort de Panisse; ses successeurs : Puget, Saint- Aubin, Lussan. — Le local des archives. — Le Grand- Prieur de Lussan assiste à une course de bague. — Vol à la maison Saint-Jean. — Visite canonique de i6i3.

I E dimanche, 27 septembre 1562, eut lieu la grande bataille de Saint-Gilles entre catholiques et protestants où plus de deux mille hommes périrent, entre autres deux chevaliers : Giraud de la Tour, dit Cogolin, commandeur de Jalès, et Jacques de la Tour, dit du Brau. Ils étaient de même maison. Giraud était fils de Jean-Antoine de la Tour, seigneur de Cogolin en Provence, et Jacques était fils de Louis de la Tour, citoyen d'Arles et d'Antoinette de Glandevès-Gréoux. Après ce combat, les sol-

dats huguenots pillèrent Téglise de Saint-Jean, démolirent les autels, brisèrent les tombeaux et enlevèrent toutes les richesses de la maison prieurale. Heureusement un arlésien, le chevalier Bertrand de Varadier de Saint- Andiol, avait fait porter à Arles, au mois de mai précédent, les vases sacrés et les archives du Grand-Prieuré (i). La maison de Saint-Gilles, étant détruite, les Grands- Prieurs se réfugièrent à Arles. Déjà cette même année, le 23 mars, le Chapitre au lieu de se tenir à Montpellier, s'était réuni dans la maison d'Arles, à cause des dangers d'un séjour à Saint-Gilles, sous la présidence d'Antoine de Thésan, commandeur de Morlas et de Garidech, qui prit possession du Grand-Prieuré au nom de Louis du Pont, dont il était le lieutenant.

L'hérésie protestante trouva des adhérents jusque parmi les chevaliers de Malte. Nous n'en citerons que deux, originaires d'Arles : Robert de Porcellet dit Maillane et Antoine de la Tour. Robert était fils d'Honoré, seigneur de Maillane, ancien consut de Beaucaire et de Marguerite de Pontevès. Il fut reçu chevalier le 7 mai 1548. Il se trouvait à Tripoli au moment de la prise de la ville par les Turcs en 1551, il fut fait prisonnier et ne recouvra sa liberté que grâce au crédit de Gabriel de Luetz, baron d'Aramon, ambassadeur à Constantinople, qui fit délivrer aussi les autres chevaliers détenus en même temps que lui. Il quitta l'ordre, se fit huguenot et se retira à Genève où il épousa, en 1555,

I. Bertrand était fils de Jérôme de Varadier et de Catherine de la Tour. Il posséda les commander tes de Ga«-Francës et de Saint -Pierre de Campnblic-lès- Beaucaire. U ent deux enfants naturels .d*Angéline Tur^ patola : Antoine et Catherine, légitimés dans la suite. Bertrand mourut à Malte en x^i. Bakon ou Rourb ; Les Meyran et leurs alliances, p. 89s.

Barbe de Bouc qui avait été religieuse dans le pays de Beauce, de laquelle il eut deux enfants, et, le 4 juillet 1568, aaudine de Taulignan qui le laissa sans postérité. Robert mourut à Beaucaire, le 29

juin 1605 (1). ^ ,

Antoine de la Tour n'imita pas ses aines dans la défense de la foi cathoUque. Il était fils de François de la Tour et de Guimette Bérenguier. Il fut baptisé à la paroisse Saint-Martin d'Arles le 27 janvier 1555. U fit profession dans l'ordre de Malte le 24 juin 1574 mais bientôt il se laissa gagner aux idées de la Réforme, et, malgré ses vœux, quitta la religion, embrassa le protestantisme et se retira à Nîmes où il se maria une première fois avec Catherine d'Amphoux qui fut mère de deux enfants, et une deuxième avec Jeanne de la Beaume, dame de Sauzet, décédée sans postérité (2).

Le Grand-Maître apprit ces défections avec beaucoup de chagrin et il s'en plaignit dans deux lettres qui furent lues au chapitre tenu à Avignon en

Une nouvelle assemblée eut lieu à Arles, le 7 mai 1567, par les soins du chevalier Antoine du Pont, neveu du Grand-Prieur, dans laquelle on s'occupa du temporel de l'ordre qui avait eu beaucoup à souffrir de déprédations dans ces temps troublés (4).

t. Raybaud : Op, cit,f ii, pp. i8o, lao, lai, — BAmox do Rourb : Op» cit., p. 1083.

3. Bibliothèque d'Arles. Ms. 300 : Abbé L, Bowmeuant : Le Nobiliaire de la •aille d'Arles, verbo la Tour, Barost du Rourb : Op, cil,, pp. 8>6-857.

}, Raybaud : Op. cil., ii, p. 133.

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