Ratbaud : O/. ff/., II, pp
1631, présidée par François de Boniface la Molle qui mourut peu à près et à laquelle assistèrent neuf chevaliers et deux prêtres ; celle du 31 janvier 1632 où furent présents six chevaliers, tenue par Honoré de Quiqueran de Beaujeu ; enfin le chapitre du 4 mai suivant dirigé par Jean-Paul de Lascaris- Castelar, commandeur de Saint-Aulaire qui devait mourir Grand-Maître le 14 août 1657. Quant au Grand-Prieur il tint les assemblées suivantes: I" mai et 7 novembre 1633, 6 avril, 23 mai et 6 novembre 1934, 5 mai et 5 novembre 1635, 4 mai et 3 novembre 1636, 3 mai 1637.
Deux jours après la mort de Claude d'Urre- Venterol, une réunion extraordinaire eut lieu pour l'élection de son lieutenant. Ce fut Antoine de Puget-Saint-Marc qui fut nommé, et présida ces comices. Il était fils d'autre Antoine et de Philippine de Renaud. Il fut commandeur d'Aix, grand commandeur et bailli de Manosque en 1659. Sa mort arriva au mois de mars 1664.
En attendant la nomination et l'arrivée du nouveau Grand-Prieur Jacques de Châteauneuf-Mollégès, commmandeur d'Avignon, présida en sa qualité de plus ancien, les assemblées des 7 août, 10 septembre et 2 novembre 1637. Il était fils de Trophime et de Pierrette d'Autric et avait été reçu chevalier le 18 mai 1595 (i).
Le Grand-Prieuré fut dévolu à Honoré de Quiqueran-Beaujeu. Il était fils de Robert de Quiqueran de la ville d'Arles et d'Alix de Meyran, naquit le 14 juin 1572 et fut baptisé le lendemain à la paroisse Saint-Laurent. Il était commandeur de
X. Ârch. des B.-da-R. — Ordre de Malte, — Chapitres et assemblées (1622 à i6jyj. Vol. XII. — Ratbaud : O/. cit,,n, pp. a33-ss6.
Condat près de Périgueux et de Saliers quand sa nomination le surprit à Malte le ii août 1637. Quelques jours après, le 10 septembre, son lieutenant Paul- Antoine de Robin-Graveson prit, en son nom, possession de l'Hôtel prieural et fit différentes réparations, comme dorer les plafonds, ainsi que cela se pratiquait à cette époque. Quiqueran partit le 5 décembre suivant pour venir résider dans son prieuré. Une tempête obligea le vaisseau qui le portait à débarquer en Sicile. Il passa à Messine les premiers mois de 1638, puis fit voile vers Marseille, où il arriva le 25 avril, et trois jours après il était à Saint-Martin de Grau, « où le sieur François de Quiqueran Beaujeu, son frère et premier consul de la ville, ayant auparavant consulté avec messieurs ses collègues et aucuns de la noblesse de la ville des honneurs qu'ils luy dévoient rendre à son entrée, eu esgard tant à son rang et charge qu'à ce qu'il estoit originaire et natif de la ville, chose quy de longs siècles auparavant n'avoit esté veue, il feust par eux trouvé bon qu'il s'arresteroit pour y dîner, que ledit sieur consul, en qualité de frère seulement riroit trouver, accompagné de Messieurs ses fils et quelques deux ou trois amis seulement, pour luy rendre les honneurs et bienvenue particulière de leur maison, et qu'incontinent après leur disner il s'en reviendroit à la ville seul ou accompagné comme bon lui sembleroit pour y faire sa fonction en qualité de consul ensemble avec Messieurs ses collègues, que dans cet intervalle toute la troupe restante de ses amis, l'iroit accueillir à cheval audit lieu de Saint-Martin ou moins avant, selon qu'ils trouveroient bon, et qu'après ledit sieur Grand-Prieur, arrivant à la porte de Marché Neuf;
y seroit de nouveau accueilly tant par ledit sieur premier consul, son frère, que par les sieurs ses collègues, le chaperon sur le dos, les uns et les autres, et du corps de la communauté, les trompètes sonant pardessus les murs du portail, où il seroit receu, là où arrivé les sieurs consuls luy protesteroient des ressentiments qu'eux et tous les habitans de la ville avoient de son heureuse arrivée, et de sa promotion en son Prieuré, et après l'accompagnèrent ainsi en chaperon jusques en son logis, toutes lesquelles choses feurent par eux ponctuellement exécutées :> (i).
Honoré de Quiqueran s'occupa activement du perfectionnement du palais prieural, et y dépensa soixante mille livres, au dire de son neveu et biographe, Pierre de Quiqueran (2). Le 8 septembre 1639, il acheta à la ville une plateforme contigué au Grand-Prieuré, en dehors de la porte Saint- Jean, pour la somme de 530 livres 12 sols. C'est là <ju il fit construire cette aile du bâtiment faisant face à l'ouest, démolie en 1864, pour Texécution des travaux de défense contre les intumescences du Rhône (3).
Il tint régulièrement, dans son hôtel, les réunions ordinaires des chevaliers de Malte. Voici celles qui eurent lieu sous son règne : les assemblées des 2 mai, 4 juin et 8 novembre 1638, des
I. Biblioth. muDicip. d'Arles. Abbé L. Bosnhmant : Annales de la ztlU et Arles, Ms. 319, f» xo8.
a. Nous avons écrit, avec les notes laissées par Pierre de Qaiqueran, la biographie plus complète du Grand-Prieur de Quiqueran. Elle fait suite à celte étude dans un travail relatif aux chevalicri de Malte d Arles.
3. Arch. municîp. d'Arles. Délibérations du Conseil. BB. 38 (1610-
i«' mai et 7 novembre 1639, présidées par le Grande Prieur; celle du 20 novembre 1639 présidée par Guillaume de Vincens Savoillan, commandeur de Sainte-Luce, mort Grand-Prieur. L'assemblée du mois de novembre 1640 et le chapitre du 4 mai 1641 furent de nouveau dirigés par Henri de Quiqueran ; enfin la réunion d'automne de la même année fut présidée par Jacques de Châteauneuf- Mollégès, commandeur d'Avignon,
Les réunions de l'automne de 1639, à cause de leur intérêt, méritent d'être mentionnées :
On sait que par un édit de Charles VIII, roi de France, rendu en 1489, les Israélites étaient obligés sous des peines très rigoureuses, de quitter la Provence ou d'embrasser le christianisme et que plusieurs d'entre eux, à la suite de cette ordonnance, se convertirent à la religion catholique. Le roi Louis XII avait, en outre, en 1513, établi une imposition de 5.000 livres sur ces néophytes. En 1633 la liste de ces nouveaux chrétiens fut envoyée de Malte par les chevaliers de Vieu et Merieu de la langue d'Auvergne, au Grand-Prieuré de Saint- Gilles, avec ordre du Grand-Maître de l'inscrire dans les registres capitulaires. En conséquence à rassemblée du 7 novembre 1639, Denis de Polastron de la Hillière (i), « commandeur de la Cavalerie et de BourdeUes >, et le chevalier Louis d'Astoaud Bezaure furent nommés commissaires pour examiner cette liste, écrite en français et en italien, et quelques jours plus tard, à la réunion pré-
I. Denis de Polaitron aprëi avoir exercé plosieors charges dans l'Ordre moniift à Malte le i*' septembre 1663, à l'âge de 86 ans. Son neveu, Jean-Denis-Gabriel de Polastron lui fit élever nn tombeau à ses dépens, dans l'église Saint-Jean, à Malte. Nous relevons, aux Pièces justifieaiiws, l'épitaphe qui l'ornait.
sidée par le commandeur de Sainte-Luce, Guillaume de Viiicent-Savoillan, ils déposèrent leur rapport où ils disaient : « Nous dits commissaires sommes d'avis premièrement que les susdites listes sive roUes seront enregistrés en ce présent libre de mot à mot, comme sont escrittes une en français et l'autre en itallien ; secondement qu'il plaise aussi à la vénérable langue de tacher dé recouvrer d'autres roUes ouvériffications sy point en y a, des autres familles qui sont de race judaïque, et qui ne sout point compiises dans les susdits deux rolles ; en troisième lieu qu'il plaise aussi à la langue envoyer coppie d'iceulx rolles aux deux prieurés de Saint-Gilles, de Tholose, affin qu'ils y soient enregistrés; et que Ihorsque quelqu'ung présentera sa requeste pour estre receu en nostre ordre et vénérable langue, en quel degré que ce soyt, l'on doibve leur reffuser commission, sans escandaliser personne, et finalement sommes d'avis de dépputer des commissaires in partibus pour servir laditte langue en ceste aflfaire sy importante. » Les conclusions de ce rapport furent adoptées ncmine discrepantc^ et on nomma commissaires in />ar/i7>w5 Jacques de Châteauneuf-MoUégès, commandeur d'Avignon, François de Mars-Liviers, commandeur de Millau, Bertrand de Luppé-Guarrane, commandeur do Valence, et le chevalier Paul Antoine de Robin-Graveson, « aux deux premis requis et en l'absence les uns des autres >. Par suite de cette délibération les descendants des juus convertis ne pouvaient aspirer à être chevaliers et cette prescription fut généralement obsen-ée (H.
En cette année 1639, année de très grande sécheresse, on découvrit touchant les murailles du Grand-Prieuré, dans le Rhône, en cet endroit pourtant bien profond, sortant à moitié de Teau, un tombeau de marbre qui, depuis 1838, a été retiré du fleuve et a été déposé au Musée lapidaire d'Arles. Il porte cette inscription en caractères romains :
LICINIiE MAGN^QUE MATRO N^. LUCIUS SEVERUS. T. JULIUS VALENTINUS. T. JULIA VALENTINA FRATRES T. LICINIUS RUSTICUS, C. LEG. III AUG MARITUS (l).
Le Chapitre provincial de 1640 se tint à Marseille le 24 juin « attendu la contagion dont la ville d'Arles était affligée », dans la maison de la commanderie possédée par le bailli Paul-Albert de Forbin, ce fut même lui qui eut la présidence de la réunion (2).
Honoré de Quiqueran fit aussi réparer l'église prieurale de Saint-Gilles presque détruite par les Calvinistes en 1622. 11 mourut à Arles, après quatre ans de séjour, le 25 avril 1642 à minuit. Dans son testament il avait déclaré qu'il voulait être enseveli dans Téglise des Augustins (3), dans la chapelle Saint-Nicolas qu'il avait édifiée en reconnaissance de ce qu'il avait échappé au naufrage