‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 33 sur 129 · Ratbaud : Op, cit., n, pp · texte numérisé non relu

Ratbaud : Op, cit., n, pp

— repassage (i), et le lendemaio, au château de la Motte, en face d'Albaron, et arriva à Fourques, le 9 juin, sans autre arrêt (2). Le gouverneur de la Provence, venu pour le recevoir, alla à son devant avec les consuls de la ville. On le pria de permettre qu'il fût logé au Grand-Prieuré où il serait mieux soigné qu'au château de Fourques- Il acquiesça à cette demande, entra par la porte Saint-Jean et demeura deux jours dans la ville d'Arles. Le 12 juin il était à Tarascon (3).

L'assemblée suivante des chevaliers de Malte eut lieu le 4 novembre 1642 et fut présidée par Jacques de Châteauneuf-MoUégès. Le chapitre du 3 mai 1643 fut tenu par Jean de Flotte, commandeur de Beaulieu, et la réunion du 3 novembre de la même année par Roland d'Agoult- Angles, fils de Balthazar et d'Anne d'Aguillery de Lespeau.

Le Grand-Prieur Guillaume de Vincens-Savoillan ne vécut que peu de temps après sa promotion.

X. Chanoine Teissoxkibk: Trois imtcn'ptioms du XVII* siècle. Tome m du BuUet'.H du Comité de TArt ckrétieu, de Kimes, pp. 13^-141.

9. Le chanoine Teissonnier dms son étude intéressante de Tinscription da mas de Liviers paraeen 1885, se demandait quelles étapes avait dû fournir le cardinal Richelieu arant d'arrirer à Tarascon. 11 en présumait ou bien une seule c un peu forcée à Saint-Gilles dans le Grand-Prieuré de Saint-Jean >, ou même deux ordinaires : < l'une dans la commanderie de Saliers, l'antre dans celle d<: Trinquetaille > (p. 141). Le boa chanoine se trompait. Go trouve dans les Comptes de 164^ la trace da passage de Richelieu âi Albaron et à l'Hôtel prieural d'Arles. Voici en effet ce qu'on lit dans Vluveutaire manuscrit de TarcbiTiste Antoine RoboUy : « Arrivée du gouverneur le 7 juin venant recevoir le cardinal duc de Richelieu, retournant malade de Narbonne. Le cardinal ayant couché à la Motte (vis à vis Albaroo) le 8 juin arriva à Fourques le 9 où cmig^nant d'être mal logé au château de ce lieu fut prié par le gouverneur de venir à Arles. S. £. fut portée à l'hôtel Saint-Jean de Malte et y demeura deux jours. Etape fournie à ses gardes (infanterie et moasque» taires). > CC 660.

3. Cf. : Annales de la ville d'Arles par J. Didibk Vésan, parues dans le Musée, revue arlésienne, u« série, p. 279, où l'on dit faussemeot que le cardinal se rendait an siège de Perpignan.

Il mourut le 12 février 1644 et fut enterré dans la chapelle Saint-Clément de l'église Saint-Jean, à Malte. Un de ses parents, Jeanjacques de Verdelin, commandeur de la Capelle, lui fit faire un tombeau décoré d'une épitaphe où Ton voit qu'ayant été comblé de biens par le Grand-Maître Paul de Lascaris, il dut en recevoir de bien plus grands par Dieu à sa mort « pro laboribus, pro fide, pro sui denique virtutibus ». 11 n'avait jamais paru à Arles pendant son « priorat » (i).

Paul-Albert de Forbin-Bonneval devint Grand- Prieur le 15 Février 1644. Il était fils de Bertrand de Forbin, seigneur de Bonneval, commissaire général de la marine du Levant, et de Jeanne d'Ivray. Il est connu par ses exploits guerriers. Il se signala notamment au combat livré aux Anglais par la flotte française en 1621 devant l'île de Ré. Son mérite le fit nommer en 1638, ambassadeur extraordinaire auprès du roi Louis XIII, pour le complimenter, au nom de l'Ordre, sur la naissance du Dauphin. Un cadeau qu'il fit à la reine d'une relique de sainte Anne lui valut le portrait du roi, enrichi de diamants. C'est lui qui présida le Chapitre de 1640 tenu à Marseille, à cause de la peste qui sévissait dans Arles. Le ao mai 1642 il avait été nommé grand commandeur. Il avait pris possession du Grand-Prieuré, par procureur, le 19 mars 1644 {2). En 1644 et 1645, il ne put pas tenir le Chapitre du mois de mai, à cause de la peste. L'Assemblée du 7 novembre 1644 fut présidée par François de Mars-Liviers, alors commandeur de Millau ; par

I. Voir répitaphe du Grand-Prieur Gailiaume de ViQcens-Savoillaa dant : Ratbaud : Op, cit., u, p aïo.

i. Ratbauo : O/. cit., n, pp. tii-styi

contre, celles du 6 novembre 1645 et du 7 mai 1646 furent tenues par le Grand-Prieur lui-même, celle du 5 novembre 1646 par Roland d'Agoult- Angles, commandeur de Jalès, celle du 7 mai 1647 par le Grand-Prieur qui fut nommé en cette année Gouverneur des lies d'Hyères ; celle du 4 novembre 1647 par François de Mars-Liviers, commandeur d'Avignon ; celle du 3 mai 164S par le Grand-Prieur; celle du 9 novembre 1648 par Jean-Bertrand de Luppé-Guarrané, commandeur de Valence ; celle du 2 mai 1649 par le Grand-Prieur (i).

Pendant la tenue de ce Chapitre, le 5 mai 1649, la maison prieurale fut visitée par François de Mars-Liviers, mort commandeur d'Avignon, le 17 février 1656, et Bernard Mingaud, prêtre conventuel d'Aix. Le rapport de ces religieux atteste que le Grand- Prieur de Forbin avait fait refaire les couverts de l'Hôtel, rompus par une gelée extraordinaire qui brisa la plus grande partie des tuiles puisque quatre mille furent employées à cette réparation. Bernardin Martin, maître maçon, reçut pour ce travail 855 livres. Les reliques et l'argenterie de la chapelle, déposées jusque-là dans un coffre, furent mises à la sacristie dans une très belle armoire. On paya à Antoine Vitalis, menuisier, et à Bernardin Tourre, serrurier, pour ce meuble, la somme de cent livres. Le même procèsverbal constate que le Grand-Prieur de" Forbin avait fait « revestir et peindre les trois rétables lesquels par leur antiquité le chancre avait gâtés »• L'étendard de bataille du Grand-Prieur de Saint- Aubin Roquelaure qui était dans la nef fut

I. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. Chapitres et assemblées (1638-1653), Vol. XIII •

placé dans le sanctuaire pour sa décoration (i).

Le Grand-Prieur tint pareillement l'assemblée du 5 novembre 1649, le Chapitre du 5 juin 1650, qui eut lieu le dimanche de la Pentecôte, « à cause de la sarrade faicte par les sieurs Consuls sur la fin d'avril et commencement demay dernier, à raison du soubçoD de la malladie contagieuse », comme aussi la réunion du 7 novembre de cette même année. Pour les assemblées suivantes, celle du 7 mai 163 1 fut présidée par le Grand-Prieur, celles des 6 novembre 165 1 et 5 mai 1652 par François de Mars- Liviers, commandeur d'Avignon, celles des 4 novembre 1652 et 4 mai 1653 par le Grand-Prieur devenu «commandant des galères de France ».

En 1653, Paul de Forbin, accablé d'infirmités, céda le commandement des galères dont il était pourvu et se retira au château de Valbonnette près de Lambesc, et y passa les derniers jours de sa vie.

Cette année-là, un autre personnage important fut logé au Grand-Prieuré. Le duc de Mercœur, Louis de Vendôme, nouvellement nommé gouverneur de Provence, fit son entrée dans la ville d'Arles, accompagné de son épouse Mancini, le lundi 3 novembre 1653. C'était l'époque de la réunion d'automne des chevaliers de Malte. L'Hôtel étant occupé par le duc, l'assemblée se tint dans la maison avoisinante du commandeur de Saliers. Le Grand-Prieur était absent ; ce fut le plus ancien chevalier, Jean-Gilles de Fougasse la Barthelasse qui présida les réunions. 11 était fils de Joseph et de Laurence de Féléon. Il avait été reçu chevalier en 1603 et se trouvait commandeur d'Arcins depuis

1. Arch. des B.-dti-R. — Ordre de Malte. Visites de 164^, Vol. xiv.

1636(1). Les assemblées des 3 mai, 9 novembre

1654, 2 mai 1655 se tinrent sous la direction du Grand-Prieur mais la réunion de novembre, en

1655, n'eut pas lieu à Arles. Elle se tint à Marseille, le 10 de ce mois, dans la maison de Jean-Fraoçois de Verdelin, avec l'assistance de quinze chevaliers ou commandeurs et deux prêtres présidés par le Grand-Prieur de Forbin. L'arrivée des galères de rOrdre, dans ce port, fut la cause de ce transfert (a).

Le Grand-Prieur tint aussi les assemblées des 7 mai, 6 novembre 1656. Le 13 mai 1657, Louis de Berre-Collongue, commandeur de Gap, et Jean de Thezan, prêtre conventuel, commandeur de Valdrôme, visitèrent l'Hôtel prieural. Le Grand-Prieur était présent mais indisposé. 11 résidait à Arles une bonne partie de Tannée et le reste du temps il habitait Marseille, dans une maison de l'Ordre fort bien meublée(3).La visite nous apprend qu'il y avait une tribune au fond de la chapelle et qu'elle était l'œuvre du Grand-Prieur, Honoré de Quiqueran- Beaujeu (4).

Le chapitre de cette année s'était ouvert le 6 mai sous la présidence du Grand-Prieur qui tint aussi rassemblée du 5 novembre 1657 et celle du 5 mai

I. Arch, des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Chapitres et assemblées (1638-1653). Vol. XIII. — Nobiliaire du Comiat, vol. i, pp. 76-77.

s. Arch. des B.-da-R. — Ordre de Malte. — Chapitres et assemblées (1654-1673). Vol. XIV.

3. Cependant nous le trouvons, le 9 février 1657, au château de Valbonnette où il assiste avec son neveu, Henri de Thomas de la Valette, commandeur de Montpellier, au contrat de mariage de sa petite nièce, Marie d<' Thomas de la Valette, fille de François et de feue Jeanne de Forbin, avec Paul-Albert de Colin de Jannet. \ï fait don à sa petite nièce, en cette circonstance, de 11.000 livres. Baron du Rourb : Inventaire analytique de titres et documents orif[inaux tirés des archives du château de Barbegaly n» 615.

4. Arch. des B.-dn-R. — Ordre de Malte. Visites de 16^ y. Vol. xvii.

1658, mais celle du 4 novembre suivant fut dirigée par Antoine de Blacas-Vérignon, commandeur de Golfech ; celle du 4 mai 1659, par le Grand-Prieur; celle du 10 novembre 1659, par Paul-Antoine de Robin-Graveson, commandeur d'Avignon. Quelques jours après cette réunion le Grand-Prieuré reçut un autre grand personnage. Louis XIV, la reine-mère et plusieurs seigneurs de la Cour arrivèrent à Arles le 13 janvier 1660. Le cardinal Mazarin, premier ministre, qui avait accompagné son souverain, fut logé à THôtel prieural. Il n y était pas étranger, ayant suivi le cardinal Richelieu en 1^42, à son retour du siège de Perpignan. Cette fois il y demeura jusqu'au 16 janvier, jour du départ du roi (i).

Ce fut encore le Grand-Prieur qui dirigea les assemblées de cette année qui se tinrent les 2 mai et 8 novembre 1660, mais ce furent les dernières. Malade depuis quelque temps il se retira de nouveau au château de Valbonnette, chez sa nièce, Renée de Forbin, épouse d'Emeric de Lauris, seigneur des Taillades. Au chapitre du i"mai 1661, présidé par Antoine de Blacas-Vérignon (2), on reçut une lettre datée du 28 avril, des domestiques qui le soignaient. Ils se plaignaient de manquer du nécessaire, assurant que l'entourage du Grand - Prieur ne voulait rien fournir pour leur entretien. Ils n'avaient même pas de pain pour leur nourriture. Ils informaient l'assemblée qu'à moins de

I. La LAUZiiis : Abrégé chronologique de thistoire éC Arles ^ p. 478.

3. Antoine était fils de Gaspard de Blacas et de Blanche de Castellaoe. Il était né le 13 novembre 1593 et fat reçu chevalier le 13 mars 1603. n devint aussi commaodear de Capette près de Saint-Gilles le 15 juillet i66x. Il mourut à Âix en 1670. Raybai^) : O/. cit,^ 11, p. 33$. — Nobiliaire étArtefeuil^ i, 151.

secours ils seraient obligés, à grand regret, il est vrai, de quitter leur maître. Le chapitre envoya à Valbonnette le chevalier François de Biord, non seulement pour prendre soin des officiers et domestiques du Grand-Prieur, mais aussi pour s'intéresser au malade. Il fera en outre, dit à peu près le chapitre, que la dépense soit modique, de manière que si le Grand-Prieur revient à le santé il n'ait pas lieu de se plaindre de même que les Supérieurs s'il vient à mourir. Il n'oubliera pas de faire mettre en sûreté tout ce qui appartient au Grand- Prieur et qui n'est pas déjà sous les scellés, comme « un carosse à quatre chevaux, une litière à deux mulets, un cheval de selle, une montre d'horloge et sa boîte en argent, une croix de Malte avec diamants », etc. (i). Malheureusement le Grand- Prieur mourut le 12 juillet 1661 et il fut porté, cinq jours après, à Arles, comme il l'avait demandé le 15 mai 1659, dans son testament, recueilli par son secrétaire Augarde : « Et particulièrement pour ma sépulture, y lit-on, je veux et désire qu'elle soit dans la chapelle de Saint-Jean de la maison prieurale en Arles au-dessous de la petite voulte de Notre-Dame à main gauche du maistre autel et proche de la grande grille de fer et pour les honneurs funèbres je me remets à M. de la Goy, doyen de Tharascon, et de Honoré de CouUin, mon nepveu, (prêtre) de l'Oratoire les suppliant de nommer pour gagiers de mes funérailles telles personnes que bon leur semblera, les priant de n'y apporter aucun faste, mais bien des prières à Dieu et quantité de messes » (2).

X. Archives des Bonches-da-Rhône. — Ordre de Malte. — Chapitres it atstmhîies (i6$4-i6y^). Vol, xiv.

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