‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 34 sur 129 · Bibliothèque Méjanes. Ms, 8ij,p · texte numérisé non relu

Bibliothèque Méjanes. Ms, 8ij,p

Le lendemain de Tenterrement du Grand-Prieur, Paul-Antoine de Robin-Graveson, commandeur d'Avignon, prit possession de l'Hôtel Saint-Jean, au nom de Jean-Bertrand de Luppé-Guarrané, alors à Marseille, qui avait été nommé quelque temps auparavant (procuration du 15 juillet, not. Lebon, à Marseille.)

11 était né, comme il nous l'apprend lui-même dans ses Mémoires^ au mois de septembre 1586, de Carbonnel de Luppé, seigneur de Guarrané, et de Jeanne deVésins. Reçu chevalier en 1598,11 occupa dans rOrdre divers emplois importants, entre autres, la place d'intendant-lieutenant de la galère c la Réale :^ jusqu'à 1635. Ce n'est que dans un âge fort avancé qu'il fut gratifié du « prieurat » de Saint-Gilles. Voici en quels termes il se disposait à venir prendre possession de sa charge : « Dieu me fasse ceste grâce de pouvoir bien user du bénéfice qu'il luy plaira que ian retyre et que ie serve ma relligion avec l'amour et l'affection que ie suis obligé, et avec les mesmes tendresses que i'ay tousiours eues pour elles despuys soixante troys ans qu'il y a que ie la professe » (i).

Le 3 mai 1663 il reçut la profession de Melchior de Forbin-Janson dans la chapelle prieurale « ornée avec toute la décence possible ». La messe fut dite par Claude Vitalis, prêtre-sacristain de Saint- Gilles ; les commandeurs Balthazar de Demandols et Thomas de Villages (2) étaient présents. Mel-

i. Mémoires et caravanes d* J,'B. Guarrané^ chevalier de Saint- Jean de Jérusalem, Grand-Prieur de Saint-Gilles, publiés par le comte db LuppB en x86^.

d. Thomas de Villages, fils de César, premier consul de Marseille en 1^98 et de Madeleine de Covet, fut commandeur de Trioquetaille, capitaine de galères, grand commandeur le as Janvier 1684, bailli de Ma-

chior était fils de Gaspard de Forbin- Janson et de Claire de Libertat. Il obtint, comme d'ailleurs, tous ses pareils, bien des dignités dans l'Ordre de Malte. Il fut notamment lieutenant du roi à Antibes, commandeur de Bordères, bailli de Manosque le lo février 1689. Il mourut le 8 septembre 1691 (I).

Voici quel était le cérémonial abrégé de la profession d'un chevalier, fête qui s'est déroulée bien des fois dans la ville d'Arles.

Le novice ayant une épée dorée au côté et un flambeau allumé à la main, se rendait à l'église en même temps que le célébrant. Il se mettait à genoux, dans le sanctuaire, et avant que la messene commençât, il présentait son épée au prêtre pour qu'il la bénît. Celui-ci, après l'avoir aspergée d'eau bénite, lui recommandait de ne s'en servir que pour la destruction des ennemis de la foi et pour l'augmentation de l'Eglise, puis il la lui mettait au côté en disant : Ace ingère, N.N., gladîo tuo super fémur tuum potentissimey in nomine Domini nostri Jcsu Christif attende quod sancti non gladio sed per fidem vicerunt regna^ et lui donnait l'accolade. La messe commençait ensuite; avant Tévangile le gentilhomme s'approchait du Grand-Prieur qui restait assis, tandis que lui se mettait à genoux. Après avoir appris de l'aspirant qu'il voulait être chevalier, il lui disait : « C'est une belle action et

Dosque le 33 avril i68^. Il mourut à Malte le 39 janvier 1689. Il avait trois fières, Charles, Louis et Nicolas, commandeurs comme lui. Un de ses neveux, Gaspard, lui fit élever un tombeau dans l'église Saint- Jean, à Malte. Voir l'inscription qui le décorait aux Ptèces justificatives» RaylAUD : Op, cit., Il, pp. 335-339.— |Artefeuil] : Histoire kéroYquf et universelle delà noblesse de Provence, 11, 498.

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