‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 36 sur 129 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

SOMMAIRE : Le Grand-Prieur, Jean d'Arpajon, réside à Sévcrac ; il vient à Arles pour présider les assemblées. — Liste do ces réunions, — Délaissement de la chapelle prieurale. — Visite canonique de 1669. — Profession de Thomas de Riquetty-Mirabeau. — Mort du chevalier Louis de Hoche. — Visite canonique de 1674. — Mort du bailli Balthazar de Dcmandols, en 1675. — Mort du Grand- Prieur à Millau, Bertrand de Moreton-Chabrillan le remplace. — Réunions au Grand-Prieuré. — Mgr de Maria logé au Grand-Prieuré. — Profession religieuse du curé Begaudy. — François d*Agoult-Seillons, Grand-Prieur. — Réunions au Grand-Prieuré. — Jacques d'Ancczune, Grand-Prieur. — Profession de Gaspard de Glandevès. — L'Hôtel prieural réparé. — Professions en 1686 et 1687. — Antoine Raybaud, notaire du Grand-Prieuré. — Assemblée extraordinaire à Avignon. — Mort du chevalier Gaspard de Romieu. — Profession des prêtres Brachet et de Brès. — Projet d'acquisition du château de la Motte. — Profession de Michel Taillcfer. — Don de Henri de Thomas la Valette. — Mort du Grand-Prieur. — Réunions au Grand-Prieuré.

EAN d'Arpajon qui succéda le 14 juillet 1664 à Jean-Bertrand de Luppé se trouvait à Malte lors de sa nomination. Il prit possession de l'Hôtel prieural, par procuration, à l'assemblée du 3 novembre 1664 qui fut présidée par Balthazar de Demandols, commandeur

de Saliers et de Petite-Argence. A cette réunion « à cause de la maladie contagieuse qui est de présent à la ville de ThoUon et lieux circonvoisins veu mesme qu'il se trouve présantement assez grand nombre de sieurs commandeurs qui sont venus exprès en ceste dicte ville > on n'attend pas le jour réglementaire qui est le lundi après la fête des morts. Jean d'Arpajon était fils de Jean, baron d'Arpajon et de Sévérac en Rouergue et de Jacquette de Castelnau de Clermont. £n attendant sou arrivée en Provence, Antoine de Blacas-Vérignon, commandeur de Capette, présida le Chapitre du 3 mai 1665 et Balthazar de Demandols, commandeur de Saliers la réunion du 2 novembre de cette même année. Le nouveau Grand-Prieur quitta Malte au commencement de 1666, il arriva à Arles le 30 avril, y présida le Chapitre, ouvert le 2 mai, et alla demeurer au château de Sévérac, auprès du duc, son frère. 11 ne venait en Provence que pour la tenue des Chapitres. Il était aussi commandeur de Trinquetaille. Il n'assista pas aux assemblées suivantes des chevaliers dans Arles, celle du 8 novembre 1666 fut dirigée par fialthazar de Demandols, celle du i*^' mai 1667 par Antoine de Blacas- Vérignon, celle du 7 novembre 1667 de nouveau par B. de Demandols ; par contre il assista au Cha-, pitre du 6 mai 1668, et la réunion du 5 novembre 1668 fut tenue par le même Antoine de Blacas- Vérignon. Il fut présent au Chapitre qui commença ses séances le 3 mai 1669 et auquel assistèrent une cinquantaine de chevaliers et une dizaine de prêtres de rOrdre. A cette époque la chapelle prieurale était bien délaissée, l'office divin n'y était pas célébré de sorte que les chevaliers de Malte de séjour à Arles ne pouvaient, dans leur propre église,

ni entendre la sainte messe, ni recevoir les sacrements aux quatre principales fêtes de Tannée, ainsi qu'ils y étaient obligés par leurs règles. Par suite les privilèges que l'Archevêque et le Chapitre d'Arles leur avaient accordés, comme de pouvoir faire prêcher, assister aux processions avec la croix, ensevelir les morts chez eux, demeuraient nuls. Pour remédier à ce mal, le Chapitre demanda à ce que les prêtres collégiaux établis par le Grand-Prieur Charles Alleman de Rochechinard vinssent, au moins quelques-uns, demeurer à Arles. Il donna pour raison que la ville de Saint Gilles, autrefois des plus considérables du Languedoc, était maintenant « réduite à un pauvre chétif village par la désolation de l'hérésie >. Le Grand-Prieur n'y habitait plus, et l'ancienne maison prieurale servait d'étable pour le bétail du fermier. Il approuva le projet et promit de Tappuyer auprès des supérieurs majeurs de l'Ordre. En attendant il ordonna que « des messes que les dits collégiats doivent faire dire à cause de l'absance ou inhabilité de quelques-uns desdits collégiats qu'il en soit continuellement dict une en la dite église de sa maison prieuralle, et que en icelle les dits collégiats soyent tenus d'y administrer les sacrements aux dits relligieux les dites quatre festes principales de l'année » (i).

Malgré cette délibération, l'ordonnance du Grand-Prieur demeura sans effet, et les prêtres collégiaux ne se rendaient à Arles qu'à l'époque des réunions des chevaliers.

Le 12 mai 1669 André de Clémens, commandeur de Saint-Christol, près de Lunel, et Jacques Mère,

t. Arch. das B.-du-R. — Fonds de TOrdre de Malte. Chapitres it AssemhUes (i6^4 à i6yjj. Vol. xlv.

prêtre conventuel, commandeur de Bayonne, vinrent constater Tétat de la maison prieurale. Le Grand-Prieur Arpajon était parti après la tenue du Chapitre pour continuer la visite de quelques cornmanderies dépendant de sa juridiction. Ils certifièrent que le tabernacle du maître-autel de la chapelle avait été refait en bois de noyer « tournoyé et fassonné y en ayant la moitié de blanchi où le Saint-Sacrement repose la fête de saint Jean-Baptiste, la semaine sainte et autres temps selon les occurrences t^. Ils n'aperçurent plus les portraits des Grands-Prieurs Roquelaure, Lussan, Venterol, Beaujeu et Forbin ; ils avaient été enlevés d'abord de la chapelle et placés ensuite dans la tribune ; ils étaient maintenant dans l'Hôtel prieural. A la sacristie ils virent deux tableaux : Tun de Notre- Dame, sur marbre, à Tantique, l'autre du Rosaire, sur toile, mais leurs cadres de bois étaient en mauvais état (I).

L'assemblée du i*' novembre 1669 fut présidée par B. de Demandols, commandeur de Saliers et de Petite- Argen ce ; celle du 4 mai 1670 par le Grand-Prieur lui-même, celle du 4 novembre suivant par le même Demandols, et le chapitre du 3 mai 1671 par Jean d' Arpajon.

Le 2b avril précédent avait été jour de cérémonie au Grand-Prieuré. Jean 'd' Arpajon, à la messe celé* brée à 8 heures du matin par Jean Dou, prêtre collégial, reçut la profession du chevalier novice Thomas de Riquetty-Mirabeau, fils d'autre Thomas, brillant officier, et d'Anne de Pontevès-Buons et qui mourut commandeur et capitaine de vaisseau. Quelques jours plus tard on enterrait dans la cha-

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