‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 35 sur 129 · X. Ratbaud : O/. cit., ii, pp · texte numérisé non relu

X. Ratbaud : O/. cit., ii, pp

d'un grand mérite de servir les pauvres de jésus- Christ, de pratiquer les œuvres de miséricorde et de se consacrer à son service et à la défense de la foi, cependant vous demandez une grâce que beaucoup d'autres ont recherchée sans l'avoir pu obtenir, puisque cet ordre ne se donne qu'à ceux qui par l'ancienneté de leur noblesse le méritent ou qui s'en sont rendus dignes par leurs belles actions. C'est pourquoi reconnaissant en vous ces deux qualités nous consentons à votre demande vous faisant ressouvenir que ceux qui reçoivent cet ordre doivent être desservants de l'Eglise, des pauvres, des veuves et des orphelins. >

L'interrogatoire se poursuivait, puis le président mettait l'épée au côté du nouveau frère, en lui disant : « Je vous ceins de cette épée au nom de Dieu tout-puissant, de la glorieuse Vierge Marie, de saint Jean-Baptiste, notre patron, de saint Georges, en l'honneur duquel je vous donne cet ordre, afin qu'imitant sa patience et sa loi, il vous obtienne du ciel la grâce de ne vous point servir de ce fer que comme il s'en est toujours servi luimême. > Il se levait alors, agitait trois fois en l'air l'épée nue, en frappait trois coups avec le plat l'épaule de l'aspirant, en lui disant : « Je vous fais chevalier au nom de la Vierge Marie, de saint Jean-Baptiste et de saint Georges... > Le chevalier recevait ensuite un petit soufflet symbolique signifiant qu'il devait être vaillant et savoir supporter un affront pour le nom de Jésus-Christ.

Cela fait un chevalier profès présent lui mettait les éperons d'or. La messe se poursuivait, l'aspirant recevait la sainte communion et les dernières prières étant terminées le Grand-Prieur procédait à la cérémonie de l'émission des vœux. Après un collo-

que pieux et une touchante exhortation du Grand- Prieur, le nouveau frère, la main sur le canon du Missel, prononçait la formule suivante :

N.N. fe jure, promets et fais vœu à Dieu toutpuissant, à l Immaculée Vierge Marie^ et à saint Jean-Baptiste notre patron^ d observer et garder moyennant la grâce divine une vraie obéiesance à celui qui me sera donné de la part de Dieu et de ma religion, de vivre sans propre et de garder la chasteté comme doivent faire les religieux catholiques.

La cérémonie se terminait par la prise de Thabit et l'imposition de la croix octogonale (t).

Le 4 mai 1664, un mois avant sa mort, le Grand- Prieur, Jean-Bertrand de Luppé présida encore une fois le chapitre. On s'y occupa de la réception, comme chevalier, de Louis de Renaud, fils d'André, seigneur d'Alleins, et de Thérèse de Cadenet- Tamarlet, mais parce que sa mère était issue de Thomas ou de Philibert de Cadenet qui sont nommés dans la liste des néophytes de 1512, il ne fut point reçu, suivant les prescriptions données le 39 novembre 1639. On décida, en outre, d'inscrire cette liste dans les registres du chapitre (2).

Là vie de Jean-Bertrand de Luppé-Guarrané avait été exemplaire par son « innocence et son

X. D*après le cérémonial de l'Ordre de 1675. — Une des plus brillantes professions qui aient eu lien est celle d'Antoine Scipion de Joyense, Grand-Prienr de Toulouse. Elle se fit en 1383 dans la chapelle du château de Fontainebleau, entre les mains du Grand-Prieur de Champagne, en présence du roi et de toute sa cour. Henri III donna à cette occasion une grande fôte. Raybaud: Op. cit., 11^ pp. 149-150.

a. Biblioth. municip. d*Arles. Bonnemaiït : Actes et mémoires pour servi'r à rhistoire de Provence. Ms. 189. D'autres présentations de chevaliers ont été contestées et même rejetées ; on peut en voir la liste dans VEssai sur h Grand-Prieuré de Saint-Gilles, du comte db Grasset^ pp. laa-

désintéressement > au dire de son petit-neveu qui le pleura amèrement (i).

La Grand-Prieur était mort le lo juin 1664, à deux heures trois quarts de Taprès-roidi, après avoir reçu avec dévotion et toute sa connaissance les derniers sacrements qui lui furent administrés par son frère Tristan de Guarrané avec l'autorisation de Tabbé du Molin (2), grand vicaire d'Arles. Il fut enterré le lendemain dans la chapelle prieuraie. Il y avait à peine trois ans qu'il était Grand- Prieur.

Il s'était tenu au Grand-Prieuré, sous son règne, les réunions suivantes : celle du 7 novembre 1661, présidée par Antoine de Blacas-Vérignon, celle du 7 mai 1662 par le Grand-Prieur, celle du 6 novembre par Balthazar de Demandols, et celles des 6 mai, 5 novembre 1663, 4 mai 1664 par le Grand- Prieur.

1. J.-B. de Larrocan d'Âiguebère, commandeur de Bordères. Ses mémoires ont été publiés avec ceux de son oncle et font partie du même volume cité plus haut.

2. Louis du Molin, né et mort à Arles (i6oi-x68i), auteur de plusieurs livres liturgiques.

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