‹ L'ordre de Malte dans la ville d'ArlesChapitre 51 sur 129 · I . Le voir aux Pièces justificatives · texte numérisé non relu

I . Le voir aux Pièces justificatives

». Arch. des B.-da-lt. — Ordre de Malte. -^ Chapitre et Assemblées C175X-1775). Vol. XIX, — Visites de 1776.

6 mai, 5 novembre 1759, 4 mai, 10 novembre 1760, 3 mai, 6 novembre 1761, 2 mai, 8 novembre 1762, i*^' mai, 7 novembre 1763, 6 mai, 5 novembre 1764, 5 mai, 4 novembre 1765, 4 mai, 10 novembre 1766, 3 mai, 9 novembre 1767, i" mai, 7 novembre 1768,

7 mai, 6 novembre 1769, 6 mai, 5 novembre 1770, 5 mai, 4 novembre 1771, 3 mai, 9 novembre 17712. Quand il mourut, le Chapitre réuni le 2 mai 1773, était dirigé par Dominique de Gaillard, comman* deur de Valence (i).

Paul- Augustin de Rolland-Réauville lui succéda, le 19 juin 1773. Il était né à Aix, le 20 août 1699, de François, président de la Cour des Comptes de Provence, et de Thérèse de TEstang-Parade, avait été reçu chevalier le 25 janvier 1704 et avait fait profession à Aix, le 14 mars 1749, entre les mains du chevalier Antoine d'Albertas, commandeur de Renneville (2). Dans sa jeunesse il avait servi le roi de France et avait été capitaine au régiment de Champagne. 11 prit possession du Grand-Prieuré, le 17 août 1773, à 4 heures du soir, et fut intronisé par Guillaume-François-Gabriel de TEstang-Parade, commandeur de Palliers, en présence du chevalier

I. Dominique-Gaspard-Balthazar était frère de Chrysostome, commandenr de Poët-Layal. Il naquit le la septembre 17x9. II fat reço chevalier le 6 mai 173a. La commaaderie de Valence lai échat en mai 1747, grâce an crédit de son oncle, le Grand-Prienr de Gaillard . Il obtint anssi la charge de général des galères de son Ordre. Il moamt à Marseille, où il résidait, en septembre 1789. C'était un homme froid, réservé et de connaissances étendues, amateur de beaux tableaux, d'histoire naturelle et d'antiquités. Mosbe-Calvit. — Ms. 3362 : Correspondance»

s. Antoine était fils de Marc-Ântoine d'Albertas, capitaine de vaisseau, et de Madeleine Seguiran. Il naquit en 1678 et présenta ses preuves le 7 avril 1690, servit sur les vaisseaux du roi en qualité d'officier, fut fait bailli d'honneur le 17 avril 17^1. Il possédait la commanderie de Renneville qui rapportait environ ii^o livres, depuis mai 1748. Il fut Grand- Prieur de Toulouse au mois de janvier 17^^.

Jacques- Joseph de TEstang-Parade (i), et de Joseph- Antoine Raybaud, prêtre conventuelet commandeur de Joucas. Le notaire Jean-Daniel Aymard dressa procès-verbal de cette formalité. Il avait possédé, quand il parvint à cette dernière charge, diverses commanderies, entre autres celles de Sainte-Luce et de Puimoisson. 11 garda celle-ci de 1758 à 1766, mais il résidait à Arles où il fut occupé notamment au classement des vieilles archives. Un des premiers actes du nouveau Grand-Prieur fut une mesure de rigueur et qui nous montre, en action, le pouvoir coercitif de ce haut dignitaire de rOrdre. Le 17 septembre 1773, il rendit l'ordonnance suivante :

« Sur les plaintes qui nous ont été portées contre trère Joseph-Gabriel Dolivaris, chevalier profès du même Ordre, administrateur à vie de la commanderie de Nice (a), pour obvier aux inconvénients qui pourraient résulter des dites plaintes ordonnons par les présentes en notre dite qualité et suivant Thauthorité à nous attribuée par nos statuts, et en vertu de la sainte obéissance, au dit sieur chevalier Dolivaris de se rendre sur l'intimation qui lui en sera faite par Tun des secrétaires de notre Ordre commis par nous à cet effet, dans la maison du prieuré de Saint-Jean d'Aix, située dans la dite ville, et d'y demeurer aux arrêts sans pouvoir en sortir sous quelque prétexte que ce soit, jusques à ce que par nos Supérieurs il en soit autrement

I . Jacques- Joseph était fils d'Antoinc-Joseph de TEstang-Parade et d'Elisabeth d'Eymini de Tarascon. Son père fut premier coosnl d*Arles. 11 naquit, dans cette ville, le 36 mars 1731 et fut reçu chevalier le ai mai 1759. BiBLioTHèQUB MuwicipALH d'Arles. Ms. 304. — Abbé Bonhbmant : Mémoires généalogiques de la maison de Parade-de-Lesiangf etc., p. 53.

a. Joseph-Gabriel était fils de Jean-Pierre d'Olivary, sieur de Campredon, et de l'aiace des filles de Charles de Grimaldy. 11 naquit le 6 décembre 1713 et fut reçu chevalier le 3 décembre 1731. [AutifbuilJ : Op cit., II) 184.

ordonné, voulant et entendant que notre présente ordonnance soit mise à exécution par ledit sieur chevalier Dolivaris pour tout delay, 24 heures après Tintimation qui lujr en aura été faite...

A Arles, à l'hôtel priedral » (i).

Le 23 mars 1774, le Grand-Prieur nomma le prêtre Jean-Baptiste Gros, dont « il connaissait toute l'intelligence et la capacité, archivaire », à la place de Joseph-Antoine Raybaud, commandeur de Joucas, « qui avait dignement rempli cette charge pendant plusieurs années mais à qui sa santé ne permettait plus de l'exercer ». Le nouveau secrétaire était fils de Joseph Gros, bon médecin d'Arles, et de Françoise Blain, mariés le 21 novembre 1725. Il naquit, paroisse Saint-Laurent, le 19 novembre 1739. Il avait un de ses frères religieux de Malte, comme lui.

La chapelle Sainte-Luce fut visitée, à deux reprises différentes, par le nouveau Grand-Prieur, la première fois le i" mai 1775, à 4 heures du soir, après la mort du commandeur, Joseph d'Albert du Chaîne, qui était en même temps bailli de Manosque. Il fut assisté dans sa tâche par Jean-Baptiste- Joseph Gros « archivaire » et par le notaire Joseph- Daniel Aymard, comme secrétaire ; la seconde fois, le i*^"" mai 1778, c'était le commandeur Antoine- Apollinaire de Moreton de Chabrillan qui possédait cette commanderie. La chapelle était en bon état et desservie par un Père capucin. Le Grand- Prieur fut aidé dans cette visite par les mêmes personnes. Le commandeur était fils d'autre Antoine, lieutenant du roi en Dauphiné, et d'Antoinette de

I. Arch. municip. d'Arles. — Foods Louis Mège. — Papiers relatifs à l'Ordre de ^alte non classés.

— ija —

Groslée, de Viriville. Il était né le 5 juillet 1707 et fut reçu chevalier le 25 janvier 1709. Il avait fait profession à Paris le 11 janvier 1753 entre les mains du bailli de Saint-Simon. Il avait été nommé commandeur de la Favillane en mai 1758, en remplacement du chevalier Paul- Augustin de Rolland-Réauville. Il fut bailli Je Manosque de 1781 à 1782 (i). L'Hôtel prieural fut aussi inspecté, le 5 février 1776, au nom de l'Ordre, par Louis-Dominique de Gras-Pré ville, commandeur de Millau et Jean- Baptiste Gros, prêtre conventuel, « archivaire >. Le procès- verbal de cette visite contient plusieurs détails intéressants. Le tabernacle du maître-autel de la chapelle était en bois doré avec une gloire supportée par deux colonnes également en bois doré. Le crucifix en ivoire sur une croix peinte en noir, se trouvait au milieu de cette gloire. L'inscription : Opus F. Melchioris Cossa était dans la frise formée par la plate-bande en pierre que soutenaient quatre pilastres en pierre sculptés et dorés dans la sculpture. Ces quatre pilastres séparaient le tableau principal dont le sujet est connu, des deux autres : celui du côté de l'épître représentant le Baptême de N.-S.-J.C., et celui de l'évangile Saint-Thomas, apôtre. Au-dessus du principal tableau, dans la frise, s'en trouvait un autre sur toile avec cadre doré et sculpté et figurant le Sauveur du Monde, et plus haut encore, occupant entièrement le fond de la chapelle, on voyait un grand

I. Arch. desB.-dn-R. — Ordre de Malte. — Chap. et Ass. (175X- 1775)- Vol. XIX. — Dossier n« 560. — Biblioth. municip. d*Ârles. — Abbé BoMNBMANT : Actes et mémoires pour servir à l'Histoire de Provence. Ms. 189.

a. Arch. municip. d'Arles. — Ordre de Malte. — Visites non classées. — Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Dossier n* 390.

tableau avec cadre doré et sculpté représentant la Décollation de saint Jean-Baptiste.

Dans le trésor il y avait plusieurs pièces d'orfèvrerie remarquables : une croix de vermeil avec piédestal en argent, aux armes du Grand-Prieur Préjean de Bidoux (i) contenant, assurait-on, une petite portion dû bois de la vraie croix, enchâssée dans une autre petite croix d'or ; une autre croix avec six chandeliers aussi en argent, aux armes de Thomas de la Valette, commandeur de Montpellier ; une lampe avec ses chaînes toujours en argent aux armes de feu François Laugeiret, infirmier à Saint- Gilles ; un encensoir avec sa navette et sa cueillère aussi en argent, aux armes du Grand- Prieur de Bidoux.

Dans le Grand-Prieuré, au premier étage, il y avait, sur la porte du midi, outre le buste du bienheureux Gérard signalé plus haut, celui du bienheureux Raymond Dupuy avec des attributs militaires. On allait aux écuries, sans sortir, par un corridor construit sur la porte Saint-Jean.

Un nommé Cordeau avait soin depuis de longues années des ornements de la chapelle, il était en même temps concierge de l'Hôtel,

Les visiteurs ne manquèrent pas, avant de terminer leur mission, de s'informer auprès de Jean Constant et de Joseph-César Villion, tous deux bourgeois de la ville d'Arles, de la conduite du Grand-Prieur et s'il gardait la résidence ; ils reçurent les meilleurs renseignements sur son compte (2).

I. Préjean de Bidoux fut GraDd- Prieur de 15x4 à l'aS. Il porte ie sable à j fleurons d'or accompagnés d^un croissant (T argent à l'angle dextre de Vécu,

3. Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. — Visites. Vol. zlvu.

Outre ies assemblées ordinaires qui se tenaient au Grand- Prieuré, il y avait, de temps en temps, des convocations extraordinaires. En général elles avaient pour objet l'examen des preuves de noblesse de quelque nouveau chevalier. Plusieurs de ces réunions, faute d'un nombre suffisant de personnes, durent se tenir ailleurs, soit à Aix, soit à Avignon, soit à Marseille. Ainsi le 22 novembre 1780, le Grand-Prieur de Réauville écrivit d'Arles au bailli de Gaillard, commandeur de Valence pour le prier de tenir une assemblée à Marseille pour la présentation des preuves de discret de Jean-Baptiste-Bernard Grosson (i). « Pardon de tant de peines que je vous donne, ajoutait-il, mais la disette des religieux qui habitent cette ville m'oblige de recourir à vos bontés ».

Le Grand-Prieur fut précédé dans la tombe par le commandeur Honoré-François-Xavier de Grille d'Estoublon qui mourut à Avignon le 18 juin 1779 mais qui avait longtemps habité la ville d'Arles et avait été très assidu aux réunions officielles des chevaliers de Malte. Il était fils de François de Grille, seigneur de Robiàc, marquis d'Estoublon, et d'Eugénie de Riquetti. Il était né le 18 octobre et fut baptisé le 3 décembre 1705. Il fut présenté à Malte le 14 février 1719 et reçu le 6 mai suivant. Dans l'Ordre il avait été page du Grand-Maître, lieute nant de galères, commandeur d'Argence et de Beaulieu en 1768. Avec le Grand-Prieur et le comman-

I. Jean-Baptiste-Bernard Grosson était fils de Raphaël-Marius, notaire, et de Françoise Laurens. Il naquit à Marseille en 1733 et mourut à Montefasco (Italie) le 20 décembre 1800. Il fat secrétaire de l'Ordre de Malte et a ce titre il eut besoin des preuves d'honorabilité dont il est ici question. 11 est auteur de VAlmanack historique de Marseille, paru de 1770 a 1790 et du Recueil des antiquités et monuments marseiUais qui vit le jour en 1773. L'abbé A. Agnbl : Les Grosson,

deur Raybaud il fut un des quarante recteurs chargés de l'administration du Mont-de-Piété d'Arles (i).

Cette mort fut suivie, deux ans après de celle du commandeur-prêtre Joseph- Antoine Raybaud qui décéda le 22 novembre J781 et fut enterré dans la chapelle prieurale d'Arles.

Avant de mourir le Grand-Prieur fit refaire en 1781, la porte d'entrée du Grand-Prieuré, telle qu'on la voit encore aujourd'hui, comme l'atteste rinscription suivante, sculptée dans la partie supérieure :

Le hailly de Rolland Réauvile^

Grand-Prieur de Saint-Gilles^

MDCCLXXXI.

La mort surprit le Grand-Prieur dans son Hôtel le

6 janvier 1782. « Il fut tellement avare, dit l'annaliste Pierre Véran, qu'on trouva dans ses coffres plus de 25000 livres en or ou en argent » (2).

Il s'était tenu au Grand-Prieuré pendant qu'il était en charge les réunions suivantes : celle du 8 novembre 1773 présidée par Dominique de Gaillard, commandeur de Valence, celle du i" mai 1774 par le bailli Jean-Baptiste de Thaon de Revel, commandeur d'Arcins, celles des 7 novembre 1774,

7 mai, 6 novembre 1775, 5 mai, 4 novembre 1776, 4 mai, 10 novembre 1777, 3 n^ai, 9 novembre 1778, 2 mai, 8 novembre 1779, 7 ni^ii, 6 novembre 1780, 10 juin, 5 novembre 1 781 par le Grand-Prieur luimême.

I. Baron du Roure: Op, eit,^ p. 374. — Bibliothèqoe muuicip. d'Arles. Abbé Bonnemant. Ms. 160 : Communautés du diocèse d'Arles^ à l'article Mont-de.Piét^.

a. Archives municipales d'Arles. —Fonds Louis Mège. — Mémorial de Jean-Baptiste Vaîlière,

Il eut pour successeur Charles-Félix de Galéan- Gadagne, nommé le 30 janvier 1782. Il était fils de François-Pierre, seigneur de Vedènes et autres places, et de Louise d'Amanzé. Il naquit le 6 septembre 1709, fut reçu chevalier le 11 octobre 1710. Il avait été enseigne le 15 avril 1730. Il mourut à Avignon, le 15 août 1783, à 6 heures du matin. Il n'avait jamais habité le Grand-Prieuré ; il y présida cependant les Chapitres des 4 mai 1782 et 4 mai 17S3 et l'assemblée intermédiaire du 4 novembre 1782 fut tenue par Jean-Martin de Trevey-Charmail, commandeur de Montpellier (r).

Pendant le peu de temps qu'il fut Grand-Prieur, il fut amené à porter remède à une situation des plus onéreuses pour l'Ordre. Le bailliage de Manosque était occupé depuis plusieurs années par des chevaliers qui non-seulement n'observaient pas la résidence mais de plus étaient avancés en âge, ce qui les empêchait d'avoir toute l'activité nécessaire pour la prospérité matérielle de ce bénéfice. A un des derniers chapitres de la vénérable Langue de Provence un vœu fut émis pour la nomination d'un biilli plus apte à gérer les intérêts du bailliage. Antoine-Apollinaire de MoretonChabrillan dont nous avons parlé plus haut, qui était en fonctions, âgé de plus de 75 ans, n'hésita pas à donner sa démission pour hâter la réalisation de ce désir. La lettre par laquelle il notifie sa décision existe encore écrite, signée de sa main, scellée de ses armes. Elle se trouve aux Archives municipales cTAr-

I, Jean-Martin de Trevey de Charmail était né le 37 avril 171a et avait été reçu chevalier le 5 août 1736. Liste de Messieurs les chevaliers de la vénérable Langue de Provence faite par les commissaires nommés à cet effet, Malte, 1768.

les^ dans le fonds Louis Mège. Elle est ainsi conçue :

« Nous, frère Antoine de Moreton de Chabrillan, bailli grand croix de notre ordre de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Sainte-Luce et bailli de Manosque, considérant que depuis très longtemps le baillage de Manosque n'est joui que par des baillis fort âgés qui n'ont pas le temps de procurer à ce balliage son ancienne splendeur, ni de faire les bonifications qui pourront en augmenter les revenus qui ont diminué depuis plusieurs années, voulant donner une marque de notre zèle, de notre attachement et de notre recognoissance pour tout ce qui peut intéresser notre Ordre et étant informé de la délibération prise par la vénérable langue au sujet dudit balliage de Manosque, par ces présentes signées de notre main, nous démettons en faveur de la vénérable Langue de Provence du balliage de Manosque pour qu'elle en dispose en faveur de qui elle voudra soit par un bail à vie, soit autrement à la charge de celui et par celui à qui on l'adjugera d'employer en amélieurissements la somme que la vénérable Langue lui préfixera dans un temps désigné et sous la réserve expresse et non autrement que nous faisons des revenus actuels et annuels dudit balliage sur le pied du bail passé par notre procureur le 28 d'aoust 1780 par devant M« Richard, notaire de Manosque, et des autres droits et encore des honorifiques dudit balliage, droit de nomination à la judicature et autres charges délaissant à celui qui sera chargé par la vénérable Langue le droit de chasse, la jouissance du château lui rhabitant, l'entretenant, les meubles d'état à la charge par lui de les tenir pour son propre compte et de faire les amélieurissements qui peuvent rester à faire suivant l'ordonnance prieurale de 1776 qui n'avoint pas été faites par feu M. le bailli de Javon [Paul de Baroncelii] notre prédécesseur que nous nous proposions de faire dans le temps de droit et encore ceux qui pourront être ordonnés par la suite, si le présent acte n'a pas son effet, nous réservant un logement suffisamment meublé dans le

château, soit pour nous, soit pour notre procureur si les circonstances exigent notre présence audit Manosque. A Paris ce 6 juillet mille sept cent quatre ving deux.

Le bailli de Chabrillan bailli de Manosque ».

Le successeur de Chabrillan fut Nicolas de Cabre- Roquevaire dont il est question plus haut. 11 n'était guère moins âgé que lui étant né en 1709.

La nouvelle de la mort de Galéan parvint à Joseph-Guillaume-François-Gabriel de TEstang- Parade, quatre heures après, au château du Mas- Blanc près de Tarascon. Il devait être son remplaçant, le 13 septembre 1783. Il était fils de Jacques- Joseph mort à Aix, doyen estimé et regretté du Parlement, et d'Elisabeth Albert du Chaîne, et était né, dans cette ville, le 14 janvier 17 15. Il servit, comme enseigne, sur les galères du roi de France jusqu'à la suppression de ce corps en 1748. Il fit profession à Aix, dans Téglise Saint -Jean de Malte, entre les mains du commandeur Joseph Albert du Chaîne, le 17 octobre 1756, devint commandeur de Capette en 1766, de Palliers vers la fin de 1769, de Caubihs et de Morlas en 1776. Il présidait habituellement les réunions canoniques des chevaliers, cependant il fut suppléé à plusieurs reprises, notamment pour une assemblée extraordinaire, tenue le 14 décembre 17S5. Voici la lettre qu'il adressa, à cet effet, à Joseph-François-Auguste de Porcellet :

« Au château de Mablan, le 12 décembre 1785. "

Monsieur et très cher commandeur et confrère,

Ma santé, les chemins impraticables m'empêchent de me rendre à Arles, je me flatte que vous voudrez bien avoir la bonté de me suppléer, et de tenir une assemblée extraor-

dinaire pour y faire la révision des preuves de M. le chevalier de Barbentane de Beauregard.

J'ay rhonneur d'être avec un respectueux attachement, Monsieur et cher confrère, votre très humble et très obéissant serviteur.

Le bailli de Parade, grand prieur

de Saint-Gilles » (i).

U n des derniers actes, comme Grand-Prieur, de Guillaume de TEstang fut de présider la cérémonie de profession religieuse de son neveu, Gaspard- Joseph de TEstang-Parade (2) qui eut lieu, à Arles, le 5 juin 1786, dans la chapelle Saint-Jean. Le Grand-Prieur était assisté de Chrysostome de Gaillard, commandeur de Poët-Laval et de Beaulieu, et de Jean-Baptiste Gros, prêtre conventueL Anne- Joseph-Louis-Marie de Grille, et Antoine de Billaut Sainte-Livière étaient présents (3). Attendu les grandes occupations du prêtre Gros, ce fut Taumônier de la maison, Gérard Pillier, qui célébra la messe et le chevalier de Gaillard mit les éperons dorés aux pieds du nouveau proies.

Le Grand-Prieur de TEstang, malgré son âge et ses infirmités, entreprit en 1785 la visite générale des commanderies du Grand-Prieuré. Le 2 mai il

I. [C. B. Godefroy]. Etude sur' une famille de Provence : Les deJ'Es* tang-Parade. Paris, 1883, in-8« de 73 pages. — Arch. des B.-du-R. — Ordre de Malte. Assemblées extraordinaires (1773-1789). Vol. xxiv.

3. Né le 9 mars X747. Garde de la marine b Toulon en 1765 et, pins tard, commandeur de Grésans, était capitaine en 1793. \\ vivait encore en 1816.

3. Ânne-Joseph'Louis*Marie de Grille, marquis d'E^toublon, né le 19 mars 1746, maire d'Arles en 1808, mort le i*»" avril 1835, veuf de Marie- Rosalie de Castellane-Saint'Jeurs, et une seconde fois, de Françoise - Joséphine de Gratet du Bouchage. Baron du Rou&b : Op, cit., pp. 377- 378. Antoine de Billaut, mort à Arles, dans sa maison de la place Jouvène, le 13 fructidor an xii (30 août 1804}, ancien capitaine au régiment Barrois infanterie, veuf de Marie-Pierre Jouvëne*

commença par la maison du commandeur de Saliers, à Arles, qui joignait THôtel prieural. Il était accompagné de Jean- Baptiste-Joseph Gros, « archivaire>; de Jean-Daniel-Joseph Beuf, avocat, comme secrétaire et de Louis Arnaud, représentant du commandeur, Toussaint de Vento des Pennes (i).

L'année suivante, le 26 mai 1786, suivi de son aumônier Gérard Pillier, il visita la ferme de Saliers, le lendemain « les membres > de TAurisset et de la Vigne qui en dépendaient ; en retournant à Arles, il s'arrêta à Port-Arnaud, propriété de la commanderie de la Favillane appartenant au chevalier Bruno-Marie de Foresta (2). Le 29 mai il vint voir les Jasses du Baron, et le 6 juin, de nouveau, la maison de Saliers, à Arles. Le lendemain, la commanderie de Trinquetaille, possédée par Joseph- François-Auguste de Porcellet, fut parcourue et, le 8 juin, la maison d'Arles de ce religieux. Le 12 juin ce fut le tour du Mas-Thibert et le lendemain celui de la Favillane. Le Grand-Prieur n'avait pas perdu son temps (3).

Deux mois après, le 14 août 1786. il expirait au château du Mas-Blanc et fut enterré dans l'église

I. Toussaint était né le 6 mars 1721 d'Henri, chef d'escadres, et d'Angéliqae de Rolland-Réauville. U obtint la commanderie de Saliers par grâce magistrale le 6 juillet 1773. H fut jusqu'à la destruction de l'Ordre, secrétaire du Grand-Maitre. Sa correspondance dénote un homme instruit et de beaucoup de jugement.

9. Bruno-Marie était fils de Jean-Paul de Foresta et d'Anne de Bmny d'Entrecasteaux. H naquit à Marseille le ; février 1735. Il fut reçu de minorité le 19 juin 1736, profès en 1770, devint capitaine de la galère capitane en 1773, commandeur de la Favillane, procureur du Trésor dans le prieuré de Saint-Gilles de 1781 à 1787. Le 33 avril 1793 il était nommé grand'croix de l'Ordre. Le 13 janvier 1793 il fut ambassadeur de la Religion auprès du Gouvernement français, et a laissé nn récit émouvant et plein d'intérêt de cette ambassade. Il mournt à Paris le 37 novembre 18 18. Notice généalogique de la maison de Foresta (par E. Rey de Foresta |.

^. Arch. municip. d'Arles. Ordre de Malte. Visites non classées.

champêtre de Saînt-Estève, située dans les environs (I).

Il s'était tenu au Grand-Prieuré depuis Tavènement du Grand-Prieur do i'Estang-Parade les assemblées suivantes : celles des lo novembre 1783, 2 mai, 8 novembre 1784 présidées par le Grand- Prieur lui-même, celle du 17 avril 1785 par Toussaint de Vento des Pennes, commandeur de Saliers et de Burgaud, celle du i" mai 1785 par le Grand- Prieur, celles des 23 juin, 7 novembre 1785, 25 février, 1786 par Toussaint de Vento et celle du 7 mai 1786 parle Grand-Prieur.

I. Annales de la ville d'Arles. Ms. Félix Pomme au pouvoir de M. £. Fassin, conseiller à la cour d'appel d'Âiz.

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