LA RELIGION DU DUC €»ARLBS
Nous pouvons déjà juger de la religion de Charies I¥ par ce qui a été dit, puisqu'il prit parti pour la cause de l'Eglise contre la cause protestante et s'y voua ayec générosité et persévérance. Sa piété envers Marie fut remarquable. Il lui fit en l'honneur de son Immaculée*» Conception, non-seulement la consécration, mais k donation pleine et entière de ses Etats , . oomme on avait vu, au moyen-àge» des rois faire donation de leurs royaumes à Saint-Pierre et lui payer redevance par suite de cette donation. Il transféra. donc la souveraineté de son duché à la Reine des Cieux par un transport irrévocable ; il en rendit ses peuples tributaires, comme on l'est d'un suzerain ou d'une suzeraine ; et," par suite, en vertu d'une ordonnance du 22 janvier 4669, il prescrivit que chaque année les Lorrains paieraient une contribution, selon la piété de chacun, pour être employée
ou LES CHARflIfilfX A SAJNTE-AlflfS IT l f^S9BllVlf.LB. i79
à la dée^raitoo des «uieU et des tea^ de Marie. Bm per^OBoe de probké vecueilIaU dfin» cbaqiie locuiité» Bon-seulemenA par famille, mais far (éie, h$ offrandes, et, loin que la pensée de Chartes parût exeealricple •onHiie OB a prétendu depuis qu*eUe Tétait, révéqme de Tool accorda quarante jours d*indulgeqee à toutes les personnes qui paieraient ce tribut à Notre-Dame. Chartes fonda aussi aux Cordeliers de Nancy rOctave de la Gonception^ qu*U voulut être célébrée avec toute k pdmf>d et toute la solenmté désirables (1),
Biais ce qui Qioptre surlout que Charles IV avait iwe reh'gioB pe« coBamnae, c'est la pensée qu'il eut de tMder dans ses Etats une maison de Chartreux, et qu'il réalisa en appelant ces religieux à Sainte-Anne d'abord et ensuite à Bosserville, deux établissements dont il nous faut parler pour entrer à pleines voiles dans notre sujet après les préliminaires par lesquels nous avons dû passer, pour ne pas rompre le âl de l'histoire et pour encadrer notre Chartreuse.
Terminons. Mélange de grands défauts, de grandes qualités, de grands vices et de grandes vertus , Charles IV, après avoir promené à travers l'Europe sa vie iagitée et inquiète, arriva enfin au terme de ce pèlerinage que Ton appelle la vie. Après avoir été muni des sacrements de TEglise qui donnent purification, résignation et courage pour la lutte décisive et le combat suprême, il mourut en exil d'une attaque d'apoplexie, le 18 septembre, à trois heures du matin, en 1675, à l'âge de soixantedouze ans. La Lorraine n'eut pas la liberté de le pleurer ni de lui rendre les honneurs funèbres, car la France était là. On transporta son corps à Coblentz, où il fut embaumé et déposé dans l'église des Capucins, religieux que le Duc, pendant sa vie, avait affectionnés tout particulièrement et auxquels il avait donné de fréquentes
(1) Ctlmet, H. de L., n. CLXXXIV.